CONCLUSIONS
De l'étude, que nous venons de faire du sérum des cancéreux
il résulte les conclusions suivantes :
1° La réaction de Vernes au péréthynol, pratiquée dans ces sérums, a montré un degré de floculation constamment égal à O0 dans les 58 cas examinés, et ce à plusieurs reprises. La réaction de Hecht-Sabrazès a donné des résultats remarquablement concordants dans tous ces cas. Lorsque nous avons
eu recours à la réaction de Meinicke, il en a été de même.
Sur les 199 observations de l'Institut Prophylactique, on trouve seulement une proportion de 8, 5 °/, de sérums cancé-
reux, donnant un degré photométrique supérieur à 0.
2 Le degré de floculation des 58 sérums, provenant du Centre anticancéreux de Bordeaux, en présence de la solution de résorcine à 1, 25 °/, s’est montré 25 fois supérieur à 830,
soit dans une proportion de 43 °,.
80 sérums sur 199 (observations de l'institut Prophylactique)
ont eu un degré de floculation égal ou supérieur à 30, Soit une
Ce
proportion de 40 °/,. La concordance des résultats est donc remarquable, les travaux effectués de part et d'autre l'ayant été,
bien entendu, ou complète indépendance.
Nous ne pensons pas, qu'il faille en conclure à une telle proportion de tubereuleux chez les cancéreux, mais plutôt à une propriété d'hyperfloculance des sérums cancéreux en pré-
sence des solutions de résorcine.
3 L'étude des rapports du cancer, de la syphilis et de la tuberculose, que cette étude sérologique nous a amené à faire, tant au point de vue des constatations cliniques actuelles, des statistiques nécropsiques ou démographiques ou enfin de l'hérédité, ne saurait entrainer pour nous d'autres remarques,
que les suivantes :
a) La syphilis ne se décèle pas, sérologiquement et cliniquement, avec plus de fréquence chez les cancéreux que chez
les individus normaux et aussi chez les tuberculeux.
b) La tuberculose chez les cancéreux, affection primitive ou épiphénomène au cours de à cachexie (comme elle l'est dans le diabète), ne parait pas davantage avoir de rôle dans la
génèse ou l'aggravation propre du cancer,
ec) Syphilis, cancer et tuberculose, de par leur fréquence et leur habituelle chronicité, devaient obligatoirement voir l'étude
de leurs rapports.
d) Syphilis et tuberculose partagent cependant, avec les autres irritations d'ordre physique, chimique, mécanique;
parasitaire el microbien, l'action favorisante, dans l'apparition
po
des néoplasmes, de toute offense à un tissu où à un organe. C'est en cela que la prophylaxie et le traitement intense de la syphilis, la prophylaxie et la thérapeutique, hélas moins active, de la tuberculose, peuvent avoir une action indirecte sur
l'éclosion des cancers.
Vu :
Le Doyen, Vu, bon à imprimer :
CSIGALAS: Le Président de Thése, SAR RAZ ES:
Vu et permis d'imprimer :
: Bordeaux, le 11 Décembre 1929.
Le Recteur de l'Académie,