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Le taillage d’une roue est alors réalisé ainsi : le berceau étant à l'extrémité
de sa course, se met en mouvement, ainsi que le flan, de façon à réaliser le roulement sans glissement du cône primitif de la roue sur le primitif P lié au
Fig. 98 :
berceau. Quand celui-ci est parvenu à l’autre extrémité de sa course, il revient en arrière de façon à occuper sa pesition primitive; pendant ce temps, la poupée porte-flan s’écarte légèrement pour laisser passer la fraise, puis le flan reprend sa position correcte, et le mouvement relatif du berceau et du flan recommence, celui-ci ayant tourné, grâce à un diviseur, d’un angle correspondant à son pas circonférentiel. Supposons qu'on ait commencé par le taillage des faces convexes, par exemple; pour tailler les faces concaves, il faudra changer de fraise, faire tourner le flan d’un angle correspondant à son intervalle, ct remettre en marche, sans autre modification de réglage.
Pour le taillage de la roue conjuguée de la précédente (pour former un engrenage concourant), on fera simplement glisser le chariot sur la colonne, de façon que le centre de la fraise soit en C,; symétrique de C; par rapport au plan horizontal passant par SX (quand la colonne est verticale).
On réalise bien ainsi les deux roues plales matérielles embottables et symétriques.
114. Taillage en une passe de l’une des deux roues conjuguées.
On gagne du temps en taillant en une passe de préférence celle des deux roues conjuguées qui a le plus de dents. Dans la fraise utilisée, les couteaux sont disposés alternativement de façon à tailler les uns une face concave, les autres la face convexe qui lui fait vis-à-vis dans la roue à réaliser. Si nous représentons la section de la roue plate matérielle correspondante R par son primitif, les traces de ces deux faces sont deux cercles concentriques (fig. 99); soient r et r’ leurs rayons (r’<r) : il faut alors renoncer à la condition de symétrie des deux roues plates (8 29).
Si l’on imagine la roue plate matérielle qui s’emboîterait exactement dans la précédente, le rayon r de la trace de sa face convexe est alors plus grand que celui r’ de la trace de sa face concave : d’où l'impossibilité d'utiliser
une même fraise pour réaliser cette roue plate; il faudrait avoir pour cela deux autres fraises.
Pratiquement, on peut, en renonçant à la condition d’emboîlement des roues plates matérielles, utiliser une même fraise dont les couteaux taillent alternativement par l’intérieur et par l'extérieur : mais cette fraise sera utilisée en deux passes, taillant une fois les faces concaves, l’autre fois les faces convexes de la deuxième roue. A cet effet, le rayon r” de la trace de son cône intérieur sur le primitif est choisi aussi voisin de r’ que le permet l'épaisseur des couteaux [la différence (r’—r”) est nettement inférieure à (r—r’)]. Dans ces conditions, on réalise un contact linéaire pour un système de faces conjuguées de l’engrenage, ponctuel pour l’autre.
Soit VAT: l'arc de cercle moyen de la roue plate R,, limitée par un plein correspondant à une fraise de centre C;; À, B, l'arc associé dans la roue plate R.,. La deuxième fraise décrite plus haut devra être centrée en C,, symétrique de C, pour tailler le côté convexe de la petite roue, et en C’, sur A: C (tel que A, CC’, —r”), pour tailler le côté concave.
Tous les éléments du réglage de la machine permettant de passer de la
réalisation de la roue @, à celle de la roue R, sont ainsi déterminés.
Il résulte de ce qui précède que le mode de taillage qui vient d’être exposé, peut être parfaitement correct (bien qu'on pense souvent le contraire).
115. Le taillage en une seule passe est-il possible pour les deux roues conjuguées ?
Soient AA’ un arc de cercle moyen de la roue plate limité à deux faces correspondantes, et 0 son angle au centre (fig. 100). Soit C le centre de la première fraise supposée telle que les traces de ses deux cônes sur le primitif passent par À et par le milieu B de l’arc AA’. Si l’on fait tourner cette fraise de l'angle 6, son centre vient en C’, et elle réalise une dent de roue plaie interceptant sur le cercle moyen l’arc À’B'—AB: on a hachuré les sections de deux dents consécutives de cette première roue plate. |
Proposons-nous de déterminer le centre I d’une deuxième fraise dont les traces seraient deux cercles tangents respectivement en B et A’ aux arcs déjà figurés : I est alors nécessairement le point de rencontre de BC et A’C’. Pour êlre sûr qu'il n'y aura pas interférence entre les deux roues conjuguées, il faudra s'arranger pour que I soit entre B et C, et au delà de C’ sur A’C’. La figure 100 a été faite en prenant pour C la projection de S sur la normale en A à la trace de la denture. Si l’on imagine que les surfaces géométriques des deux roues plates ont été mises en contact, les traces des deux faces d’une dent de la deuxième roue plate sont figurées en pointillés.
| S Fig. 100
La grosse difficulté vient du faible rayon des fraises (risque d’interférence au laillage, et grande variation de l’angle sous lequel T coupe un rayon de la roue plate), mais le problème n’est pas impossible (#1).
(31) D'ailleurs la maison Gleason préconise de plus en plus le taillage en une seule passe pour les deux roues, en particulier pour la fabrication du couple couronne-pignon des ponts arrière d'automobiles.