‹ Etude de l'Immunité dans le Paludisme Expérimental du Rat BlancChapitre 50 sur 81 · I. —— DURÉE DE L'IMMUNITÉ · texte numérisé non relu

I. —— DURÉE DE L'IMMUNITÉ

Nous avons contrôlé la durée de la persistance de l’immunité chez le Rat guéri de primo-infection (immun) ou ayant subi des réinoculations d'hématozoaires (hyperimmun), en recherchant jusqu'à quelle date se manifeste encore une résistance aux réinfections. Pour ces dernières, nous avons utilisé, comme il nous est habituel dans ces épreuves d’immunité, des doses de plusieurs centaines de millions de globules rouges parasités.

Voici les résultats obtenus chez 11 animaux, dont 9 étaient immuns et 3 hyperimmuns.

Animaux immuns :

Temps entre la fin Parasitémie (GRP p. 100 GR) Rat US D Sr Es aux jours :

tion et la réino- ; k os k e re LE ZE). Je 4 j. Dee 211 2 mois 0,2 0 SU 4 mois 1 0,3 0 SES 10 4 mois 0,2 0,3 0 S 4 5 mois 0 S 18 & mois 0,5 0,2 S 9 9 mois 0,1 0 213 G 11 mois 0,1 0,5 0,03 216 G 11 mois 0,03 0,1 0,1 0

Sp

Animaux hyperimmuns :

[l ER en Ho Parasitémie (GRP p. 100 GR) aux jours: tion et la réino- 16: OT But fee DAC culation.

S 55 3 mois 0,02 0,01 94 a 6 mois 0,5 1 1,5 0,2 0 94 b 6 mois 0,2 2 155 0

On voit done que la résistance aux réinoculations est parfaitement conservée. Il est à remarquer que les animaux 94a et 94b avaient été primo-infectés quelques jours après leur naïssance puis réinoculés un mois après leur guérison. C'étaient donc, lorsqu'ils sont devenus hvperimmuns, de très jeunes rats de moins de 50 grammes : l’immunité a persisté au travers des transformations organiques de la croissance, avec simplement un léger fléchissemént (parasitémie montant jusqu'à 1,5-2 p. 100). Ce sont eux qui, parmi ces 11 animaux, ont présenté le fléchissement le plus marqué (quoique très faible) de leur immunité. Les 213 G et 216 G, en 11 mois, n'ont pratiquement rien perdu de leur pouvoir de résistance aux surinfections.

Chez deux autres animaux, nous avons essayé de provoquer un fléchissement du terrain par saignée (2 à 3 ec) + vitamine B 12 quatre jours avant la réinoculation infectante, cette pratique avant pour but d'augmenter la réticuloeytose, donc la réceptivité de l'organisme. On a constaté alors un fléchissement de la résistance (la parasitémie s’est élevée à, respectivement, 2 et 15 p. 100), mais très bref : cette faible durée de la parasitémie est la signature d'une immunité acquise encore forte et surtout rapidement rétablie, malgré le fléchissement du terrain.

Parasitémie (GRP p. 100 GR) aux jours :

Rat 351 (hyperimmun depuis 3 mois) 3 15 6) 0,2 Rat 352 (hyperimmun depuis 3 mois) 0,5 2 3 - 0

Nos résultats concordent avec ceux publiés par A. Corraperri. Cet auteur, chez 11 rats réinoculés de 67 à 205 jours après la fin de leur primo-infection, n’observe aucune parasitémie chez 7 et, chez 4, une faible positivité transitoire du sang pendant 3 à 5 jours [18].

Après guérison de la primo-infection, Pimmunité persiste done longtemps chez le Rat blanc, au moins 11 mois. Ceci fait poser la question de la nature de l'immunité dans le cas du P. berghei : prémunition ou immunité vraie, c’est-à-dire persistant après disparition de l'hématozoaire. Nous aborderons ce problème dans un chapitre suivant.

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