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langue de ramener les aliments vers les lignes cuspidiennes triturantes.
Toutes ces considérations nous amènent à cette conclusion capitale au point de vue des redressements, c'est que les dents présentent une morphologie spéciale pour les fonctions qu'elles ont à remplir, qu’elles doivent garder d’un maxillaire à l’autre des rapports constamment normaux et que c'est seulement en obtenant un engrènement normal qu'on pourra éviter le retour d’une dent en son ectopie primitive. Les redressements partiels, envisageant seulement un résultat esthétique sans considérer le point de vue du fonctionnement physiologique des mâchoires, sont des redressements sans avenir, ayant un point de départ erroné et ne pouvant aboutir qu’à des résultats médiocres. |
Les rapports des faces triturantes ou incisives d’un maxillaire à l’autre sont également influencés par la courbure de compensation ou courbure de Spee.
Si on envisage les groupes dentaires juxtaposés, abstraction faite des maxillaires, on voit qu'ils présentent dans un ensemble un arc de cercle caractérisé non seulement par la courbure sur le plat ou courbure d’enroulement qui lui donne la forme en fer à cheval, mais aussi une eourbure sur les bords ou courbure de torsion.
De plus l'anatomie topographique de la face triturante des dents du maxillaire inférieur nous montre que cette région ne se développe pas dans un plan horizontal, mais présente une courbe en dépression antéro-postérieure allant de la canine à la dent de sagesse.
On a attribué cette conformation à un modelage d'origine musculaire.
Amoedo à établi que l’entrecroisement des incisives (overbite) est en rapport avec l'intensité de la courbure de Spee,
la longueur des cuspides et la profondeur de la glène, que le rayon de la courbure de Spee est d'autant plus petit que l'entrecroisement des incisives, les euspides des molaires et la profondeur de la glène seront plus grands, que le rayon de la courbure de Spee est d'autant plus grand que l’entrecroisement des incisives, les cuspides des molaires et la profondeur de la glène seront moins grands.
Enfin on a cru pouvoir établir que la courbe de Spee prolongée en arrière passe par la face antérieure du condyle maxillaire inférieur.
Nous n'insisterons pas ici pour montrer combien les efforts combinés de plusieurs méthodes classiques d'orthodontie tendent à détruire cette courbure normale de compensation ou courbure de Spee.
L'articulation temporo-maxillaire rangée dans les articulations bicondyliennes est chez l'homme, comme chez tous les animaux, construite suivant ie mode de locomotion nécessaire à la mandibule pour s'adapter au régime alimentaire. Bonwill en 1858, Luce de (Boston) en 1889 étudièrent cette articulation spécialement au point de vue de la construction des articulateurs dont on se sert en prothèse. Elle met en présence, par l'intermédiaire de fibro-cartilage, les condyles du maxillaire inférieur et ceux du temporal.
Le grand axe de la cavité glénoïde est oblique de dehors en dedans et d'avant en arrière. Entre les condyles et la cavité glénoïde existe un ménisque interarticulaire. Les ligaments dont le latéral externe est Le plus important limitent les mouvements de cette articulation et, avec l’aide des muscles masticateurs, maintiennent en contact les surfaces articulaires.
Comme l'ont établi les anatomistes et Amoedo en particu-
lier, les mouvements que possède. l'articulation temporomaxillaire sont :
La propulsion, la rétropulsion, la dépression ou mouvement de haut en bas, l'ascension ou mouvement de bas en haut, et enfin la latéralité. Certains anatomistes ont attribué à cette articulation des mouvements de circumduction, c’est une fonction qu’on peut provoquer artificiellement, mais qui ne se produit pas en tant que mouvement. physiologique ; l'impossibilité de sa production a été établie tout récemment par M. le docteur Pierre Robin qui, en une note présentée à l'Académie des sciences (7x Comptes rendus hebdomadaires des séances de l’Académie des sciences, t. CLVIIT, n° 25, 22 juin 1914), par M. Edmond Perrier, s'exprime ainsi :
« Les appareils maslicateurs des animaux, qu'ils soient constitués par des mâchoires dentées ou cornées, se sont tous adaptés à leur alimentation, d'après le principe de Lamarck.
-» Les lois physico-chimiques générales ont présidé à cette adaptation pour régir l’organisation de ces appareils, c'est-àdire la morphologie de chaque mâchoire; aussi, à cause du principe de : l'action égale la réaction dans tout système en équilibre, pouvons-nous dire qu'au cours du développement phylogénique des mâchoires (lequel se fait pendant la période d'activité), les efforts masticatoires supportés par chaque surface antagoniste sont égaux et de sens contraire, la direction de ces efforts masticatoires restant toujours perpendiculaire aux surfaces antogonistes à cause de la loi du moindre effort.
» [est évident, dans ces conditions, que pendant la période dynamique la résultante des efforts masticatoires supportés par chaque élément représente son axe physiologique, lequel devient l'axe géométrique de cet élément à l’état statique.
» Ces axes sont toujours symétriques, comme les éléments auxquels ils appartiennent par rapport au plan médian.
» Les axes physiologiques et les axes géométriques doivent toujours être confondus, tout écart à cette règle constituera une anomalie de forme ou de position, laquelle peut être congénitale ou acquise. 3
» Comme c'est la fonction masticatrice qui détermine d'une façon 2mpéralive la morphologie des mâchoires, sans omettre l'influence de la phonation, de l'olfaction, du développement cérébral, etc., sur cette morphologie, ce sera sur la physiologie pendant la période masticatrice que je ferai porter mes considérations.
» Appareil maslicateur. — Au point de vue mécanique, les mâchoires d'un animal quelconque peuvent toujours être étudiées sous la forme de deux leviers symétriques soudés par leurs extrémités actives, denlées ou cornées, au niveau desquelles se fait l'application de la résistance. L'autre extrémité de ces leviers en constitue le point d'appui sous Ia forme des articulations lemporo-maxillaires, tandis que la puissance représentée par les muscles prend son application, d'une manière intermédiaire, au niveau des insertions musculaires.”
» Grâce au sens dentaire et au sens musculaire, ces leviers ou mâchoires, pendant la mastication, restent constamment en équilibre; aussi pouvons-nous affirmer que les directions des efforts masticateurs, appliqués aux surfaces articulaires antagonistes, dentaires et femporo-maxillaires, aussi bien que celle de l'effort musculaire, sont toutes les trois: toujours” parallèles. Si ces conditions n'étaient pas réalisées, l’adaptation (sous peine de mort) se ferait pour qu'elles le devinssent.
» À cause de ce parallélisme constant et de cette symétrie, les trajectoires que les efforts masticateurs font parcourir aux mandibules ne peuvent être que reclilignes.
» D'autre part, l'ensemble des surfaces articulaires dentaires et temporo-maxillaires forment, à cause de leur engrènement,