FÈCES
Au cours de notre travail,nous avons élé amené à faire 11 fois l'analyse des matières fécales des deux nourrissons ; nous allons tirer de ces analyses quelques conclusions importantes.
Mais avant tout nous donnons les caractères des selles normales d'un enfant nourri au sein ; les détails qui suivent sont puisés dans le travail de M. Micnez (1).
Les selles du nouveau-né sain, alimenté avec le lait de femme. — « Nombre d'auteurs déjà ont étudié les selles du nouveau-né, mais c'est à Wecscneiper (2) et à Ur- FELMANN (3) surtout que l’on doit les données les plus
(1) Micuez. L’Obstétrique, 1897, n° 6.
(2) H. Wecscneiner : Ueber die normale Verdauung bei Saüglingen. Inaug. Dissert, Strasbourg, 1875.
G) de Ne : Unterschungen über microscopische und chemische
Verhalten der Faces. (Deutsches Archiv. #, klin. Medicin., XXVIH, 437-479). |
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imporlantes, actuellement connues, sur ce sujet : nous ne pouvons mieux faire que de les résumer ici en plaçant à la suite Les résultats de nos propres recherches. -
« Les selles de l'enfant au sein et bien portant sont, au moment de l'émission, de couleur jaune d'œuf; abandonnées à l'air, elles prennent assez rapidement une coloration verdâtre due à l'oxydation de certains pigments biliaires. Le passage de la {einte jaune à la teinte grise ne s’observerait dans les mêmes conditions qu'avec des selles provenant du lait de vache (UrFELMANN).
« Leur réaction est faiblement acide; elles sont dépour-
vues d’odeur désagréable.
« À l'examen microscopique on perçoit : des gouttelettes graisseuses de diamètres variables; des cristaux d'acide gras en aiguilles isolées ou réunies en buisson ; des débris tantôt nombreux, tantôt assez rares, de l’épithélium intestinal; des leucocyles qui ne manqueraient complètement dans aucune selle ; de nombreux cristaux (aiguilles généralement réunies en étoiles) de sels de chaux à acide gras; de la cholestérine ; de la bilirubine ; de champignons (levures); des bactéries en microcoque ou en bâtonnets formant en certains en droits des agrégals assez épais, rares et isolés ailleurs.
« Enfin, on rencontre en plus ou moins grand nombre des particules claires, flocons ou grumeaux que l’on à presque toujours considérés comme formés de caséine coagulée et qui seraient, suivant UrFELMANN, essentiellement constitués par des gouttelettes graisseuses réunies entre elles à l’aide d’une substance spéciale (innommée). Quelques-uns de ces grumeaux plus durs n'offriraient pas la même structure et seraient formés par la
réunion de sels de chaux en aiguilles (savons) et de bactéries : ces masses ont quelquefois l'apparence de fragments de fromage blanc.
« L'étude chimique des selles fournit à Dre les principaux résultats que voici :
« Elles contiennent 84,90 0/0 d’eau (WEeGsCH£IDER avait indiqué précédemment 85,13 0/0). Elles ne renferment que très peu de matières albuminoïdes (albumines et peptones). La graisse et les acides gras forment en moyenne 13,9 0/0, la cholestérine 0,3 à 0,7 0/0 et les sels minéraux 10 0/0 du poids des fèces sèches : 30 0/0 du poids de ces sels sont représentés par de la chaux. La bilirubine se laisse facilement caractériser dans les fèces (réaction de Guen avec!l’acide nitrique nitreux); l'essai à la liqueur de Fehling indique l'absence de lactose; la leucine, lai tyrosine et l’indol ne se rencontrent pas constamment.
« En réunissant ces différentes données, on voit que sur 15 parties de substances solides provenant, en moyenne, .de 100 parties de fèces, il y en a 1, 5 d’inorganiques et 13,5 d'organiques dont 2 à 3 sont formées de graisse et d'acides gras, 0,2 d’albuminoides, 0,1 de cholestérine et le reste, sà 8,5 parties, de cellules épithéliales, de mucine, de bactéries et de matériaux biliaires.
« Voici maintenant les AUS de nos propres recherches.
« Les selles que nous avons analysées provenaient de nourrissons au sein de laimère el s’accroissant normalement entre le 5° et le 15° jour de la vie : c'étaient des garçons dont la verge avait été munie d’un‘condom des-
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tiné surtout à empêcher le mélange de l'urine avec les fèces. Celles-ci étaient récoltées sur des feuilles de toile caoutchoutée pendant 3 ou 4 jours consécutifs, après quoi on procédait à leur analyse : elles étaient alors de couleur jaune verdâtre ; leur odeur n'était point fétide et leur réaction était franchement acide. Après dessiccation à 100° on dosait l'azote, les graisses, les sels, la chaux et l'acide phosphorique. Nous nous sommes contenté pour le dosage de la graisse, de préparer un extrait éthéré des fèces sèches contenant, outre la graisse proprement dite, les acides gras libres et un peu de cholestérine. |
« Les cendres ont été préparées à température aussi basse que possible, afin d'éviter la volalilisation des chlorures. L’acide phosphorique a été précipité à l’état de phosphate ammoniaco-magnésien, après séparation de la chaux.
« Voici les moyennes de 10 analyses de selles desséchées à 100.
Extrait éthéré (graisses et acide gras)..... 20 gr. 65 NCA PNA NOR CR REP AERTINE & » 101 DOS HTIRO PAUL D. 2 mel ces aemere ue à 10 » 78 CR RE AR loi na E Rte dane d e 2 02 AM DHASDROFIQUÉ 2. nr Does 0 » 73
« La quantité d’eau trouvée dans les selles humides fut en moyenne 77,18 0/0, valeur notablement inférieure à celles qu'indiquent WEGSCHEIDER el UFFELMANN; mais il faut observer que nos analyses n’ont été faites que 3 ou 4 jours après l'émission, temps pendant lequel les selles ont pu perdre de leur eau. D'ailleurs le chiffre
de l’eau importe peu, les autres seuls sont à noter pour les calculs d'utilisation que nous aurons à établir plus loin.
« D'après ces analyses, on voit que 100 parties de selles desséchées à 100° contiennent :
Mtières'otganiques RE 89,22 parties DIS NDÉT AUTEUR ALT RER ... 10,78 —
20,65 parties de ces substances organiques sont consituées
par la graisse el les acides gras libres : 1l reste donc : -
89,22 — 20,65, soit 68.57 parties formées de matériaux organiques indéterminés. »
Voici maintenant la moyenne de cinq analyses de fèces desséchées à 100° de l'enfant n° IT nourri au lait de vache. Pour 100 gr. de matière sèche :
Azoté tolnli 2 ut ane, 2e 6.30 SELS DUMÉrAUL ER PS RE CR PUS 7.20 GhAN XL RE NE TIR ET RE TS 1.512 Acide phosphorique................. 1.365 Extrait éthéré (graisses et acides gras).. 15.40
La quanlité d’eau trouvée dans les selles humides fut en moyenne de 77.60 0/0, valeur inférieure à celle indiquée par WEGsCHEIDER et UrFELMANN et s’approchant sensiblement de celle trouvée par M. Micnez (77,18 0/0).
D'après ces analyses, on voit aussi que 100 parties de selles desséchées à 100° contiennent :
Matières organiques... 1% 072 94.336 SUIS IMITÉTAUX. ee tre DÉS >.67
(En comptant les graisses parmi les matières organiques.) Voici aussi les résultats de six analyses des fèces desséchées à 100° de l'enfant n° I nourri au sein.
Pour 100 gr. de matière sèche.
ATOM AMAR A ARR ne ER tt 3.889 SAISONS. sont Re ce 17e 9.80 RECULER RS STE DRE Re 3.80 Acide phosphorique................. 0.81 Extrait éthére (graisses et acides gras).. 18.80
La quantité d’eau lrouvée dans les selles humides fut en moyenne de 81,29 Q/0.
D’après ces analyses, on voit enfin que 100 parties de selles desséchées à 100° contiennent:
Matières organiques. ..... RAT 90.180 (1) Sels minéraux....... EAN t à 9.82
Sous quelle forme l’azote se trouve-t-il dans les matières fécales et quelle est son origine ?
« Suivant TscHernorr (2), la leucine,la tyrosine et autres produits de décomposition des albu minoïdes n’existeraient pas, ou seulement en très petite quantité, dans les selles de nourrissons sains; de plus, les corps azotés contenus dans ces excreta ne seraient solubles dans l’acide chlorhydrique à 50/00 qu’en présence de la pepsine (solubilisés par digestion artificielle). On pourrait donc admettre avec TscHernorr que toul l’azote fécal est sous forme de matières albuminoïdes; celles-ci constitueraient, d’après nos analyses, 4,101 XX 6,75, soit 27,68 0/0: du poids de selles desséchées, et la quantité de matériaux organiques indéterminés se trouverait alors réduite à (68,57 — 27,68) 40,80 parties.
« La composition des fèces sèches se résumerait ainsi :
(x) Graisse y compris.
(2) E. Tsouernorr, Jahrb./f. Kinderheilk., XXVT, p. 11. :
Sels AM IRÉFAU RAM ANT rer ce CAT 10,78 parties Acides gras libres et graisses............ 20,65 — Matières albuminoïdes................. 210001 Matières organiques indéterminées...... &0,89 — TOME RTS 100,00 parties.
« Ce qu’il importe de connaître surtout, ce n’est pas la
nature même de la substance azotée des fèces, mais bien son origine ; « L’azote fécal du nourrisson provient-il tout entier de l'aliment ingéré? — Évidemment non, puisqu'il existe, dans les fèces, à côté des résidus alimentaires, des éléments organisés, leucocytes, cellules ou membranes éphithéliales, et les sues intestinaux non résorbés : tous ces débris, dans la composition chimique desquels il entre de l’azote ou de l’albumine, proviennent de l'organisme et non de l'aliment ingéré.
« Dans l’azôte total des fèces, quelle part revient à l'azote résiduel d’origine alimentaire ?
« Ou d’une manière plus générale : Dans quelles proportions, par rapport à la substance totale des fèces, se trouvent les résidus alimentaires?
« Voilà des questions qu’il importe de résoudre, si l’on veut étudier sérieusement l’utilisation des principes nutriifs du lait et tirer de cette étude les déductions praliques qu’elle comporte. (Alimentation normale convenablement réglée, étude des dyspepsies).
« Malheureusement, on ne sail rien, ou presque rien, sur ce sujet : nous ne pouvons que rappeler à titre de documents les intéressantes expériences que V. Hor- MEISTER (1) pratiqua sur le cheval et le porc pour doser
(1) V. Hormmster, Archiv, f. Wissensch. und prakt. Thierheilk., XIV, 39-54,
dans les fèces l'azote provenant exclusivement de l'organisme et.non de l'aliment; les résultats de ces expériences ne sont pas applicables ici :
« D'après les calculs précédents, 40,89 0/0 parties des fèces sèches resteraient indéterminées ; c’est parmi elles que doivent se trouver les hydrates de carbone (?), les acides gras combinés aux lerres el aux alcalis (savons), les substances d'origine biliaire (moins la cholestérine enlevée par l’éther), les matériaux non azotés qui rentrent dans la charpente des champignons et des bactéries, etc., ou, d'une manière plus générale, les matériaux organiques qui ne contiennent point d'azote et ceux qui sont insolubles dans l’éther.
« Nous avons trouvé comme moyenne 10, 78 p. 100 de matière minérale, dont 3, 32 de chaux : cette dernière substance forme donc 38, 70 0/0 du poids de la matière minérale.
« Si l’on compare les chiffres de la chaux (3 gr. 32) et de l'acide phosphorique (0 gr. 73), on voit que la base est en quantité beaucoup plus que suffisante pour former même un phosphate tricalcique. Aussi, la plus grande partie de cette chaux se trouve-t-elle dans les cendres unie à d’autres acides, à l'acide carbonique notamment, provenant de la combustion des acides organiques des savons de chaux.
« Nous n'avons pas poussé plus loin l'étude de la matière minérale des fèces, puisque nous avons en vue lutilisation de la chaux et de l’acide phosphorique seulement.
« Voici quelques-uns des résullats de WEGsCHEIDER : 100 de fèces sèches contiennent 7,91 de matière miné-:
«rale; 36,01 0/0 de cette matière sont solubles dans l'eau; «les cendres contiennent des carbonates, des sulfates, « des chlorures alcalins (potasse et soude), un peu de « phosphate de fer, des phosphates de chaux et de magné-
« sie, »