‹ Étude De La Nutrition Chez Le NourrissonChapitre 28 sur 49 · FRE · texte numérisé non relu

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nous avons fait nos expériences à la Maternité de l’hôpial dela Charité et nous eùmes la chance detrouver,après quelques tâtonnements, deux enfants complètement sains, et bien portants.

Il existe, en outre, d’autres détails délicats qui ont rebuté nombre d'auteurs : c’est la manière de recueillir . sans perte, et séparément, la matière fécale et l’urine des nouveau-nés. Aussi chaque auteur a-t-il employé des dispositifs variés pour arriver à ce but.

Dans ses premières recherches, CaMErRER enveloppait les enfants presque nus dans une couche en caoutchouc. Il vidait, après chaque miction ou défécalion, l'urine ou les fèces.

Mais comme des quantités appréciables d'urine adhéraient à la couche, CAMERER essuyait complètement l'urine adhérente à l’aide de papier à filtrer préalablement pesé. Le poids du papier «chargé » d'urine était ajouté à celui de l’urine qui s’était librement écoulée.

L’exposé seul-de celte méthode montre ses inconvénients. Lorsque l'enfant vidait en même temps sa vessie et son rectum, la séparation devait être particulièrement pénible. Aussi l'enfant devait-il être constamment surveillé et les difficultés étaient telles que Camerer a déclaré :

« Que les urines ne furent soigneusement recueillies que pendant le jour (1). »

Aussi ce procédé primitif faut-il rapidement abandonné et après quelques tâtonnements de Ruce (2), de Crus (3),

(1) Lance, Jahrb. f. Kinderheïlk., 1895.

(2) RuGs, Ueber Verhalten von Harn à Niéren, etc., 1875. (3) Cruse, Jahrd. f. Kinderheïlk., t. XI.

et d'Epsren le condom fut universellement adopté et c'est encore cet appareil que nous avons employé.

Les urines une fois recueillies, il faut les conserver intactes et éviter leur altération, car elles demeurent pendant 24 heures dans un vase où elles peuvent facilement fermenter si on ne prend quelques précautions. Pour éviter la contamination, nous les avons conservées, pendant toute la durée des expériences, dans des flacons bouchés à l'émeri et entourés de glace.

Aussitôt les 24 heures passées, les urines étaient apportées au laboratoire etimmédiatement soumises à l'analyse.

Pour recueillir les matières fécales,nous avons procédé de la façon suivante: ;

Une couche de caoutchouc glissée sous le siège était ensuite ramenée. sur l'abdomen, directement par ses parties latérales et après avoir passé entre les cuisses par sa parlie inférieure.

Ce procédé est défectueux quand on l’emploie chez des enfants alteints de gastro-entérite {légère avec selles liquides ; heureusement pour nous, les selles étaient fermes et sont restées telles pendant toute la durée de nos recherches.

Bennix conseille en outre de ne commencer l’analyse des matières fécales que deux jours après le début des expériences.

Si on analyse, dit-il, les fèces de l’enfant soumis à l’expérience dès le premier jour.on fait forcément une erreur, car les fèces du 1° jour de l'expérience contiennent d’une part une partie des matières excrémenlilielles de la veille appartenant aux aliments ingérés la veille, d'autre part, elles ne contiennent pas encore {oute la matière excré-

menlitielle correspondant aux ingesla du premier jour de l'expérience.

Il faut donc se débarrasser de toute la matière fécale correspondant aux ingesta de la veille. Voici comment y arrive Bennix (1). La veille du premier jour de l’expérience, il donne au nourrisson le lait jusqu’à 7 heures du soir ; dès ce moment jusqu'au lendemain à 8 heures, l’enfant ne recoit plus sa nourriture habituelle. Mais vers 9 heures du soir et à 1 heure du matin, l’enfant reçoit une pâte épaisse de chocolal faile avec quatre à cinq cuillerées à café de chocolat et de l’eau.

À parlir de 1 heure du matin, on ne donne plus rien à l'enfant et à 8 heures du matin lu premier jour de l’expérience on recommence à lui donner le lait.

On surveille alors chaque défécation ; elle est d’abord jaune, correspondant au lait pris la veille du premier jour de l'expérience, puis elle devient brune, colorée par le chocolat, c’est la ‘matière limite, on la jette; et la première selle jaune obtenue après la dernière selle brune sera recueillie pour être analysée.

Nous n'avons pas suivi la pratique de Bennix; il s’agissait dans notre cas particulier de tout jeunes enfants chez lesquels l’ingestion de chocolat eût pu provoquer une indigestion ; nous tenions avant tout à conserver les enfants dans le plus parfait état de santé.

Un autre inconvénient pourrait résider dans l’impossibilité de prolonger les expériences pendant un nombre suffisant de jours. Les épreuves de 24 heures n'ontaucune valeur. Toutes les fois qu’on soumet un nourrisson àun régime différent de celui de la veille, tantôt il gagne,tantôl il

(1) Bexnix, Jahrb. f. Kinderheilk,, 1896.

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perd de son poids pendant un, deux, troisjours, jusqu’à ce que l’accoutumance au nouveau régime soit faite. Ce détail est surlout vrai pour nos enfants qui se trouvent subitement immobilisés, ligoltés presque dans leur lit, ce qui ne manque pas de les énerver ,au moins pendant les pre-miers jours et d’influencer ainsi sur les échanges nutritifs.

Aussi nos deux essais ont-ils duré chacun six jours.

Nous ne dirons que quelques mots de la méthode ana-: lytique suivie.

Analyse des Urines. — La marche suivie dans l'analyse des urines élait identique à celle que l’on avait appliquée au lait : dessiccation, calcination, dosages des phosphates et de lachaux. Les expériences ont été faites sur 100 cc. de liquide. Les dosages de l’azote total ont été effectués avec 20 cc. de liquide. En raison des difficultés de l’expérience et de leur quantité infinitésimale, les matières grasses n'ont pas été dosées. |

Analyse des Selles. — Les selles ont été desséchées à l'étuve à 80°,dans une capsule tarée, fréquemment remuées avec un agitateur et maintenues à cette température jusqu'à ce qu'elles ne perdent plus de leur poids. L’augmentation de poids de la capsule donnait l'extrait sec total.

On prélevait 2 gr. de cet extrait pour doser l'azote par la méthode indiquée. 2 gr. étaient pulvérisés avec du sable lavé et calciné. Ce mélange était ensuite épuisé par l'éther à 0,756. Le liquide, reçu dans une capsule en porcelaine tarée, était évaporé à l’éluve. L'augmentation de poids donnait l'extrait éthéré.

Le reste de l'extrait sec des selles était calciné et les éléments minéraux dosés par les méthodes indiquées au sujet du lait.

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