‹ Étude de la morphologie maxillo-dento-faciale et des méthodes appliquées à la réduction de ses irrégularitésChapitre 12 sur 47 · SR VS · texte numérisé non relu

SR VS

des surfaces gauches engrenées, superposables et symétriques par rapport au plan médian. Ces surfaces gauches engrenées doivent toujours glisser l’une contre l’autre, c'est-à-dire se déplacer parallèlement pendant la période masticatoire, quand les dents glissent les unes contre les autres à la période de clusion, .aussi bien qu’à la période d'éclusion quand les aliments séparent les mâchoires, puisque la condition des efforts masticateurs, de direction égale et contraire, doit rester satisfaite, et que les surfaces antagonistes constitulives de ces surfaces gauches sont perpendiculaires à ces directions. Pour que ces deux conditions soient satisfaites, la seconde d’ailleurs étant phylogéniquement la conséquence de la première, les trajectoires ne peuvent être que perpen- diculaires ou parallèles au plan médian, par conséquent, impossibilité des mouvements de circumduclion pour les mandibules engrenées.

» Conclusions. — L'articulation temporo-maxillo-dentaire étant le résultat d'une adaptation simultanée des surfaces articulaires, osseuses et dentaires, à une même fonction, il ne peut y avoir d'autonomie pour chacune d'elle.

» Conséquemment :

» L'étude séparée de la physiologie de l'articulation temporo-maxillaire, d'une part, et de celle des dents d'autre part, a-t-elle conduit les savants à des interprétations erronées qui leur ont fait admettre la possibilité de la cireumduction, laquelle n'a jamais existé dans aucune mâchoire engrenée.

» Aussi :

» a) Tous les travaux qui ont pris pour base la circumduclion ou pivotement de la mandibule autour d'un condyle ou d'un centre imaginaire de rotation doivent être repris.

» b) Tous les articulateurs et tous les systèmes de dents,

Rad es

dits physiologiques, construits en se basant sur ces conceptions ne pouvant satisfaire à la physiologie des mâchoires, doivent être abandonnés ».

Gariot, Henle, Meyer, Lauger, Luce, Spée ont démontré l'existence des mouvements combinés de propulsion, d'abaissement sagittaux du maxillaire inférieur; l'étude de l’articulation des arcades dentaires entre elles est inséparable de l'articulation temporo-maxillaire.

Le D' P. Robin réunit d'ailleurs tout ce groupe articulaire sous le seul terme de l'articulation temporo-maxillo dentaire. IL est indispensable dans une étude complète d’une anomalie dentaire et de son traitement d'avoir toujours présente à l'esprit l’articalation normale des dents.

Il ne faut pas se dissimuler que tout traitement qui ne cherchera pas à donner aux dents leurs rapports normaux, leur articulation idéale et leur engrènement régulier ne fera qu'un résultat peu durable laissant à l'opéré un appareil masticateur souvent imparfait et ne fera que rarement disparaître la difformité faciale qui résulte d'une occlusion en mauvaise position.

Par l'étude d'une mâchoire adulte normale on constatera qu'à l'exception de l'incisive centrale inférieure chaque dent est opposée à deux autres.

Les incisives du haut qui sont plus larges que celles du bas recouvrent entièrement celles-ci et débordent sur les dents voisines.

À partir de la canine, toutes les dents du haut sont vestibulées par rapport à celles du bas et leur antagonisme est tel que chaque tubercule inférieur est immédiatement médiat de son homonyme supérieur.

Les tubercules linguaux des petites molaires et des grosses molaires inférieures sont arrondis et viennent se placer dans

LH

la rainure intercuspidienne triturante des groupes supérieurs correspondants. |

Sauf les incisives centrales inférieures et les dents de sagesse, toutes les autres dents articulent avec deux dents de la mâchoire opposée.

La canine supérieure qui a été prise par de nombreux auteurs comme dent critérium (ou dent dont le rapport avec son antagoniste homonyme permet de diagnostiquer la caractéristique de l'engrènement des deux mâchoires), couvre la moitié postérieure de la canine inférieure. Quant à la première grosse molaire ou dent de 6 ans, du maxillaire supérieur, elle se trouve en coaptation avec les quatre cinquièmes de la partie distale de la première grosse molaire inférieure et du cinquième mésial de la seconde.

Les faces distales des dents de sagesse sont sur un même plan frontal, car le diamètre mésio-distal plus petit de la dent supérieure compense le fait que les deux premières grosses molaires supérieures s’articulent distalement avec leurs antagonistes inférieures.

Dans ces conditions, l'antagonisme normal donne une ocelusion normale.

Quel que soit le rapport de position d'un maxillaire à l’autre, protrusion de l'inférieur et par exemple rétrusion du supérieur, les dents en général se rejoignent plus ou moins bien mais se rejoignent toujours dans l'occlusion. On recherchera les rapports des maxillaires dans les cas à examiner et le retentissement de leur position sur la morphologie maxillodento-faciale.

On en conclura si on doit la conserver en améliorant l'ocelusion ou si on doit la transformer totalement.

L'articulation temporo-maxillo-dentaire demande en effet à être bien connue en raison des phénomènes de rétropulsion

PT Ve

et de propulsion du maxillaire inférieur si important à con-

sidérer en orthopédie maxillo-dento-faciale.

Dent critérium ou dent pronostic.

L'équidistalité des faces distales des molaires de lait a été reconnue normale par le D' Robin.

La couronne de la V° molaire de lait supérieure coapte directement avec celle de la V° molaire de lait inférieure.

Les dents de 6 ans, lorsqu'elles font éruption, viennent, elles aussi, en coaptation directe. Il y a pour elles, à ce moment, équidistalité des faces distales, comme l'établissent les travaux du D' Robin. à

Plus tard, ces rapports changent entre la dent de 6 ans supérieure et la dent de 6 ans inférieure.

La molaire de 6 ans supérieure devient distale par rapport à l'inférieure. On ne peut donc prendre la dent de 6 ans comme dent critérium de rapports normaux puisque, suivant l’âge de l'individu, ses rapports changent.

Les travaux des D'° Bogue (de New-York) et Davenport (de Paris) ont mis en valeur, à tort, l'importance primordiale de la première grosse molaire dans l'engrèënement réciproque des arcades et ont déduit que sa position devait servir à fixer celle de l’arcade dentaire entière par rapport au maxillaire ; c'est une erreur.

Nous ne prendrons donc pas avec Angle la dent de 6 ans comme dent critérium; mais, suivant Gaillard et Robin, nous prendrons la canine et, suivant ses rapports avec la canine du maxillaire inférieur, nous conclurons que nous nous trouvons ou non en présence d’une mâchoire régulièrement

ordonnancée quant à Ja dentition.

À RRQ NES

De l'indice dentaire en orthodontie.

IL est nécessaire pour: l'orthodontiste d'avoir des indications suffisantes pour mener son redressement de la morphologie maxillo-dento-faciale, en sachant d'avance, par des calculs faits à l’aide de formules données, quelles positions exactes doivent occuper les molaires et les prémolaires et ceci pour le maxillaire supérieur; cette position normale connue, il pourra la prendre comme modèle pour régulariser le bas afin d'obtenir une bonne occlusion. |

Le D° Siffre à mis en lumière ce fait que, si dans une arcade normale on réunit le tubercule antéro-externe des premières molaires, on obtient ainsi le diamètre d'une eirconférence et cette dernière passera par les cuspides externes des prémolaires, la pointe de la canine et les bords tranchants des quatre incisives.

Mais ces données varient d'un brachycéphale au dolichocéphale qui présente un écartement des prémolaires et des molaires bien moindre et ses incisives sont inscrites en avant de la situation normale indiquée. Cela ne fait que confirmer l’idée que nous devons nous conformer aux dimensions du crâne pour régulariser le facies en même temps:que l’arcade dans le sens transversal. Miel a exposé la théorie généralement reconnue vraie, que la somme des diamètres mésiodistaux des six dents de l'arcade temporaire d'un sujet est exactement égale à la somme des diamètres mésiodistaux des dix dents permanentes qui les remplaceront.

Nous ne pouvons manquer de citer l’œuvre de la British Society of Orthodontia qui nomma une commission chargée de recueillir toutes les mensurations faites à ce sujet. Au Congrès de l'A. F. A,S., Lyon 1906, À, Pont a signalé un

D {5 SRE

certain nombre de ces travaux et donna la description de la méthode intitulée « l'Indice dentaire ». Bonwill, puis Hawley avalent déjà fait sur ce sujet des travaux intéressants. Hawley se sert de l’ensemble des diamètres, de l'incisive centrale, de l'incisive lalérale et de la canine pour tracer un cerele dont l'ensemble de ces diamètres constitue le rayon.

Le D° Gires, au Congrès de stomatologie de Paris, en 1907, montre la valeur de cette méthode et l'explique très clairement; toutefois, elle reste inutilisée. Le D' Pont, rappelant comment on trouve l'indice céphalique en anthropologie, en élablissant le rapport centésimal du diamètre transversal maximum au diamètre antéro-postérieur maximum, dit qu'il a trouvé pour l'arcade dentaire un procédé analogue. Il élablit l'indice des prémolaires en déterminant le rapport du diamètre des quatre incisives à la distance qui sépare la première petite molaire droite de la première petite molaire gauche. Il établit l'indice des molaires par des formules données.

Bonwill à voulu démontrer que le maxillaire inférieur, os impair et médian, étant symétrique, présentait normalement la même distance (10 centimètres) d’un condyle à l'autre et d’un condyle à l'union des bords tranchants des deux incisives inférieures.

La réunion de ces trois points forme un triangle équilatéral qu'on retrouverait, d'après Bonwill, sur tout maxillaire normal.

Si on considère que ces saillies condvliennes sont ellipsoiïdes, aplaties dans le sens anléro-postérieur, que leur grand axe est dirigé obliquement de dehors en dedans et d'avant en arrière, qu'elles ont deux centres, l’un géométrique, l'autre physiologique, on se rend compte que les indiçations permettant de construire ce lriangle sont insuffisantes,

er SAR

car les condyles ne forment pas un point, mais une vaste surface.

De plus, les travaux du regretté professeur Reclus ont établi nettement que le bord supérieur du corps du maxillaire était plus long à droite qu'à gauche, présentant une différence allant de 2 à 6 millimètres, sans qu'il y ait d'anomalie apparente; ces travaux furent confirmés, en 1902, par les mensuralions de son élève, Madeleine Pelletier. Les dents, pour sé développer, ont donc moins d'espace à gauche qu'à droite et certains auteurs ont vu dans ce fait l'explication de la plus grande fréquence des accidents de la dent de sagesse du côté gauche:

Basés sur des erreurs manifestes, les travaux de Bonwill ne supportent même pas la discussion. L'auteur avoue luimême én avoir eu la révélalion en contemplant le Christ triangulaire de la cathédrale de Cologne. Nous n’insisterons pas. |

Hawley a établi un tableau et des mensuralions qui permettent de déterminer mathématiquement quelle courbe doivent suivre les arcades sur lesquelles sont rangées normalement les dents. En prenant les mesures de Hawley, on oblient une courbe fixe, appartenant à tous les types d'hommes présentant la même dimension de dents; que l'individu soit grand, gros, petit ou maigre, dolichocéphale ou brachycéphale, ce type de mâchoire doit lui appartenir, sinon il est anormal. En fait, ces théories sont trop exclusives, car on peut décrire des arcades normales et en énumérer les caractéristiques communes, sans qu'on doive les grouper en une classe unique à forme immuable. Il suffit d'examiner avec soin un sujet pour pouvoir dire si ses maxillaires sont normaux et si Les arcades DES ACER une implantation dentaire régulière,

Ce qui, enfin, nous guide dans les modifications à apporter à un maxillaire, c’est l'œil de clinicien et non d'arides mensurations. pour la prise desquelles on s'expose à des erreurs

considérables, comme nous avons pu nous en rendre compte.

Terminologie anthropologique concernant l’étude du crâne humain en orthodontie.

On se sert constamment en orthodontie de la terminologie anthropologique et l'on emploie comme points de repère les points crâniomètriques de Broca, surtout en ce qui concerne l'étude du profil.

Ces points crâniométriques, ou points singuliers de l’anatomie descriptive, ou points remarquables de certaines classifications d'orthodontie, se divisent en deux groupes : les uns sont médians et impairs, les autres sont pairs et latéraux.

Les points médians de Broca sont, pour la face, en allant du menton au sommet de la tête, le point mentonnier, qui est Le plus inféro-antérieur du menton osseux; le point alvéolaire, qui est le plus antérieur et le plus déclive du bord alvéolaire du maxillaire supérieur; le point spinal ou sousnasal, correspondant à l'épine nasale antérieure; le nasion, ou milieu de la suture naso-frontale; la g/abelle, renflement intermédiaires aux deux crêtes sourcilières ; l'ophryon, situé sur le milieu du diamètre frontal minimum ; le bregma, point de rencontre des sutures frontale et sagittale.

Enfin, moins important pour nous, se trouvent sur le versant postérieur de la tête : l’obelion, le lambda, union des sutures sagittale et lambdoïde, l’inion, l'opisthion, le basion.

De même, pour suivre l'évolution de la dilatation des maxillaires, on emploie les points latéraux remarquables,

tels que le gonion, ou sommet de l'angle du maxillaire infé-

=: HG. =

rieur, le point malaire culminant de la face interne de l'os malaire, le dacryon à l'angle interne de l'orbite.

Le docteur Pierre Robin établit ainsi le critérium des éléments de la face, de la bouche et des dents :

« a) L'individu étint dans la position du soldat sans armes, nous remarquons (fig. 1) que, si nous menons une tangente commune à la courbe concave de l'aile du nez et à la courbe concave en haut de l'insula de l'oreille, nous obtenons une ligne qui est à peu près toujours horizontale. Excepté pour les nègres qui se passent des anneaux dans le nez, la courbe nasale est invariable autant que celle de l'oreille, même lorsque des boucles d'oreilles viennent allonger le lobule; ce sera la ligne naso-insulaire.

» b) Abaïissons maintenant sur cette ligne naso-insulaire des perpendiculaires qui soient tangentes aux sommets des courbes concaves et convexes du profil et considérons ces points de tangence de haut en bas.

» Nous avons un premier point de tangence, celui qui correspond aux arcades sourcillières. Nous l'appellerons le point frontal qui s’écrira Ÿ K, si nous faisons précéder, pour les distinguer, tous les éléments de la face, de la lettre grecque à.

» Nous remarquons que ce point frontal situé au-dessus de la ligne naso-insulaire ne subira jamais de modifications quelles que soient celles qui seront apportées aux mâchoires. Par conséquent le pied de la perpendiculaire frontale sera toujours à la même place sur la ligne naso-insulaire, ellemême invariable et toujours facile à tracer sur une photographie de profil.

» Ce seront là nos éléments de critérium et de mesure auxquels nous allons rapporter toutes les mesures et les comparaisons que nous voudrons établir sur les éléments bucco-

dento-faciaux.

se

» Considérons maintenant les autres perpendiculaires à la ligne naso insulaire menées tangentiellementaux autres sommets des courbes concaves et convexes du profil, nous retien-

drons :

» 1° Le point sous-nasal gM.

» 2° » labial supérieur $.

» 3° » » inférieur de.

» 4° » » mentonnier dy.

AA Lu Knso-Juufauu

Page 1