‹ Etude De La Thyroxine Synthétique Et De Son Emploi ThérapeutiqueChapitre 13 sur 37 · III. — Action physiologique expérimentale de la thyroxine · texte numérisé non relu

III. — Action physiologique expérimentale de la thyroxine

comparée à celle des produits thyroïdiens.

Sur les animaux.

D’innombrables expériences ont été faites pour démontrer l’action de la thyroxine. Justin Besancon disait en 1929. « La thyroxine est un médicament intéressant en principe mais qui demande une grande prudence ».

En effet, la question des doses est extrêmement importante et délicate et c’est par l’étude des actions physiologiques sur les animaux que l’on a fait de grands progrès dans la détermination des seuils d'intoxication.

Cette action physiologique sur les animaux est très variée, mais on a étudié plus spécialement les actions suivantes :

10 Action sur l’accélération de la métamorphose des batraciens ;

20 Action sur la croissance ;

3° Action sur les phanères ;

4 Augmentation de la résistance de la souris blanche à l’intoxication par l’acétonitrile ;

5 Stimulation du M. B. :

60 Effet diurétique.

Action sur l'accélération de la métamorphose des hbatraciens.

Des expériences avaient été faites en 1912 par Gudernacht qui administra des extraits de glandes variées à des tétards. Il s’aperçut que les extraits thyroïdiens étaient de beaucoup les plus actifs.

Ses expériences furent reprises et continuées par Morse, Lenhart, Rogoft, etc. Mais c’est Romeis qui démontra que l’action de la thyroxine sur la métamorphose des têtards était infiniment plus active que celle des autres composés iodés.

Elle accélérait la métamorphose d'œufs de grenouille à une concentration variant d’un millionième à 5 billionièmes. Les œufs étaient placés dans 500 cmc. d'une solution de thyroxine contenant de 1/1.000.000 à 1/10.000.000 pendant des périodes variant de 24 à 48 heures.

Entre les traitements, les larves étaient placées dans 1.000 cmc. d’eau pure. Après 2 traitements à la thyroxine la métamorphose devint évidente.

Ablin, au cours de travaux très importants, montra lui aussi qu'une plus grande rapidité de métamorphose était obtenue avec\a thyroxine.

Les expériences de Gaddum portèrent surtout sur la démonstration du fait que les résultats obte-

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nus avec la thyroxine étaient absolument identiques à ceux obtenus avec les extraits thyroïdiens.

Swingle expérimenta sur des axolotls ou larves d'amblystomes et Fontès et Aron sur des larves d’anoures avec le même succès. Gourrier rapporte aussi des résultats confirmant ceux des travaux précédents.

Lenhart, qui a expérimenté sur des têtards, en 1915, trouve que l'activité et la puissance de l’hormone thyroïdienne sont mesurables en terme de son contenu en iode : il fait aussi remarquer que la réaction sur les têtards est si sensible que l’expérience pourrait servir comme épreuve biologique pour la détermination de l’activité des tissus thyroïdiens.

Mme Zawadowski découvre que la rapidité de la métamorphose des axolotls présente des modalités en rapport avec la concentration de l’hormone thyroïdienne utilisée. Elle conclut que ces réactions de la thyroxine fournissent une méthode favorable pour la détermination de la teneur en thyroxine des diverses préparations thyroïdiennes.

D’autres expériences de Térao et Wakamori sur les cocons et les larves montrent que, si la thyroxine n’a pas d'effet immédiat, les cocons de la deuxième génération sont plus petits et contiennent plus de soie que ceux de la première.

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Action sur la croissance.

Des expériences de Cameron et Carmichael, rapportées par Kendall, il découle que l'influence de la thyroxine ou autres substances thyroïdiennes sur de jeunes animaux se manifeste de 2 façons :

1° Par un retard de croissance des animaux (rats et lapins) soumis au traitement.

2° Par une hypertrophie de certains organes tels que le cœur, le foie, les reins, le pancréas et les surrénales. Si la dose de thyroxine est suflisante on remarque aussi un retard notable de la croissance de la glande thyroïde qui a l’air anémique et semble se mettre au repos.

Hewit démontra ensuite que cette hypertrophie n’est que temporaire et qu’elle cesse dès que le traitement à la thyroxine est interrompu, les organes revenant rapidement à leurs proportions normales.

De plus (Cameron et Carmichael) après cessation de la thyroxine, le taux de croissance qui avait été diminué redevient normal et même il se trouve accru de sorte que les animaux soumis au traitement se trouvent plus lourds que les animaux témoins à la fin de l’expérience.

Ces résultats sont expliqués par les auteurs de la facon suivante : l'influence de la thyroxine produirait un catabolisme anormal des tissus ét en même temps une oxydation immédiate des principes nutritifs en circulation, qui ont été détruits en grande

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