‹ Etude de l'Immunité dans le Paludisme Expérimental du Rat BlancChapitre 55 sur 81 · L'emploi de la nivaquine chez l'animal immun · texte numérisé non relu

L'emploi de la nivaquine chez l'animal immun

La splénectomie et la surrénalectomie d'animaux immuns nivaquinés avaient pour but de rechercher si la nivaquine détruit les parasites ou au moins affaiblit tellement l'infection que celle-ci ne peut plus être réveillée par la splénectomie même associée à la surrénalectomie. En effet, 5 sur 6 des rats en expérience furent splénectomisés entre 12 et 23 jours après guérison de leur primo-infection ; normalement, on observe une forte proportion de réveil dans ces délais chez l'animal non traité,

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La réinoculation de fortes doses d'hématozoaires chez l’animal immun nivaquiné montre que la stérilisation de l'organisme (ou au moins un affaiblissement tel du parasitisme que celui-ei ne peut plus être cause de rechute par splénectomie ou surrénalectomie) n'entraîne pas une diminution du pouvoir de résistance aux surinfections dans le mois qui suit la cessation du traitement. Nous n'avons pas recherché si cette résistance aux surinfections persiste pendant des mois comme chez l'animal non traité. Cependant, en faveur de cette éventualité. milite l’exemple du rat 94 qui, nivaquiné au cours de Ja période d'état, done avant que limmunité n'ait commencé à apparaître, présente cependant une capacité de résistance aux réinoculations 8 mois après. |

En résumé, il semble done que l’emploi de la nivaquine, dans le but de détruire les hématozoaires, n'empêche pas, quand cette thérapeutique est instituée après plusieurs jours d'infection sanguine, l'apparition de l'immunité spécifique et ne provoque pas non plus une diminution rapide de cette immunité acquise, telle qu’elle se manifeste par la résistance aux réinoculations. L'immunité acquise pourrait done persister même en l'absence d’hématozoaires. Nous reviendrons sur ce point en un autre chapitre.

V. — TENTATIVES E VACCINATION AU MOYEN DE PARASITES TUÉS. AVEC ADJUVANTS.

Les essais de vaccination chez l'homme se sont montrés décevanis jusqu'à ce jour.

Par contre, chez l'animal des résultats déjà très satisfaisants ont été obtenus. C'est ainsi que dans le paludisme aviaire on a employé comme vaccin des hématozoaires maintenus au froid (Repmonp), ou des cellules parasitées tuées par le formol ou la chaleur (GiNGRICH) ou en ajoutant des adjuvants comme la toxine staphylococcique (Jacoes). FREuND utilise des hématozoaires tués par le formol, qu’il mélange à une substance type lanoline, à de

l'huile de paraffine et à des bacilles tubereuleux desséchés :

Corrin utilise Falba, Bayol F et bacilles tuberculeux desséchés [84].

Nous avons essayé une technique de vaccination inspirée de celle de Freuxp et coll. Du sang contenant 30 à 40 p. 100 de globules rouges parasités est recueilli sur eau citratée. Après cen-

des

trifugation suivie de deux lavages par eau citratée, le eulot de centrifugation est mis en suspension dans de l’eau physiologique formolée à 1 p. 100 et conservé à la glacière. Puis après nouvelle centrifugation et lavage par eau physiologique, les globules rouges sont mis en suspension dans de l'eau physiologique, émulsionnés dans lanoline + huile de paraffine et on y ajoute des bacilles tuberculeux tués par la chaleur. On obtient une émulsion stable, eau dans l'huile.

14 animaux neufs et adultes ont reçu (10 par voie souscutanée, # dans le péritoine) un centimètre cube de ce mélange, contenant 500 millions de globules rouges parasités environ.

Une nouvelle inoculation est réalisée, un mois et demi après (200 millions de globules rouges parasités).

Les animaux sont éprouvés 4 mois après avoir reçu le premier inoculat. Il n’en reste que 11 (8 vaccinés par voie souscutanée, 3 vaccinés par voie intrapéritonéale), 3 rats étant morts dans l'intervalle.

L'infection se développe normalement; 2 rats (vaccinés par voie s. ce.) sur 11 meurent de leur primo-infection: proportion qui à premier abord semble faible, mais qui peut être normale si l’on considère qu'il s’agit de gros rats adultes (GaLLrarp). La parasitémie a duré 8 jours chez 2 animaux, 10 jours chez un, 12 jours chez 5, 13 jours chez un ; le taux maximum de parasitémie a été modéré (aux environs de 10 p. 100).

Nous n'avons done pas obtenu de protection au moins appréciable. Cela tient peut-être à la faible quantité d’antigène présent dans le vaccin. |

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