‹ Étude de l'Intoxication par les PolypeptidesChapitre 33 sur 42 · RS · texte numérisé non relu

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Les variations de la polypeptidorachie peuvent être envisagées vis-à-vis d’autres facteurs, en particulier du taux de l’urée dans le liquide céphalo-rachidien et dans le sérum et du taux polypeptidique du sérum.

Dans un premier groupe de faits, on observe la possibilité de l’augmentation du taux de l’urée du sérum et du liquide céphalo-rachidien, sans qu’il s'ensuive un accroissement des polypeptides dans le liquide céphalorachidien.

Dans d’autres cas, la polypeptidémie peut s'élever sans entraîner une hyperpolypeptidorachie.

Dans certains cas de cirrhose, dont notamment l’insuffisance hépatique s’est traduite par une polypeptidémie considérable, avec augmentation de l'indice de clivage, comparable aux chiffres observés dans l’ictère grave, le taux polypeptidique du liquide céphalo-rachidien peut rester au voisinage de la normale.

Nous allons examiner maintenant les cas où, dans les observations que nous rapportons plus loin, la polypeptidorachie s'élève au-dessus de la normale, au cours d'insuffisance hépatique, d'insuffisance rénale, ou au cours d’affections du système nerveux.

a) Dans les cas d'insuffisance hépatique

1° Parfois l'insuffisance hépatique est latente, les manifestations cliniques en sont discrètes; les textes d'exploration que nous avons habituellement employés : rose bengale et I. B. P., ne s’écartent pas beaucoup de: la normale, même la polypeptidémie est modérée. Seuls, traduisent l'atteinte hépatique, l’augmentation de l’indice de clivage et le taux des polypeptides dans le liquide céphalo-rachidien nettement accru.

BARRUK et H. R. OLIVIER mentionnent, dans le sommeil cataleptique et la stupeur catatonique, l'existence

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d'une forte élévation de l'indice de chvage. S'il y a concomitance fréquente d'insuffisance hépatique, rien n’attire, au premier abord, l’attention du côté du foie. Il est nécessaire de suivre les variations des signes cliniques et du taux polypeptidique pour déceler ce facteur toxique dans le sommeil cataleptique.

Cette catégorie de faits montre que le taux polypeptidique peut s'élever dans le liquide céphalo-rachidien, tout en restant normal dans le sérum.

2° A l'opposé, nous pouvons placer les cas où les signes de grande insuffisance hépatique dominent la scène. L'existence de quelques signes neurologiques font examiner le liquide céphalo-rachidien dont le taux polypeptidique subit une ascension parallèle à celui de la polypeptidémie.

On peut en conclure que dans l'insuffisance hépatique grave, associée ou non à une insuffisance rénale, la polypeptidorachie s'élève, ainsi que l’indice de clivage.

b) Dans les cas d'insuffisance rénale

On observe des faits analogues, qu'il s'agisse d’insuffisance cardio-rénale chez des malades hypertendus avec gros foie (tandis que l’azotémie peut rester modérée, le taux polypeptidique peut s'élever dans le sang et surtout dans le liquide céphalo-rachidien, ainsi que l’indice de clivage), ou qu’il s'agisse de néphrite chronique avec hypertension artérielle et azotémie. Cette azotémie explique l'existence d’un chiffre élevé d’azote total non protéique, malgré un taux polypeptidique considérable dans le liquide céphalo-rachidien.

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c) Dans les affections du système nerveux

Mais nous étudierons maintenant plus particulièrement les cas où la polypeptidorachie semble d'origine locale, au cours d’une affection du système nerveux sans lésion hépatique ou rénale concomitantes.

Les foyers d’'hémorragie cérébrale peuvent constituer par autolyse une source de polypeptides.

Ceux-ci traversent les espaces sous-arachnoïdiens, engendrant de véritables méningites toxiques avec fièvre et état méningé grave. Ces méningites aiguës sont le plus souvent fugaces et rapidement curables.

Secondairement, le sang peut subir une augmentation du taux polypeptidique, mais cela semble assez exceptionnel.

Au cours des méningites, une exsudation méningée peut-elle, en dehors de toute lésion cérébrale, entraîner la libération des polypeptides. Ces faits ont été observés au cours des méningites à polynucléaires. On sait que ceux-ci, par leur ferment tryptique, sont capables de désintégrer les protides jusqu'aux amino-acides et polypeptides. ;

Par contre, au cours des réactions méningées à lymphocytes, la polypeptidorachie n’augmente pas.

La comparaison du taux polypeptidique dans le sang et le liquide céphalo-rachidien a fait poser la question de l'existence d’un seuii méningé aux polypeptides.

Normalement, ceux-ci s'élèvent de 40 à 60 milligrammes par litre de sérum et ils restent au voisinage de 0 dans le liquide céphalo-rachidien. Les méninges opposent done une résistance au passage des molécules peptidiques.

Mais, dans les observations que nous avons examinées, nous voyons que, dans certains cas d'insuffisance hépatique ou rénale, ‘es polypeptides peuvent s'élever

relativement plus dans Je liquide céphalo-rachidien que dans je sérum, sans qu'une lésion cérébrale ou méningée explique ce phénomène.

Les échanges de polypeptides entre le sang et le liquide céphalo-rachidien échappent à des lois constantes et il ne faut pas compter sur un seuil de passage entre le sang et le liquide céphalo-rachidien.

Ces différentes circonstances, qui entraînent des modifications des taux des polypeptides dans le liquide céphalo-rachidien, nous amènent à considérer les rapports de la polypeptidorachie d’origine sanguine avec : l’azotémie uréique ; la polypeptidémie ; l’azote total non protéique rachidien.

I. — POLYPEPTIDORACHIE D'ORIGINE SANGUINE 1° Rapports avec l'azotémie uréique.

Nous avons vu que la polypeptidémie n’était pas, au cours des affections rénales, parallèle à l’azotémie uréique et qu’elle est d'autant plus élevée que les signes cliniques sont plus marqués.

La polypeptidorachie est encore plus dissociée, elle reste normale dans les azotémies sans syndrome azotémique. On peut en conclure que l’azotémie uréique ne concorde pas avec la polypeptidorachie.

2° Rapports avec la polypeptidémie.

Dans les grandes insuffisances hépatiques, le taux des polypeptides du sérum s'élève par rapport au taux de Pazote total non protéique, d'où élévation de l'indice de clivage. Il peut se produire, dans ces cas, une élévation de la polypeptidorachie et on peut établir le rapport

Polyvpeptides rachidiens Polypeptides sanguins

qui est normalement au voisinage de zéro.

— Ji —

Dans les insuffisances rénales : les taux de polypeptidémie et d'azote total non protéique s'élèvent proportionnellement et l’I. C. reste modéré.

Au lieu d’être élevé, comme chez les hépatiques, ce dernier peut même être abaissé (CRISTOL et PUECH, Noël FIESSINGER, H. R. OLIVIER et Maurice HERBAIN).

Certains cas observés montrent l'association d’une insuffisance hépatique et d’une insuffisance rénale et l’interprétation des résultats devient alors délicate.

Quand le syndrome azotémique devient accentué la polypeptidorachie s'élève, mais l'augmentation concomitante de l’azote total non protéique fait que l'indice de clivage peut rester normal ou être abaissé dans le liquide céphalo-rachidien.

3) Rapports avec l'azote non protéique rachidien.

Le passage des polypeptides dans le L. C. KR. ne se fait pas en proportion de l’ensemble des corps azotés non protéiques, l'indice de clivage est donc plus bas dans le L. C. R. que dans le sérum.

Dans les insuffisances hépatiques, la polypeptidorachie et l'indice de clivage s'élèvent,

Dans les insuffisances rénales, la polypeptidorachie s'élève également, mais l’indice de ciivage reste normal ou s’abaisse.

L'examen du liquide céphalo-rachidien nous donne donc au point de vue du métabolisme des polypeptides, des renseignements analogues à ceux fournis déjà par l'examen du sérum.

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