‹ Étude de l'influence de la dépression atmosphérique expérimentale et du vol en avion sur l'activité rénale (volume 2)Chapitre 10 sur 35 · LE Ÿ ARA · texte numérisé non relu

LE Ÿ ARA

Les résultats obtenus par Paillier sont précis et concordants. Aussi avons-nous tenu ces données comme acquises d’autant plus que des difficultés matérielles nous empêchaient d’avoir l’aide nécessaire pour effectuer en vol les ponctions veineuses. Toutefois si la déficience rénale au point de vue excrétion uréique était mise en évidence pendant le vol, du moins devions-nous rechercher dans quelle mesure elle varie après le retour au sol; c’est qu’en effet si le mal des aviateurs n’est en majeure partie que le mal des montagnes, ou mieux des altitudes, retardé par l’absence des facteurs qui relèvent de l’activité physique, il n’en présente pas moins certaines manifestations surtout après l’atterrissage qui permettent de l’individualiser.

Le mal des montagnes apparaissant entre 3000 mètres et 4000 mètres est caractérisé par une sensation de fatigue avec engourdissement débutant par les membres supérieurs et la face; on constate aussi de l’anorexie, des nausées et des vomissements ainsi qu'un ralentissement des facultés intellectuelles.

Le mal des aviateurs apparaît au-dessus de 5.000 mètres. En général pendant le vol les troubles subjectifs sont peu marqués. Dans un cas, à 5.000 mètres,nous avons éprouvé une céphalée assez violente avec nausées mais n'ayant rien absorbé depuis 19 heu-

res qu’un verre d’eau nous étions arrivés Sur le ter-

rain avec une céphalalgie déjà sensible.

Après l'atterrissage on peut constater différents troubles. C’est d’abord dans des organismes pas encore adaptés à la navigation aérienne, des signes rappelant l’urémie digestive (céphalée, nausées, pâleur, asthénie, anorexie) surtout sensibles chez les vagotoniques. Par ailleurs après des vols assez longs et délicats ou après des missions, pendant la guerre, on pouvait constater chez les aviateurs une dépression générale avec augmentation de l’émotivité, une loquacité exagérée, enfin un besoin impérieux de sommeil. En effet si l’activité rénale fléchit au cours du vol la déficience du métabolisme de lazote conditionnée par l’anoxhémie relative masque le phénomène. Au sol les échanges reprennent leur valeur alors que le

; » ; ER rein na pas encore retrouvé son activité normale.

Aussi nous at-il semblé utile de comparer sur nous-même la constante uréo-sécrétoire obtenue au sol après le vol avec notre constante habituelle.

Pour ce faire nous avons profité des vols au cours desquels nous pratiquions l’épreuve d'élimination de

la phénolsulfonephtaléine, ces vols étant les plus

importants que nous ayons effectués.

Page 1