INCONSÉQUENCE DES JUGEMENTS DU MONDE SUR I.A CONDUITE DES FEMMES
D’après nos mœurs, nue fille répond de sa vertu, et doit la défendre; une femme met la sienne sous la garde de son mari, et s’en inquiète souvent fort peu. La faute de la première est une tache indélébile qui la fait repousser du monde. Celle de la seconde excite sans doute le blâme; mais on ne la punit que par la médisance. La sévérité, dans les deux cas, n’est pas proportionnée à la gravité des torts. Si la fille et la femme portent toutes deux atteinte à la morale et à l’honneur de leur famille, la femme manque, de plus, à la fidélité promise à son mari ; et, quand la faute a ses conséquences naturelles, l’une, au moins, les supporte seule, et les expie par son humiliation; l’autre, protégée par un mystère et une fiction, laisse ces conséquences peser sur sou mari, et jouit, sans contradiction, de son droit légal à l’estime publique.
Le monde veut-il, par une excessive rigueur envers la fille, lui donner un motif de plus pour se tenir en garde contre sa faiblesse’ Mais quand elle n’est point arrêtée par la pudeur, par la morale, le sera-t-elle par l’opinion? Et quand, après sa chute, le monde l’écrase de son mépris, ne lui ête-t-il pas tout moyen de se relever? Cette rigueur (n’en doutons pas) présente plus de danger que d'avantage.
Le monde veut-il, par son indulgence pour la femme, insinuer que ses torts sont souvent provoqués par les torts du mari? Ce jugement, équitable peut-être à l’égard des deux époux, d'un autre côté produit une injustice; car il fait tomber sur la femme coupable un blâme moins sévère que celui dont la fille est frappée ; et il en résulte que la trahison est moins punie que la faiblesse inoffensivc.
Que conclure de là? Que nos lois, qui se bornent à punir l’adultère, sont bien plus conformes à la raison que les jugements
du monde. Mais quelle douce commisération, quelle bonté divine de la part du Christ disant de la femme adultère : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre! » et de Madeleine pénitente : a Beaucoup de péchés lui seront remis, parce qu’elle a beaucoup aimé ! »
Réclamons, au nom d’une justice impartiale, le mépris de la corruption, la pitié pour la faiblesse, le pardon ]>oiu' le repentir.
Vous demandez aux femmes des qualités, des vertus, et vous ne llallcz que leurs défauts. Si vous accordez un froid respect à celles qui trouvent le bonheur dans le devoir, vous idolâtrez, dans les autres, la beauté, les grâces, et trop souvent les vices. Est-ce ainsi que vous les encouragerez au bien?
ou E.-T LA FOI. CE DE LA FK.V1IK.
La femme, dont l’organisation est si faible, le cœur si timide, l'imagination si mobile, semblerait, au premier aspect, de beaucoup inférieure à l'homme. Mais, quand on étudie, avec soin, celle nature fine et exquise, on découvre, dans la faiblesse, toutes les délicatesses et tous les charmes de la sensibilité; dans la timidité, tantôt la retenue de la pudeur, tantôt un besoin de tendre intérêt, plus encore que de protection; dans l’instabilité des idées, la variété des aperçus, ou une déférence modeste pour les idées d’autrui, et, dans les irrésolutions du cœur, une secrète impulsion vers des qualités idéales. Mais, si la femme peut être trompée par son cœur, c’est aussi par son cœur qu’elle s’éclaire, et s’élève aux sentiments les plus généreux, aux vertus les plus sublimes. Sa piété, sa charité, son dévouement, ne sont que de continuels élans d’amour.
DK I.' HOMME SENSITIF.
Four obéir au devoir, ou pour chercher la foi, l'homme consulte d’abord sa raison, et la femme, son cœur.
Le caractère de l’un a, pour traits distinctifs, la fermeté et la hardiesse; le caractère de l’autre, la douceur et la timidité. Pour établir son pouvoir, l’homme a besoin de montrer sa force, et la femme, quelquefois de cacher la sienne.
Dans les luttes contre la violence, l'homme oppose son courage, et souvent est vaincu; la femme a recours à la prière, aux larmes, et c’est par là qu’elle triomphe.