CHAPITRE PREMIER
Généralités. — Analyses des selles et des urines
Ainsi que nous l'avons indiqué dans notre premier chapitre, le nombre restreint des {ravaux sur les échanges nutritifs chez Le nourrisson tient avant tout à l’extrême difficulté de faire les expériences dans des conditions irréprochables.
Les difficultés sont particulièrement grandes lorsqu'il s’agit de l'enfant nourri au lait maternel.
Une première difficulté réside dans l’appréciation exacte de la quantité et de la qualité du lait ingéré. On n’a d'autre ressource, pour connaître la quantité de lait ingéré, quela pesée. Nombreuses sont les causes d'erreur : tantôt c’est un dépôt d'urine dans la vessie qui augmente le poids du corps, tantôl ce sont des matières fécales accumulées dans le gros intestin.
Mais en supposant même que la pesée nous donne la valeur rigoureusementexacte de la quantité de lait ingéré, nous serons néanmoins dans une incertitude constante en ce qui concerne la valeur alimentaire de ce liquide. En effet, les analyses du lait, faites deux ou trois foispar jour
DFETTe
nous donne des moyennes qui ne nous autorisent nullement à les considérer comme représentant la véritable analyse du lait maternel.
Celui-ci a une composition complexe qui varie selon nombre de circonstances : régime alimentaire, périodes de la journée, plénitude ou vacuité de la glande mammaire, etc. Mème en supposant que ces varialions soient minimes dans un cas donné, et qu’elles concernent seulement une des substances — la graisse, par exemple, il est évident que ces variations imfluent sur le contenu cenlésimal des matières albuminoïdes, des sels du sucre. En fait, ces variations existent pour toutes ces substances contenues dans le lait. Comment arriver, dans ces conditions, à savoir la véritable composition du lait ?
Un second écueil réside dans le milieu où se fait l’ex-
périmentation.
En ville, ces recherches sont impossibles, car il est exceptionnel de trouver une mère qui confie son enfant à un médecin en vue des expériences à entreprendre et tout le monde n'a pas, comme CAMERER, la possibilité de faire les recherches sur ses propres enfants. Force sera donc
d'opérer dans les maternités ou les crèches. Or, il est
extrêmement rare de rencontrer dans une crèche des enfants en parfait élat de santé. Aussi voyons-nous LanGë, BerEND el tous ceux qui ont entrepris des expériences dans les crèches, forcés de déclarer que les résultats de leurs expériences sont sujets à caution, vu qu’ils ont eu à faire à des nourrissons dont la plupart étaient dyspeptiques.
À ce point de vue, nous avons été particulièrement favorisé, grâce à l’obligeance de notre maîtreM. MayGrier: