DÉSORGANISATION DU RÉSEAU CRISTALLIN
Au cours de la décomposition du protoxyde de fer on observe un changement d'aspect du spectrogramme de rayons X : les raies qui étaient initialement très fines s’élargissent dès les premières minutes de chauffage (fig. 3).
Vers 450°, on observe un étalement passager de la raie entre les deux valeurs extrêmes du paramètre et en prolongeant le recuit on affine à nouveau le diagramme sans toutefois atteindre jamais la netteté du diagramme initial. Aux températures voisines du seuil de décomposition de FeO, vers 3002 par exemple, le flou des raies subsiste en dépit de recuits prolongés.
Ce changement d'aspect trahit une profonde désorganisation du réseau, ayant pour effet d'introduire des variations locales de la valeur paramétrique ; l’origine de cette désorganisation doit être recherchée dans la perturbation initiale, qui provoque l'accroissement de l’arête du cube élémentaire. Un recuit prolongé facilite la réorganisation et se traduit par un affinement des raies, pourvu que la température à laquelle il est opéré soit suffisamment élevée.
Ce trouble qui affecte le protoxyde de fer à l'échelle
ionique a également des répercussions sur sa structure
microcristalline. Les diagrammes d’oxydes trempés présentent le plus souvent des raies, qui bien que très fines sont néanmoins ponctuées, par suite de l'existence d’un certain nombre de cristaux de dimensions notables et irréductibles par broyage. La décomposition s’accompagne de la disparition de tous ces cristaux et les raies deviennent parfaitement continues. La perturbation, en troublant la régularité des plans réticulaires, détruit la cohésion des cristaux de protoxyde de fer et provoque leur effondrement en une poussière d'individus microcristallins.