RESPIRATOIRE DIGESTIF MUSCULAIRE CÉRÉBRAL
FiG. 4. — SCHÉMAS DES QUATRE TYPES MORPHOLOGIQUES HUMAINS
IL-y a prédominance en hauteur et en largeur de l'étage moyen de la tête; il en résulte un facies nasal.
Chez le digestif, le tronc est aussi la portion prédominante, mais il semble occupé presqu'entièrement par l’abdomen ; il en résulte un éloignement considérable des fausses
côtes des crêtes iliaques.
L'aspect général du tronc est un triangle isocèle régulier à base inférieure.
Là aussi on remarque la prédominance de l'étage moyen du crâne, la mandibule apparait forte et du facies on dégage surtout la prédominance de la fonction buccale.
Chez le musculaire on trouve un organisme développé avec harmonie, et manifestant, par l'adaptation parfaite des membres aux fonctions musculaires, la facilité de ce type à vivre dans tous les milieux.
Le crâne est développé normalement par rapport au corps.
Quant au cérébral, c'est le type chez lequel le corps reste la fonction animale dans la proportion juste indispensable ; les centres encéphaliques prédominent ici au détriment de tout le reste. Sans muscles, sans énergie physique, ils ont besoin des excitations intellectuelles.
Connaissant ces types, on décuple le rendement de chaque individu en le plaçant lui-même dans les conditions les plus favorables à sa nature.
Il existe des rapports entre le développement de la bouche, des dents et de la face, qui ont suivi les lois de l'évolution de Lamarck et Darwin. Les milieux où vivent les êtres impriment à la bouche et aux dents les mêmes traces d'adaptation qu'au reste de l'organisme humain.
Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire, Sigaud, Gaudry, Topinard, Cope, Walkoff, P. Robin, ont étudié les relations entre la forme, le volume des dents et le genre d'alimentation; les rapports entre le langage parlé, le développement du cerveau et la conformation des arcades maxillaires: les relations entre l’acuité de l'organe olfactif, le développement des fosses nasales et la longueur antéro-postérieure des maxillaires..
P. Robin a étudié Les rapports entre les types morpholo-
giques et La conformation des dents ainsi que des arcades qui
les portent. Partant du principe de Lamarck «la fonction crée l'organe et la non-utilisalion d'un organe le fait évoluer vers l’atrophie », on se trouve en accord avec les données paléontologiques nous révélant que le système dentaire a régressé de l'homme des cavernes à l'homme civilisé qui, par son développement cérébral, est arrivé à se’ procurer une alimentation plus facile.
La sélection tend à spécialiser les organes de chaque être et sous ce rapport à rendre l'organisation individuelle plus parfaite, mais cette organisation se prête si facilement à toutes les impressions du milieu ambiant, y compris les impressions morbides, que les variations morphologiques sont à l'infini.
Les-caractères morphologiques considérés isolément peuvent présenter mille variations, mais l'ensemble de tous les caractères conserve un aspect uniforme qui révèle la parenté commune; c'est ce que nous appellerons le genre. Les caractères pris isolément ne peuvent donner le genre puisque le genre dépend d'un aspect d'ensemble, mais le genre, synthèse de caractères, donne par cela même les caractères particuliers qu'il renferme. Cela explique l’aphorisme de Linné : « Les caractères ne donnent pas le genre, mais le genre donne le caractère ».
C’est à ce genre que l’orthodontiste doit s’efforcer de ramener les irrégularités de la morphologie maxillo-dento-faciale.
Si en France chaque individu diffère de son concitoyen presque à chaque détail, cependant les Français considérés dans leur ensemble ont un air de famille qui leur est propre; c'est à cette morphologie originale que l'orthodontiste français devra ramener les types déviés sans chercher à les façonner d'après un type de mâchoire qu'on aura dénommé normal, sorte de mâchoire type canon, et auquel on s’efforcerait à tort de vouloir ramener tous les individus,