‹ Étude de la glycérine et de ses applications pharmaceutiquesChapitre 3 sur 10 · XI. Remarques divers^’s · texte numérisé non relu

XI. Remarques divers^’s

ï. — Observations prémuinairbs.

Plusieurs motifs également décisifs nous ont engagé à choisir l’élude de la glycérine pour sujet de thèse. Ce corps présente en effet, toute sorte d’intérêt au point de vue théorique comme au point de vue des applications. Nous pouvons même ajouter, que cet intérêt est particulièrement saisissant, eu égard aux circonstances dans lesquelles celte importance théorique s’est révélée, et aux conditions dans lesquelles il a été permis d’utiliser la glycérine pour les arts.

La glycérine est restée plus de cinquante ans un objet de pure curiosité, indifférent à l’industriel, médiocrement instructif pour le chimiste, jusqu’au moment où, par une singulière coïncidence, les investigations admirables de M. Berthelot elles judicieuses recherches de M. Cap, ont montré en même temps tout le parti que la chimie pure et les arts pouvaient tirer de la connaissance de ce corps.

C’est la première raison qui nous a décidé. La seconde est une raison en quelque sorte scolaire. L’élude complète de la glycérine résume en effet quelque partie de chacune des branches de l’enseignement pharmaceutique. Elle louche à la chimie par la recherche de la corislituliou et des métamorphoses de ce corps important— ù la matière médicale, pur la connaissance des graitfeset des huiles qui fournissent la glycérine au moyen de la saponification, — à la pharmacie proprement dite, par la préparation des glycérolés et autres médicaments à base de glycérine. —

à la physique, par l’essai des pouvoirs hygrométrique, dissolvant, dialytique, etc. de la glycérine. — à la thérapeutique enfin, par les propriétés médicales de ce corps.

C’est un couronnement naturel pour des éludes longues et multiples que la rédaction d’une thèse où il y a lieu de mettre à profit les connaissances diverses requises pour le pharmacien et de montrer comment ces éléments concourent, dans un même but qui est l’amélioration graduelle de nos moyens d’agir.

Une dernière considération enfin, nous a poussé à nous saisir d’un pareil sujet. C’est que les trois hommes à qui la science doit le plus pour la connaissance de la glycérine, sont pharmaciens. C’est une gloire pour notre profession de pouvoir compter parmi les siens, Scheelc, M. Berlhelot et M. Cap. Nous espérons que nos juges nous sauront gré des modestes efforts que nous avons faits pour résumer consciencieusement les travaux de ces maîtres.

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Ua glycérine a été découverte en 1779 par Scheele qui la reconnut dans les résidus de la préparation de l’emplâtre simple. Les huiles d’olive, d’amande, de lin et de navette, le beurre, l’axonge, etc., furent successivement expérimentés par lui ù cette occasion, et il y constata la matière en question, alors que ces substances grasses avaient été soumises à l’action des alcalis (1).

Fourcroy, l’un des principaux expérimentateurs qui ont tourné leurs vues du côté de la chimie animale, s’énonçait comme il suit en l’an ix, louchant les propriétés de la glycérine : « La portion grossière du parenchyme qui a été entraînée avec les premières portions d’huile expri-

(1) Sammilkhe Werke, l, 2, p.'35t>, 1733.

rnée se sépare el se précipite la première, ensuite la fécule verte et colorée, puis la fécule amilacée, et souvent même il en reste une portion en véritable dissolution ou combinaison avec le Stic huileux : c’est celte portion qui forme ce que Scheele a nommé \q principe doux des huiles (1). »

Berlhollet et Braconnot retrouvèrent la glycérine de Scheele dans leurs expériences sur les corps gras, mais pas plus que lui, ils ne parvinrent à déterminer sa véritable nature, ni à découvrir le rôle qu’elle joue dans la constitution de ces corps gras.

C’est à M. Chevreul que revient la gloire d’avoir montré en 1813 par une série d’expériences aussi rigoureuses que fondamentales les caractères réels de la glycérine. Il a établi que tout une classe de corps donne lieu sous l’influence des alcalis à une fixation d’eau et à la formation de deux corps nouveaux : 1“ le principe doux de Scheele ; 2“ un acide gras qui s’unit à l’alcali pour former un savon (2).

Comme le dit très-bien M. Berthelot, il a marqué la relation précise qui existe entre les acides gras souvent multiples produits par la saponification et les principes immédiats neutres et définis dont le mélange en proportions indéfinies constitue les corps gras neutres.

La doctrine de M. Chevreul touchant les corps gras et la glycérine était fondée émm un grand nombre d’analyses dont la justesse n’a été contestée par personne. Depuis ses travaux, la glycérine n’a fait l’objet que d’un petit nombre de travaux, parmi lesquels il faut citer ceux de M. Pelouze, qui a étudié les combinaisons qu’elle forme avec plusieurs acides.

De nos jours (1853) M. Berthelot a déterminé la vraie

(1) Si/stème des connaissances chimiques, an IX, t. 7, p. 142, 323 et suiv.

(2) Annales de chimie, 1813, t. 88; 1815. t. 94 el 95.

conslitulion et ia véritable fonction de la glycérine en établissant qu’elle est un alcool polyatomique — qu’elle jouit d’une capacité de saturation trois fois plus forte que celle de l’alcool propylique correspondant,—enfin qu’elle joue dans les corps gras neutres le rôle d’alcool puisque ceux-ci résultent de la combinaison d’un équivalent de glycérine et de trois équivalents d’acide gras. Toutes ces démonstrations ont reçu la confirmation de la synthèse plus décisive que l’analyse (1). Ces découvertes ont été complétées par celles de M. Würiz qui en faisant connaître les glycols ou alcools diatomiques a jeté un pont entre les alcools monoatomiques et les glycérines ou alcools triatomiques.

M. Cap enfin a fait sentir par de persévérantes études tonte l’importance pratique de la glycérine (2).

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