‹ Étude de la Colibacillose biliaireChapitre 26 sur 33 · HÉROS · texte numérisé non relu

HÉROS

Le tubage ramène une trentaine de cc. de bile A, pas de bile B, après injection d’hypophyse. Ces échantillons où l’on discerne d’assez nombreux flocons contiennent des cellules pavimenteuses, et de nombreux microbes, cocci et bacilles, parmi lesquels on isole par la culture un paracolibacille immobile.

L'hémoculture et l’ensemencement des urines restent négatifs.

Le 20 janvier 1932, a lieu l'intervention. Le chirurgien trouve une vésicule exclue, peu augmentée de volume et pratique une cholécystectomie. Le contenu est un peu trouble et un paracolibacille y est décelé.

Les suites opératoires sont compliquées d’une bronchopneumonie, qui dure une quinzaine de jours.

La malade revient à Sainte-Madeleine le 21 février. Les douleurs abdominales ont cessé complètement, la plaie opératoire est cicatrisée.

Les névralgies sont au contraire très violentes. Le 7 avril devant la persistance des phénomènes névralgiques, on pratique de nouveau les réactions sérologiques de la syphilis. Contrairement aux examens précédents le Wassermann dans le sang est positif. Le liquide céphalo-rachidien, clair, contient 0,6 lymphocytes, mais 0 gr. 67 d’albumine p. 1000. Le Wassermann y est positif totalement.

Parallèlement à ces réactions, la radiographie du cou montre des images en bec de perroquet au niveau des vertèbres cervicales.

On institue alors un traitement de cyanure de mercure (1 cgr. par jour intraveineux), et une série de chrysalbine, qui jusqu'ici n’ont pas procuré de soulagement à la malade.

Le 25 avril, le deuxième tubage est pratiqué. On recueille facilement 30 cc. de bile A claire. L’injection d'extrait hypophysaire ne donne pas de bile B. A l'examen après centrifugation, on trouve de nombreux microbes, cocci et bacilles à Gram positif et négatif, quelques polynucléaires, et d’assez nombreuses cellules pavimenteuses. Les cultures de différenciation, ne révèlent aucun colibacille.

Cette observation est à rapprocher de l'observation II rapportée plus haut, en raison de la torpidité de la cholécystite

LAS

colibacillaire, avec exclusion de la vésicule. Malgré la formation de la cavité close, il ne s’est pas développé d'accidents aigus. De plus comme dans la précédente observation, l’infection n’était pas limitée à la vésicule, mais frappait également la voie biliaire principale; d’où provenait nécessairement la bile recueillie par le tubage. Mais ici l'infection colibacillaire sans doute moins profonde, n’a pas persisté après l'intervention.

Obs. VI. — Bar... Il s’agit d’un homme âgé de 22 ans, can-

tonnier qui entre à l’Hôtel-Dieu le 2 décembre 1931 pour des

troubles intestinaux.

En 1918, alors qu’il était au Maroc, ce malade fait une crise dysentériforme qui dure 15 jours. La recherche des amibes dans les selles reste négative. Le malade est mis au régime de bouillon de légumes et prend des pilules d’opium. La guérison survient au bout de 15 jours.

En 1924, quatre ans après son retour en France, il présente une crise violente d’entérite avec coliques, selles diarrhéiques ne contenant ni glaires, ni sang. Sous l’influence de l’opium et du régime, cette crise s’atténue mais la guérison reste incomplète. Depuis cette date, le malade a trois ou quatre selles par jour liquides.

En juin 1931, apparaît une diarrhée abondante (7 à 8 selles

par jour) parfois teintées de sang qui durent jusqu’à son entrée à l’hôpital. L'état général est atteint, le malade a maigri de 18 kilogs. F

A son arrivée, le 2 décembre 1931, les selles sont très fréquentes (17 à 18 par jour), s’accompagnant de douleurs abdominales. C’est une diarrhée très liquide, sans glaires ni sang. Le malade est alors soumis au régime végétarien et à une cure de Stovarsol (0 gr. 50 par jour). Les selles diminuent de fréquence (6 par jour). Au bout de dix jours, une série de piqures

d’émétine est instituée (0,80 gr. au total) et le malade absorbe

du bismuth à chaque repas. Les selles deviennent plus consistantes (3 ou 4 par jour). Enfin, on prescrit des cachets de pyréthrine et les selles redeviennent à peu près normales.

Au cours de ce séjour des examens de selles ont été prati-

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qués au laboratoire ; il n’a pas été trouvé d’amibes dysentériques ; par contre, des lamblias s’y voient en grandes quantités.

= Le tubage duodénal est effectué. La bile B est obtenue facilement ; son examen montre la présence de nombreux lam- blias et de nombreux bacilles Gram négatif. A la culture il se développe beaucoup de colonies de colibacilles.

Done, si les recherches récentes tendent à restreindre

l'importance du colibacille dans les cholécystites non lithiasiques, il existe des cas non douteux où ce microbe

joue un rôle dans un syndrome entéro-hépatique. Nous étudierons donc maintenant les relations qui peuvent exister entre celui-ci ét le syadrome entéro-rénal et l’in-

fluence réciproque qu'ils peuvent avoir l’un sur l’autre

ea limitant notre travail à l’infection colibacillaire.

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