III. —— LES MÉNINGITES TOXIQUES PAR LES POLYPEPTIDES
On observe dans l'insuffisance hépatique un syndrome méningé plus fréquent que dans l'insuffisance rénale. Ce syndrome méningé se traduit surtout par un signe de KERNIG, et, accessoirement, par la raideur de la nuque.
Ce syndrome méningé de l'ictère grave ne s'accom-
no
pagne pas d'infection rachidienne, cytologiquement et bactériologiquement, le liquide céphalo-rachidien est normal. Nous pensons que dans ces cas, on pourrait attribuer une cause toxique polypeptidique à cette méningite.
Il y a des raisons de penser que les polypeptides jouent, dans les méninges, un rôle éminemment toxique et qu’ils semblent unir les syndromes méningés toxiques aux syndromes méningés infectieux, quand ils s'élèvent au cours d'infections aiguës comme l’ictère grave.
Mais comme pour toutes les intoxications, il existe une sensibilité réactionnelle propre à chaque cas. I] ne faut donc pas voir la réaction méningée comme la conséquence constante de la polypeptidorachie, mais dans certains cas cependant, elle paraît la traduction de J’intoxication prédomisante.
Dans cette étude sur la polypeptidorachie, nous avons tenu à rapporter les faits tels qu’ils se présentent et qu’ils nous permettent de conclure
1° Il est possible d'observer dans le liquide céphalorachidien des polypeptides; ces grosses molécules sont d’origine locale ou sanguine. Le passage du sang dans le liquide céphalo-rachidien n’obéit pas à des lois constantes ;
2° Cette polypeptidorachie peut s'accompagner de signes cérébraux (convulsions), de signes bulbaires (troubles respiratoires) ou de signes méningés, syndromes toxiques qui semblent d’autant pius marqués que l'élévation des polypeptides est plus manifeste par rapport à l’azote total non protéique;
3° On peut admettre l'existence de méningites toxiques par les polypeptides.