COTE
pendant de cholécystite colibacillaire, le germe provient selon toutes probabilités par voie sanguine. Pour certains auteurs américains, il serait même apporté à la vésicule non par la bile, mais directement par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques. Pour expliquer la persistance et la fixité de l’infection, BB. VINCENT Lyon a émis l'hypothèse ingénieuse des cercles vicieux, amenant des réinfections successives. Il ne nous a pas été possible dans les cas que nous avons observés de saisir la phase bacllémique de l'infection, soit, comme il est probable, que cette phase soit extrêmement passagère, soit que l'infection reste limitée à la circulation porte. Toutes les hémocultures que nous avons pratiquées chez des sujets présentant du colibacille dans leur bile sont restées négatives.
Nous insisterons peu sur les signes cliniques de la cholécystite chronique, non lithiasique qui a été décrite en France très minutieusement par CHirAy. Cet auteur met en relief surtout les signes fonctionnelsextra-vésiculaires qui sont prépondérants et sont caractérisés par des phénomènes gastriques et intestinaux et des troubles de l’état général. Tous ces symptômes pourraient égarer le diagnostic si l’on ne recherchaït pas systématiquement le point douloureux vésiculaire et si l’on ne demandait pas une confirmation à la radiologie ou au tubage duodénal. Il ne faut pas manquer non plus chez ces malades de rechercher la colibacillurie, avec ou sans pyurie, qui pour BRULÉ et GARBAN coexisterait souvent. GOIFFON, après Herrz-BoYEr, insiste sur la fréquence du parasitisme intestinal chez ces malades. Nous pouvons à ce sujet rapporter les observations suivantes :
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Obs. V. Mme Va.…., 55 ans, entre à la salle Sainte Madeleine le 10 décembre 1931 pour des douleurs hépato-vésiculaires et des névralgies cervicales.
Bien portante jusqu’à 35 ans, c’est à cet âge, il y a 20 ans, qu'elle commence à souffrir dans l’hypocondre droit. Ces douleurs siègent dans la région vésiculaire, irradiant vers le dos et l’épaule droite. Elles sont très irrégulières dans le temps avec un horaire très capricieux, non calmées par de nouveaux aliments ni par les alcalins, souvent influencées par le régime suivi. La malade remarque en particulier que -l’ingestion de mollusques (moules, huîtres), ou de crustacés, les provoquent à coup sûr et très violentes. La crise dure une journée environ, se calmant dans la nuit et laissant le lendemain une grande lassitude et une migraine intense. Ces troubles s’accompagnent d’une constipation opiniâtre que d’ailleurs la malade ne cherche pas à soigner. Leur répétition se fait avec une assez grande fréquence durant plusieurs années mais ce n’est qu'il y a quinze ans qu’apparaît la première crise caractérisée de colique hépatique.
Son début est soudain par une douleur vive dans la région vésiculaire, irradiant à l’épaule droite, ne s’accompagnant pas de vomissements, et qui dure une demi-heure environ pour s’atténuer ensuite petit à petit. La malade présente ainsi trois crises en cinq mois au début de 1922.
C’est vers cette même époque que ce déclanchent les premiers accidents névralgiques de la face, accompagnés de vertiges et de crises d’amnésie. Plusieurs Wassermann pratiqués alors sont totalement négatifs. Ces névralgies n'ont depuis lors jamais disparu complètement.
En 1905, les douleurs de l’hypocondre droit se-font plus violentes, l’appétit diminue et la malade maigrit. Mais surtout elle présente du meloena en assez grande quantité et, après examen radiologique, le diagnostic d’ulcus gastrique est porté. Après échec du traitement médical habituel, régime, pansements gastriques au kaolin, une intervention chirurgicale est décidée. Celle-ci est pratiquée par le docteur Sauvé et consiste en une gastro-entérostomie. Cette intervention amène une sédation des accidents douloureux abdominaux
ROMEO Ex
pendant un an environ, mais par contre les névralgies faciales s’accentuent et s'étendent à la région cervicale droite.
En 1927, la malade se plaignant à nouveau de ses douleurs abdominales subit une seconde intervention par le docteur Pauchet, qui fait une résection pylorique suivie d’une amélioration manifeste. Par contre les névralgies cervicales deviennent de plus en plus tenaces. Ce sont des douleurs irradiant vers l'épaule et le bras droit, continues avec des -exacerbations paroxystiques, que calment seules la morphine et les injections intradermiques de novocaïne. Tous les Wassermann pratiqués encore à cette époque restent négatifs.
Depuis 1929 enfin la malade se plaint à nouveau de la région hépato-vésiculaire. Elle n’accuse pas de grande crise de colique mais de douleurs irrégulières, d'intensité moyenne et qui passent au second plan en raison de l’acuité des névralgies. Ces accidents présentent les mêmes caractères de siège et d’irradiations qu’à leur début. La constipation reste habituellement opiniâtre.
En février 1931, la malade entre à l’Hôtel-Dieu, salle Sainte Martine, où tous les traitements essayés, aspirine, gardénal, naiodine, sont impuissants à calmer les névralgies. Plusieurs Wassermann sont encore négatifs.
En décembre 1931 enfin, la malade est passée salle Sainte Madeleine, pour être examinée et traitée au point de vue digestif et hépatique.
On se trouve alors en présence d’une malade non amaigrie, mais fatiguée par ses névralgies continuelles. L'examen de l'abdomen montre la cicatrice épigastrique médiane de ses opérations antérieures. Le foie n’est pas gros, le point vésiculaire est sensible. La vésicule biliaire ne peut être perçue.
La rate n’est pas augmentée de volume. Les réflexes sont normaux, les pupilles réagissent à la lumière et à la distance. Il n’existe pas de troubles objectifs de la sensibilité sur le territoire des névralgies.
.… L'examen radiologique montre que la portion verticale de l'estomac se remplit seule, par suite de la pylorectomie. Le passage est rapide dans l’anse jéjunale, mais il existe un arrêt à environ douze centimètres, dû probablement à une adhérenrence.
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