ED
partie avant d’avoir pu être utilisés par les cellules des tissus. Cet accroissement de l’activité des tissus aurait provoqué une hypertrophie des organes essentiels du corps : cœur, foie, reins, pancréas, et surrénales à l'exception de la glande thyroïde ellemême qu'on a trouvée au repos à cause de l'absence de stimulation. De nouvelles recherches sont nécessaires pour confirmer cette théorie.
Kunde et William constatent du rachitisme chez les rats éthyroïdés, rachitisme qu'aucune quantité d'huile de foie de morue n'a pu améliorer, ce qui prouverait l'influence importante de la thyroxine sur la croissance et la calcification des os,
D'autre part chez les cobayes hyperthyroïdés, Stefanescu, en 1927,constate une ossification plus avancée des cartilages de conjugaison que chez les animaux témoins.
Enfin Lun Sarkar et Brown démontrèrent son effet sur la moelle des os. L'absence de thyroïde en affaiblirait l’activité.
Action sur les phanères.
En 192%, Sutherland-et Simpson étudièrent l'etat hypothyroïdien sur un grand nombre de chèvres et de moutons thyroïdectomisés et entre autres résultats trouvèrent que cette opération avait un eflet marquè sur le système cutané de ces animaux. Dans la plupart des cas il y avait perte de laine par plaques et diminution notable au poids total de la toison.
pa, OR
De plus, le taux de la croissance des cornes était fortement retardé et cet état était lié directement à la perte de la fonction thyroïdienne.
Il est d’ailleurs curieux de constater la naissance d'animaux complètement dépourvus de poils (porcs et moutons) dans les régions à goître.
Cette condition peut être rapidement améliorée et même complètement guérie par administration d’iode (Kendall). (1) Torrey et Honing, Parhon et Fils, Parhon et Parhon observent des modifications de plumage des jeunes oiseaux, oies, canards et poulets, après administration de thyroxine,changements qui seraient accompagnés d’un retard de croissance ; mais cépendant ils remarquent que l’iode libre ou en combinaison organique ne produit pas ces phénomènes.
Cole et Reïd firent les mêmes expériences et les mêmes constatations en opérant sur des poules. à plumage brun.
Zawadowski administra de la thyroxine à des volailles qui commencèrent à perdre leurs plumes 7 à 8 jours après l’administration du produit.
Zawadowski et Rochlinrecommencçant cette expérience, notent une raréfaction des plumes mais pas de blanchiment. Krizenecki et Nevalonnyi observent au cours de leurs travaux : perte du plumage, dépigmentation et albinisme partiel ; toutefois cette
1. Il y a lieu de tenir grand compte des résultats obtenus sui-
vant les doses employées : ce qui expliquerait les résultats d’expériences contradictoires en apparence.
dépigmentation ne semblait pas être permanente et cessait avec la cessation du traitement thyroïidien.
Mais c’est Sainton, Sainton et Mamou, Sainton et Simonet en France qui ont fait des travaux tout à fait concluants sur « l’'Hyperthyroïdisation intensive chez les gallinacés et son analogie avec le même phénomène chez l’homme ».
Ils obtinrent chez des poules noires un blanchiment marqué des plumes, et arrivèrent après de nombreuses expériences à la conclusion que : « un caractère phanérien acquis par hyperthyroïdisation est transmissible héréditairement ». |
En somme, on peut résumer ainsi l’action de la thyroxine sur les phanères: retardement du taux de croissance des cornes et des ongles, affaiblissement et chute des poils et des plumes, blanchiment des poils et des plumes, ces caractères acquis devenant transmissibles héréditairement.
Augmentation de la résistance de la souris bianche à l'intoxication par l’acétonitrile.
En 1905 les travaux de Notkin, Wormser et Blum mirent en lumière la notion du pouvoir désintoxicant de la thyroïde.
Blum, surtout, croyait que la glande n’avait pas de sécrétion, mais agissait comme un filtré, désintoxiquait les produits que le sang lui amenait, et
que les composés iodés rendaient la glande capable de jouer ce rôle de filtre.
Plus tard Hunt découvre que l'effet toxique de l’acétonitrile est diminué chez la souris par l’administration de substance thyroïdienne. Ce phénomène est spécial à la souris blanche sans que de nombreuses investigations aient pu en révéler la raison. De très nombreuses expériences furent alors faites, notamment par Hunt, Wuth, Von Zwbhel, Salomon Straub, etc...
Leurs conclusions sont semblables et peuvent se résumer comme suit : bien que la réaction dépende du régime et d’autres facteurs, elle constitue néanmoins une méthode d’achoppement pour l’activité des préparations thyroïdiennes. L'activité de la thyroïde, comme désintoxicant est proportionnelle à sa teneur en iode et la thyroxine protège la souris contre l’intoxication par l’acétonitrile au même titre que la substance thyroïdienne.
Il est intéressant de noter que Reid Hunt trouve aussi, après des expériences comparatives, que 0 mgr. 05 de thyroxine augmente la résistance de la souris autant que 10 mgr. de glande.
C'est par la méthode de Hunt qu’on a pu découvrir la présence d’hormone thyroïdienne dans le sang des patients atteints d'hyperthyroïdisme.
P, Martin 3
HT
Stimulation du métabolisme basal.
En 1897, Voit, qui étudie l’action des substances thyroïdiennes sur des chiens remarque qu'après administration de thyroïde l’excrétion de gaz carbonique de ces chiens est augmentée de 20 % environ.
Hildebrandt et Haffner, en 1922, font ingérer à
un rat, à l’aide d’une sonde œsophagienne 0 mgr. 1 de thyroxine ; après 6 à 8 heures ils constatent : une chute de poids qui se poursuit pendant 2 ou 3 jours; de la 12e à la 24e heure une augmentation du M. B. quise maintient pendant 3 ou 4 jours mais revient ensuite à la normale.
. Arnoldi, en 1926, étudie l’action de la thyroxine sur le métabolisme du rat et constate que, dans les quelques heures (2 à 4) qui suivent l'administration du produit, le M. B. décroit pour remonter ensuite au bout d’environ 18 heures, et que l'effet est proportionnel à la dose administrée.
Sturgis chez les lapins, Sierens et Noyon sur des pigeons, expérimentent avec les mêmes résultats ; ils découvrent aussi que l'intensité de l’effet et sa rapidité dépendent directement de la quantité du produit administrée.
Toutes ces observations concordent et justifient le rôle que donne Von Norden à la glande thyroïde en 1912 : « la thyroïde agit sur l'oxydation comme un soufflet ravive un feu ».
Effet diurétique.
C'est en 1895 que Roos s’aperçut que, sous l’influence de la glande thyroïde desséchée, le volume d'urine excrétée par un chien augmentait sensiblement. Avec 3 gr. de glande desséchée, ce volume passe de 500 cmc. à 800 cmc. pour retomber à 270 cmc. 11 jours après l'administration du produit. De la même façon l'urée excrétée passe de 14 gr. 4 à 36 gr. 4.
Plus tard, il recommença ses expériences en variant la teneur en iode de la glande administrée ; le volume de l’urine ne varia pas sensiblement, mais le poids de l’urée augmenta avec la teneur en iode. Après avoir fait ces expériences avec de la glande desséchée il les reproduisit avec de la thyroxine et conclut que la thyroxine a, sur le mnetsbolisie de l’azote, la même influence que la glande thyroïde fraîche ou desséchée.
Ces résultats furent également confirmés par les recherches de Alice Rhode et Mabel ASIN sur
le métabolisme azoté des chiens.
Influence de ia Thyroxine sur l’homme normal.
Les travaux de Müller en 1895 sur la perte de poids du corps après ingestion de thyroïde, ceux de Magnus-Lévy en 1896, mirent en, lumière l'in.
fluence de la glande thyroïde sur les échanges gazeux et le métabolisme de l’azote.
Magnus-Lévy montra que l'ingestion de glande thyroïde desséchée provoque une augmentation de la consommation de loxygène, une augmentation de l’élimination du CO? et de l’azote, cela en dépit d’un régime très riche en calories. Il intérprétait ce phénomène par l’action toxique de la thyroïde, mais attirait l'attention sur le caractère temporaire de cette élimination et concluait que cette perte soudaine de l'azote n’était pas due à l'épuisement des réserves de graisse du corps puisqu'elle ne se produisait qu’au début de l'expérience.
Schondorf (1897) démontra que dans les premiers stades qui suivent l’administration de thyroïde ou de préparation thyroïdienne il se produit une élimination des substances azotées accumulées dans les tissus, mais que plus tard a lieu une véritable destruction des « protéines organisées » ayant pour but de subvenir à l’augmentation des dépenses énergétiques.
D'importants travaux furent faits par Hirschlaff (1899), Von Bergmann (1909), Salomon (1904) et Steyrer (1907) sur le métabolisme respiratoire des hyperthyroïdiens, de même que par Graf (1923), Boothby et Sandiford (1924), Aub (1922), Means (1915), Du Bois (1916), etc.
Peu de médecinsont étudié ou publié le résultat d'expériences sur l’action dela thyroxine ou des substances thyroïdiernes sur l'homme normal. Ce-
ce
CN nc e- î
Période
pendant Boothby, Sandiford et Slosse relatent (dans les Archives des Maladies de l'appareil digestif) l'expérience suivante faite sur un Sujet normal de 27 ans pesant au début de l'expérience 68 kgr.
DATE Poids, Q.R. |Galorion tot M. B.% DOSES DE THYROXINE 7 au 10 oct. | 68 kgs | 0,76 64,3 | — 11 11-16 oct. 67,3 0,76 67 = À 17-19 oct. 67 0,73 | 663 | — 8 20 oct. 67,9 0,74 65,8 — 9 8 mlg. intra-vein. à 21 67,1 0,77 72,6 EI A RAT 22 675 070 Ter Se 93 66,3 079: "967 TAP8 % 66,2 DS Lot Las 925 66,4 0,80 | 758 | L6 26 10 milg. intra-vein.
27 65,9 0,75 | 838 | + 18 3 h. 25 98 65,7 0,74 | 842 | + 49 29 65,3 0,77 86,5 | 93 30 64,7 0,76 | 884 | + 9% | 34 64,4 0276-k ÉD 44e 17 : nov. 64,9 0,80 | 86,1 + 22 3 65 OT Se 0) 4 64,9 0,78 82,1 Hi 5 65 074 899 4-20 6 65,11 | 0,75 | 81 | +15 | 7 64,7 0,77 |" 749 +46 8 65 072766. LS
Les auteurs notèrent aussi des réactions subjectives du sujet normal. Elles sont identiques à celles des sujets myxæœdémateux sur lesquels ils expérimen-
tent en même temps et sont par ordre de fréquence:
Maux de tête ; Douleurs des muscles et des os ; Anorexie ;
Nausées ;
les premiers symptômes apparaissant environ 12 heures après l'administration, augmentant du 8° au 8e jour pour disparaître progressivement.
Au sujet de l'expérience ci-dessus les auteurs font remarquer que, du fait de la perte en poids, le calcul du métabolisme exprimé en pourcentage s’élève proportionnellement plus que celui des calories calculées par heure.
Il résulte également de cette expérience que, dès le lendemain de l'injection intraveineuse de thyroxine, la quantité de chaleur s'élève nettement audessus de son niveau primitifet qu’à la fin du 1% jour l'élévation du métabolisme atteint la moitié de l'élévation totale qui ne sera atteinte que dans quelques Jours.
L’élévation du M. B. a été dans ce cas de moins 9 à plus 6 c’est-à-dire de 15 % pour une injection de 8 mgr. de thyroxine. Les chiffres donnés par Plummer et Boothby sont de 28 %, mais pour un myxœdémateux. Après la 2° injection, le M. B. atteint son maximum le 4 jour, se maintient en plateau pendant quelques jours, puis redescend graduellement, bien qu’à la fin de l'expérience il soit encore à 15 % au-dessus de son niveau primitif.
On n’a pas beaucoup de données sur l’action. de la thyroxine sur le pouls et la T. A. chez l’homme normal. Les résultats de ces observations sont souvent contradictoires. Cependant Holboll de Copenhague a expérimenté sur 25 sujets et donne les résultats suivants :
OO
10/25 font de l’hyperthyroïdisme dans le traitement pour adiposité ;
25/25 : augmentation du pouls ;
10/25 : T. À. abaissée et augmentation des réactions sédimentaires ;
4/25 : décroissance de l’hémoglobine.
De ces expériences on peut tirer les conclusions suivantes :
L'action de la thyroxine se manifeste sur le métabolisme général d’un organisme et particulièrement sur les échanges respiratoires ;
Le pouls est également influencé : le nombre des pulsations s'élève.
Les modifications de la tension artérielle sont
inconstantes. En général elle est abaissée.
Mode d'action de la Thyroxine.
Des expériences nombreuses ont été faites pour connaître exactement le mode d'action de la thyroxine. Jusqu'à présent on doit s’en tenir à des hypothèses, mais cependant il nous semble intéressant d’en dire quelques mots.
En ce qui concerne la notion du véhicule qui transporte la thyroxine dans l'organisme, les résultats sont unanimes : la thyroxine quitte la glande en combinaison avec la molécule des protéines du sérum. Les expériences de Zawadowski et de ses collaborateurs prouvent que la thyroxine n’est
transportée ni par les globules ni par la fibrine,