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L'intervention est pratiquée le 23 décembre et la vésicule biliaire est enlevée. Celle-ci du volume d’une orange, de coloration blanchâtre est libre de toute adhérence péritonéale.. Elle est remplie d’un pus très liquide, très légèrement teinté de bile. Les deux calculs vus à la radiographie sont retrouvés, l’un siège dans le bas-fond de la vésicule, l’autre au col où il est enchatonné et où il obstrue complètement l’orifice du canal cystique, À l'examen microscopique du pus, on constate de nombreux polynucléaires altérés et quelques bacilles Gram négatif et cocci Gram positif. Les cultures de différenciation permettent d'isoler un colibacille exactement comparable à celui de la bile recueillie par tubage, faisant noircir la gélose au plomb.
Il faut noter enfin qu’à l'intervention le foie était d’aspect cirrhotique en se souvenant que les crises douloureuses étaient accompagnées de subictère.
Deux mois plus tard, un nouveau tubage montre encore une quantité considérable de colibacilles dans la bile, malgré l’ingestion d’urotropine.
Cette observation présente un grand intérêt clinique en raison de la torpidité et de l’indolence avec laquelle cette infection a évolué en dehors des crises. Ici, la colibacillose est venue compliquer une lithiase ancienne qui était restéeignorée. Étant donné la symptomatologie clinique on était en droit de penser à une cholécystite hydropique et non purulente. Tous les degrés peuvent donc exister suivant la virulence des germes et la résistance du malade. De plus, l’identité du microbe trouvé dans la vésicule et dans le liquide de tubage montre une fois de plus que l’on peut attacher de l’importance à la recherche du colibacille biliaire par le tubage duodénal. Enfin, la vésicule étant exclue, la bile et les germes qu'elle contenait provenaient du cholédoque et de canaux hépatiques. L’infection avait donc dépassé la vési-
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cule pour se fixer dans la voie biliaire principale, comme le prouve encore le deuxième tubage fait deux mois après l'intervention. C’est à cette infection profonde que correspondaient probablement les poussées de subictère et peut-être les lésions hépatiques observées à l’intervention. L’hépatite résiduelle de la cholécystite serait ainsi fonction de la bactériocholie persistante.
Mais ces formes suppurées aiguës ou chroniques ne sont pas les seules formes de cholécystite lithiasique compliquée de colibacillose. Le plus souvent, on observe la cholécystite scléro-atrophique. Il est difficile de préciser dans quelle mesure les lésions sont dues à la lithiase ou à l'infection. Mais cliniquement, on peut de toute évidence rattacher à celle-ci les poussées douloureuses et fébriles, parfois accompagnées de subictère qui sont l'apanage de ces formes chroniques. Nous n’insisterons pas sur les symptômes de cette affection depuis longtemps connue.
b) Angiocholites. — Bien connues par les travaux des écoles GILBERT et CHAUFFARD, elles sont une complication fréquente de la lithiase dont elles aggravent considérablement le pronostic. On sait qu’elles se traduisent par des signes généraux plus ou moins importants, souvent l’angiocholite constitue un foyer d'infection profond, d’où les germes peuvent disséminer dans tout l’organisme. C’est le cas d’une observation rapportée par MENETRIER et BroDIN. Il s'agissait d’une femme atteinte de coliques hépatiques depuis sept ans et qui venait à l'hôpital à l’occasion de l’une d’elles. La région hépatique était douloureuse, il existait du subictère et