‹ Etude de l'Immunité dans le Paludisme Expérimental du Rat BlancChapitre 64 sur 81 · A. — GUÉRISON, RECHUTES, RÉSISTANCE AUX SURINFECTIONS · texte numérisé non relu

A. — GUÉRISON, RECHUTES, RÉSISTANCE AUX SURINFECTIONS

Chez l'animal ou l'Homme impaludé, la maladie présente d’abord une phase silencieuse : période d’incubation (SERGENT), période prépatente (JAMES, TALIAFERRO) ; puis surviennent des phénomènes aigus, l’eaceès aigu fébrile » chez l'Homme (SER- GENT), où W. H. TazrarEerro distingue la période d’élévation

aiguë de l'infection, l'aemé de parasitémie, le déclin de la parasitémie qui, lorsqu'il est suffisamment rapide mérite le nom de «cerise». Alors fait suite une période chronique pendant laquelle les parasites peuvent être encore décelés dans le sang, généralement en petit nombre, puis une période de latence («infection latente métacritique») qui peut être coupée de rechutes jusqu’à la disparition totale du parasite de l'organisme.

Toutefois la guérison spontanée n'est pas constante. Dans les divers paludismes, le taux de mortalité est variable suivant le parasite et suivant l'hôte chez lequel il se développe. Alors que P. knotwlesi provoque régulièrement la mort du singe Æhesus et P. berghei celui de la Souris, que la maladie est souvent mortelle chez l'Homme par P. falciparum, l'accès de primo-infection est jugulé dans une proportion de cas divers au cours des impaludations par P. brasilianum, P. cynomolgi chez les Singes, P. gallinaceum, P. lophurae, P. relictum chez les Oiseaux,

P. vivax et P. malariae chez l'Homme. Enfin l'infection peut

parfois être latente d'emblée (P. relictum, par exemple).

Lorsque l'accès aigu de primo-infection est terminé, l’infection peut soit persister à l'état latent jusqu'à la disparition totale de. l'hématozoaire de l'organisme, soit se manifester par des rechutes spontanées. C’est ainsi, outre les paludismes humains, que l'on observe des rechutes avec P. cynomolgi (singe Rhesus), P. gallinaceum et P. lophurae (poulets), P. reliclum (passereaux).

Dans tous ces paludismes — et c'est un caractère essentiel de l’immunité palustre — après terminaison de l'accès de primo-infection et pendant un temps plus ou moins long, on observe une résistance aux surinfections par la même souche ; cette résistance dure au moins aussi longtemps que la présence du parasite dans l'organisme. Très forte chez les Oiseaux et chez les Singes, cette résistance aux surinfections est moins marquée chez l'Homme, mais elle existe de façon indubitable lorsqu'on laisse évoluer plusieurs accès.

Cette résistance aux surinfections peut se fortifier en répétant les réinoculations infectantes avec la même souche. Chez l'Homme, Ciuca trouve que l’immunité augmente de 54 à 100 % au cours de 5 inoculations par P. vivax, de 36 à 100% au cours de 7 inoculations par P. malariae, et de 22 à 97 % au cours de 10 inoculations par P. falciparum. Chez les Oiseaux, TazIAFERRO constate que «lhyperimmunisation par surinfections répétées fortifie l’immunité contre P. lophurae mais pas contre P. gallinaceum » [87].

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