‹ Étude de la morphologie maxillo-dento-faciale et des méthodes appliquées à la réduction de ses irrégularitésChapitre 8 sur 47 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Développement des maxillaires.

Le maxillaire supérieur se développe par cinq points d'ossification non précédés de cartilages. L'origine de cet os est donc semblable à ceux de la voûte du crâne; ces cinq points apparaissent vers le soixantième jour de la vie intra-utérine, ce sont Les points malaire, orbito-nasal, palalin, nasal, incisif.

Vers le sixième mois, ces points formant différentes pièces se soudent en un seul os. à

Le point ou pièce incisive ou os intermaxillaire se soude normalement dès le troisième mois de la vie intra-utérine et se confond avec le reste du maxillaire.

D'après Hamy, l'os intermaxillaire atteint son maximum de développement isolé vers la fin du troisième mois; il commence, à ce moment chez l'homme européen, son ossification qui est complète à partir de la deuxième ou de la troisième année chez l’enfant de race orthognate ou orthofrontal de P. Robin. Chez le nègre, la saillie des mâchoires ne se prononce guère avant la deuxième dentition; aussi, pour favoriser ce mouvement de projection en avant, les sutures de la face restent-elles ouvertes bien plus longtemps que chez l'enfant blanc.

Le bec de lièvre résulte ou du défaut de soudure des deux os maxillaires entre eux, il est alors médian; ou d’un défaut

PC) Den

de soudure de cet os avec le reste du maxillaire, il est alors latéral.

Albrecht admet deux os incisifs ou intermaxillaires de chaque côté de la ligne médiane et pour lui le bec de lièvre latéral est dû seulement au manque de soudure de ces deux os latéraux entre eux.

Le développement de la face est lié sur les parties latérales à l'évolution des premiers arcs branchiaux; sur la partie moyenne et supérieure vient s'ajouter le bourgeon frontal médian ; de la coalescence des deux arcs maxillaires inférieurs naît le maxillaire inférieur.

Le massif maxillaire supérieur est au contraire formé de trois parties distinctes ; latéralement, des deux ares maxillaires; à la partie moyenne, du bourgeon frontal et de ses subdivisions.

C’est sur ces arcs primitivement cartilagineux et devenus osseux que se. développent les follicules dentaires et l'évolution des dents supérieures ou inférieures se trouve de ce fait intimement liée à l’évolution plus ancienne des maxillaires eux-mêmes. |

Dans les déviations dentaires, il est donc nécessaire de faire une part aux arcs osseux qui les supportent.

Quant à l’anlagonisme rationnel], il s'établit par l'énergie des forces qui entourent les dents à leur naissance, qu'elles soient temporaires ou permanentes.

Les dents prennent donc la position correspondante à la résultante des forces qui les sollicitent.

Ces forces sont divisées en deux, l'une représentée par les ptérygoïdiens et l'autre représentée par le temporal et le masséter.

Le maxillaire inférieur se développe en deux moitiés indépendantes constituées sur la face externe du cartilage de

Meckel à l'égard duquel il est dans la même situation que les os de revêtement du crâne vis-à-vis du chondrocrâne primitif.

Quant au condyle, il est précédé d'un condyle cartilagineux et la partie interne du cartilage de Meckel s’ossifie et se soude avec le maxillaire inférieur.

Le maxillaire inférieur serait donc un os mixte, os de membrane pour une partie, os de cartilage pour une autre. Pour Herpin c'est en plein mésenchyme, sans ébauche préalable, que se fait le premier dépôt de substance osseuse, c’est le type de l'ossification directe ou métaplastique.

Kolliker, Callander, Broca attribuent au cartilage de Meckel un rôle fort important et d'activité considérable dans la formation du maxillaire inférieur, tandis que Herpin considère que le cartilage de Meckel n'entre dans la formation du maxillaire qu'en un seul point, le point symphysaire. |

Les lrabécuies osseuses subissent une accommodation fonctionnelle, comme l’a montré Roux pour l'ostéologie en général et Walhof pour le maxillaire inférieur en particulier.

Chaque moilié indépendante de maxillaire provient de six points d’ossification qui apparaissent au cinquantième jour de la vie intra-utérine, ce sont : le point inférieur, le point incisif, le point supplémentaire du trou mentonnier, le point condylien, le point coronoïdien, le point de l'épine de Spix.

Ce n'est que deux mois et demi après la naissance que les deux moitiés du maxillaire inférieur arrivent à se souder. Alors seulement se développent les apophyses géni.

- Quelque temps avant que l'éruption des dents se fasse sur l'un et l’autre maxillaires, ceux-ci augmentent de volume et les alvéoles se forment.

Le condyle et sa branche montante au maxillaire inférieur s'élèvent rapidement au-dessus du rebord alvéolaire qu'ils

ne dépassaient que peu auparavant,

Tomes, dans ses recherches sur le développement des maxillaires, a prouvé que la forme générale d'un maxillaire de fœtus et de celui d'un adulte étaient sensiblement les mêmes. Les changements survenant dans les dimensions d'un maxillaire adulte proviennent de l'allongement de ses branches et d’une addition de substance osseuse à la partie externe ainsi qu'antérieure ; la partie postérieure des branches montantes, ainsi que l'angle de la mâchoire, se surcharge également de substance osseuse.

La place nous manque pour citer les conclusions d'Antony sur le rôle des muscles masticateurs dans la formation des os de la face.

IL y a allongement des branches en arrière à mesure que s'ajoute la série des grosses molaires; l'allongement des branches se fait donc surtout par la partie postérieure, et c'est le cartilage articulaire qui joue un rôle important dans ce travail, comme l’a montré Kolliker. Donc, l'accroissement de l'os en longueur se fait entre la limite postérieure des dents temporaires et la branche montante. Il est établi par les recherches de Madeleine Pelletier que les dents ne sont pas la cause de l'accroissement de la mâchoire, qu'eiles le suivent au contraire. Elles ont un rôle passif en ce qui concerne tout au moins les trois grosses molaires inférieures. Quant aux alvéoles, ils sont intimement liés au développement des dents, chacun d'eux se développe avec la dent qu'il renferme, disparait après sa chute pour se reformer de nouveau sur la dent permanente et disparaitre enfin complètement.

La configuration de la mâchoire inférieure nous pousse à considérer quelle évolution l'a amenée à la morphologie | qu'on lui décrit dans nos traités d'anatomie.

Le menton est peu marqué sur les mâchoires fossiles, et

l'étroitesse du plancher de la bouche y est remarquable. C'est Le type de la mâchoire de l’homo-primigenius dont le langage était certainement fort peu développé.

Dans le profil orthognathe, les dents ont moins de place pour se développer, et si le menton ne vient pas se porter en avant, la langue ne trouve pas la place suffisante pour se développer dans les proportions nécessaires à l'exercice d’un langage élevé.

Ceei a donc amené certains auteurs et M. Walckhoff, en particulier, à étudier l'influence du langage articulé sur la forme du maxillaire inférieur.

A la période diluvienne, le maxillaire humain était adapté surtout aux fonctions de mastication, et plus tard cette fonclion diminuant d'importance, le langage articulé a pu influencer le changement de forme de cet os. L'influence de l’activité fonctionnelle des muscles de la langue est si considérable que l'architecture de cet os montre des travées osseuses partant des apophyses géni et de la surface d'insertion du digastrique.

Les dents voient leur volume diminué par abaissement de leur activité fonctionnelle; quant au maxillaire, il garde son volume primitif en raison du développement progressif de la partie qui sert d'attache aux muscles de la langue et qui permettent l'usage d’un langage bien développé.

Bref, entre l'homme moderne ct les anthropoïdes, il n'y a, au point de vue de la mâchoire inférieure, que des différences de degrés dont nous possédons à peu près tous les échelons.

Par l’étude des théories de Darwin, on se rend compte qu'au fur et à mesure que l'homme s'écarte de son origine, il est soumis à un ensemble d'influences qui annulent, transforment, suppriment ou dévient ses tendances primitives.

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