‹ Étude de la chlorémie et choix des sérums artificiels dans les déshydratations de la première enfanceChapitre 42 sur 45 · MORE · texte numérisé non relu

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elle-même subit des variations assez étendues chez le nourrisson normal et par contre se modifie moins souvent que la chlorémie dans les états pathologiques ; les indications ‘qu’elle fournit sont donc plus restreintes ; elle est quelquefois difficile à interpréter (dans les dyspnées) et n’est pas toujours diminuée dans les intoxications acides.

Les multiples dosages (bases, bicarbonate, chlore) pratiqués dans le plasma par les auteurs américains donnent évidemment des renseignements intéressants. Ils permettent d'établir le rôle du CI—, mais non sa rétention ou sa diminution. Pratiquement le dosage du Chlore plasmatique et du Chlore globulaire est moins long et sa valeur est suffisante, sinon plus grande.

Malgré cette supériorité relative, c’est une méthode d'exception, et l’on souhaiterait d’être renseigné sur l'acidose ou la rétention chlorée par des signes cliniques précis, par la notion de sa fréquence dans différents états pathologiques, ou par des examens biologiques qui n’exigent pas une ponction du sinus.

La solution idéale de ce problème serait que les symptômes cliniques aient eux-mêmes une signification précise.

Certains auteurs (1) se sont eflorcés d'établir une opposition de signes entre l’alcalose et l’acidose. Mais (au cas où elle se superposerait aux variations de la chlorémie), que vaut-elle ? A lire les descriptions, on se

(1) Hurrano Gaures. — Soc. Cubana de Pédiastria, janvier 1930.

convainc qu'il n’y a pas de différence apparente entre les deux états et l’on trouve dans l’un et l’autre la diarrhée, les vomissements et l'aspect, Si soigneusement étudié, de l’enfant abattu, le regard vague et inexpressif, les orbites excavées... Il n'existe guère que deux signes particuliers :

Les convulsions, signe d’alcalose ;

La respiration profonde, rythme de Kussmaül, test d’acidose.

C'est d’äprès ce signe que nous avons traité avec succès le cas suivant :

Madeleine V..., âgée de 4 mois, est amenée à l'hôpital dans un état trés grave. Pesant 3 kg. à la naissance, sevrée à 3 jours, elle n'a jamais eu une croissance satisfaisante et n’a pas dépassé 4 kg. Elle pèse actuellement 3800 gr. ; la température est 38°. Pâle, abattue, le regard atone, elle présente des signes d’une déshydratation importante. Elle a 24 respirations par minutes, inspiration profonde, lente, suivie d’une pause. Le pouls est quasi imperceptible. N'ayant pas la possibilité d'examiner le sang, on prescrit sur la foi de ce rythme respiratoire : 40 cc. de sérum bicarbonaté et 50 cc. de sérum glucosé avec 2 unités d'insuline, Régime : lait de femme et eau de riz. Injections d'huile camphrée, de strychnine, d'extrait surrénal.

Le résultat fut inespéré. Dès le lendemain, malgré des vomissements, le poids augmentait de 80 gr. ; on continua trois jours les injections des mêmes sérums, puis on donna 50 cc., puis 20 ce. de solution de Ringer per os. Les jours suivants, l'aspect général s'améliorait rapidement, cependant que baissait la température. Le gain pondéral atteignit À kg. en 3 semaines, ‘

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MM. Ribadeau-Dumas et Jean Meyer (1) ont obtenu dans un cas analogue un succès aussi remarquable par l'injection intra-péritonéale d’une solution bicarbonatée hypertonique.

Malheureusement ce symptome pathognomonique de l’acidose est exceptionnel ; étudiant à ce point de vue les malades dont nous avons examiné le sang, nous n'avons jamais trouvé d'autre cas caractéristique. On peut dire quelquefois : tendance à la respiration profonde, mais ce n’est pas là une indication suffisamment précise pour qu’on entreprenne une thérapeutique énergique.

En dehors de la respiration profonde, de la « soif d'air », nous n'avons pas rencontré de symptômes qui traduisent un élat humoral déterminé. Tout au plus avons-nous remarqué l’état d’agitation dans lequel se trouvaient les deux seuls malades, atteints de déshydratation suraigué, qui avaient une hyperchlorémie globale et proportionnelle. Certains de nos malades étaient pâles, d’autres avaient cet aspect violacé du crâne qui correspond, selon M. Ribadeau-Dumas, à des thromboses veineuses. Leurs formules sanguines ne diffléraient pas les unes des autres.

Les vomissements qui & priori éliminent de l’HCI devraient produire une chloropénie et pourraient indiquer une chloruration. En fait la chlorémie des vomisseurs varie beaucoup, par excès ou par défaut et l’on ne saurait en préjuger sans examen. Deux de ces malades

(1) Soc Pédiatrie, 17 octobre 1922.

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