INTRODUCTION
Depuis qu'ErNHorn a décrit le tube duodénal qui porte son nom et préconisé le tubage duodénal, cette méthode est passée dans la pratique courante. De nombreux travaux tant français qu'étrangers ont précisé les renseignements que l’on pouvait en retirer au point de vue diagnostique et thérapeutique.
Au point de vue diagnostique, les travaux D’EINHORN sur la technique du tubage et les altérations de la bile au cours des diverses affections hépato-biliaires, de B.B. VINCENT Lyon sur les indications fournies par l'épreuve du sulfate de magnésie, de PIERSOL ET BoCKUS sur l’examen microscopique du liquide recueilli, en France ceux de CARNOT et de ces élèves sur le dosage des ferments pancréatiques, sur la bactériologie duodénale, et les porteurs de germes typhiques et paratyphiques, la thèse de LIBERT, étude complète de la méthode, les publications de CHIRAY et de ses élèves sur le diagnostic de la lithiase et des cholécystites, ont souligné l'intérêt que présente le tubage duodénal.
Cependant parmi les renseignements fournis par cette méthode, il en est qui sont entachés d’un grave défaut. Il est en effet impossible bien souvent de savoir si cer-
tains éléments trouvés dans la bile recueillie par tubage duodénal proviennent des voies biliaires ou du tube digestif supérieur. C’est le cas de la plupart des éléments cytologiques et bactériologiques.
Pour cette raison nous avons été amené a étudier les divers éléments chimiques ou cytologiques, que l’on rencontre à l'examen de la bile pour voir l'importance que l’on peut leur attribuer dans le diagnostic d’infection biliaire. On sait en effet que la contamination du liquide duodénal par des sécrétions d’origine gastrique ou pharyngée est difficile à éliminer. La constatation d'éléments d’origine biliaire évidente, tels que certaines formations cristallines ou cellulaires est donc importante pour pouvoir affirmer indirectement la même Gene des éléments microbiens. |
Les notions admises sur le microbisme biliaire ont traversé trois phases.
Pendant longtemps, il a été pire que dans le foie et les voies biliaires, la bile était aseptique.
En 1904, LipPMANN élève de GILBERT, modifia dans sa thèse les idées jusque là reçues. D'après les expérien-
ces et les autopsies qu’il avait pratiquées, il concluait à la présence normale de microbes aérobies dans les eux tiers inférieurs du cholédoque, et d’anaérobies dans.la vésicule et la moïtié inférieure des canaux hépa-
tiques. Seules les voies biliaires intra-hépatiques, d’après
lui, étaient aseptiques. On peut faire à ces recherches dont les résultats ont d’ailleurs été controuvés par ABRAMI, le reproche d’avoir été entreprises d’une part sur des chiens, espèce carnivore et d’autre part sur des
cadavres. Or, l’on sait qu'après la mort, le colibacille envahit tous les tissus avec une rapidité extrême. Actuellement, ces conclusions ne sont plus admises depuis que le tubage duodénal a permis de faire facilement l'examen de la bile chez le vivant et à la suite des travaux de CARNOT, d’ABRAMI et de ceux de Mc. NÉAL, et GHACGE. Le colibacille, en particulier n’est plus considéré comme un hôte normal du cholédoque, ainsi que l'avait affirmé LipPMAnNN. S'il en était ainsi, la culture de la bile décèlerait ce microbe d’une façon sinon constante, du moins très fréquente chez des sujets sains. Or,
il n’en est rien et la présence du colibacille dans la bile
s'allie toujours à un syndrome biliaire, lithHiase, cholécystite, angiocholite. C’est à GILBERT que revient le mérite d’avoir mis en évidence le rôle pathogène du colibacille dans le foie et les voies biliaires. Avec ses élèves, GIRODE et DoMiNicr, GILBERT provoqua des angiocholites et des cholécystites expérimentales chez le lapin, en injectant dans les veines de cet animal des cultures de colibacille. En même temps, une série d’études bactériologiques, poursuivies chez des sujets opérés, montraient avec d’autres germes le colibacille avec une fréquence toute particulire. Plus tard, il posa la question des relations entre la colibacillose biliaire et la lithiase. Il avait, en effet, remarqué à plusieurs reprises, au CouIs de ses expériences la formation de petits calculs biliaires sur les animaux infectés. Cette théorie infectieuse de la lithiase, soutenue dans les pays de langue allemande par NAUNYN fut reprise en 1897 par Mianor. Celui-ci réussit à provoquer des calculs comparables à ceux de la