‹ Etude De La Thyroxine Synthétique Et De Son Emploi ThérapeutiqueChapitre 15 sur 37 · AUS · texte numérisé non relu

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mais que sa présence a été démontrée dans le sérum des animaux auxquels on l’avait administrée. D'autre part les recherches de Bright et Uridil montrent que l’augmentation du M. B. après administration du thyroxine ne peut s'expliquer par activité musculaire, fibrillation musculaire ou augmentation du tonus musculaire, |

’ Cependant on n’a pas encore pu montrer si cette action se produit par l'intermédiaire du sympathique ou du moins si elle a une action directe sur le sympathique. Magnus-Lévy pensait qu’elle agissait directement ou indirectement sur les tissus du corps par les nerfs. Krogh, qui avait expérimenté avec de la glande thyroïde desséchée, trouva qu’elle avait une action moindre sur le M. B. d’une grenouille après que les nerfs des extrémités étaient coupés et elle en conclut que l’augmentation du M. B. est causée par une augmentation du tonus musculaire parirritation du système nerveux autonome, opinion qui est en désaccord avec celle des auteurs cités plus haut.

Pour Abderhalden et Wertheimer, l'action de la thyroxine se produit par le sympathique ; ils ont d’abord administré de l’ergotamine qui inhibe le sympathique, fait baisser la température et le M. B. À ce moment l'administration de thyroxine ramène la température et le M. B. à la normale, mais à partir de ce point, et quelle que soit la dose de thyroxine administrée, le M. B. et la température ne remontent pas au-dessus de la normale. Ils en con-

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cluent alors que le sympathique était demeuré sous l’action de l’ergotamine.

Geci d’ailleurs ne tranche pas la question car il n'ést pas prouvé que les phénomènes de sympathicotonie produits par l’absorption de la thyroxine ou des ‘extraits thyroïdiens soient dûs directement à l’action de ces substances. Il est en effet évident que la glande qui agit le plus sûrement sur le sympathique est la capsule surrénale, Cannon et l'Ecole américaine admettent que le système végétatif est seulement sensibilisé par la thyroxine et que leflet sur le sympathique est dû à la sécrétion surrénalienne. Comme nous le verrons, c’est sur ce principe qu'est basé le test adrénalinique susceptible de révéler l’hypérthyroïdie, le signe de Goetsch. D'autre part Asher et ses élèves ont noté dans certains cas une excitation du pneumogastrique après administration d'extraits thyroïdiens, tout au moins pour de faibles doses.

Nous verrons plus loin dans l’une de nos observations, que l’exophtalmie provoquée chez la malade par le traitement thyroxine-adrénaline rétrocéda lorsqu'on supprima l'adrénaline. Ceci tendrait à prouver que bien des symptômes basedowiens, qui ne sont en somme que des symptômes d’excitation du sympathique, sont dus, ainsi qu'on l’a déjà soutenu, mais sans être parvenu à le prouver, à l’excès de l’adrénaline en circulation dans le sang.

Lusk en 1913 note que l'administration de thyroxine détermine une augmentation de la produc-

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tion de chaleur associée à une élimination de glucosides dans l’urine et que, lorsque la glande thyroïde est enlevée, il ne se produit pas d'augmentation de chaleur. Il en conclut que le métabolisme des protéines n'étant pas accru, il ne se produit pas d’augmentation du M. B. par l’action des acides aminés.

Mouzon pense que les propriétés diurétiques de la thyroxine, de même que celles des extraits thyroidiens, sont dues à une action périphérique : la section de la moelle cervicale n'empêche pas la diurèse (Fujimaki Yonosuke et Hildebrandt). Il ajoute : « les expériences de Haffner sur l’action de la thyroxine dans l’intoxication cyanhydrique rapprochées de celles de Asher avec des extraits thyroïdiens font penser que l'hormone agirait sur la phase anaérobie du métabolisme cellulaire et que l’augmentation de Ja consommation d'oxygène serait en quelque sorte un phénomène réactionnel secondaire aux modifications intimes que subirait le métabolisme anaérobie ».

Dueul, Sandiford, Sandiford et Boothby font remarquer que malgré l’augmentation temporaire du métabolisme des protéines par l'administration de thyroxine, la présence prolongée de grandes quantités de thyroxine dans l'organisme ne donne pas une augmentation continue du métabolisme des . protéines. Les résultats de leurs expériences donnent une place importante à l'effet de la thyroïde sur la consommation d’oxygène et l’élimination de l'azote secondaires à une période d’activité thyroï-

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dienne. On a déjà suggéré que la thyroïde agit comme un soufllet sur le feu ; Plummer la compare au cylindre d’un moteur à combustion interne. On peut conclure que la première réaction amenée par un changement de concentration de la thyroxine dans les tissus de l'organisme est associée intimement à une augmentation de la consommation d'oxygène et de l'élimination du COZ.

Le problème semble doncse réduire à la question de savoir comment la molécule de thyroxine peut produire une augmentation dela vitesse de consommation d'oxygène et d'élimination de CO?. Pour poser ainsi le problème il fallait être sûr que c'était la molécule de thyroxine qui agissait. Lorsqu'on soumet la glande thyroïde à l’hydrolyse acide, plus de la moitié de la glande se dissout dans l'acide ; cependant cette solution ne possède aucune action physiologique.

Veil et Sturm démontrent que les urines ne contiennent pas d’iode après une injection de thyroxine, alors que des recherches de Blum, Grutzner, Oswald Krayer, il résulte qu'une certaine quantité d’iode est éliminée après administration des autres composés iodés de la thyroïde : di-iodothyrosine, iodothyréoglobuline. Ces résultats semblent indiquer que ces substances subissent dans l'organisme une hydrolyse semblable à celle que Kendall fit subir aux matériaux desquels il isola la thyroxine. On peut aussi en conclure, dit Kendall, « que l’iode

existant dans la glande ne l’est pas tout dans la

même combinaison et par conséquent ne s’y trouve pas tout sous la forme de thyroxine ». Ce fait a été prouvé lorsqu'il fut impossible à Kendall d'isoler la thyroxine de glandes physiclogiquement actives.

Avant qué la formule de la thyroxine fut connueil était impossible d’affirmer que la molécule de thyroxine était affectée par un processus d’oxydationréduction et devenait capable à son tour d’influëncer la vitesse du processus d’oxydation qui a lieu dans l’organisme,

Le problème le plus significatif est celui des réactions chimiques influencées par la thyroxine. Il se pose de la façon suivante : cette substance peutelle exister dans une forme susceptible d’être oxydée et réduite, ou ces deux formes sont-elles engagées dans le mécanisme de la réaction qui modifie la vitesse du processus d’oxydation dans les tissus ?

Des expériences faites 22 vitro il semble difficile d'admettre que la thyroxine puisse être facilement oxydée, car elle demeure stable en présence de la lessive de soude concentrée et n’est pas facilement

affectée, du moins dans un temps relativement court,

par de l’oxygèné moléculaire ou de l’eau oxygénée

diluée.

D'autre part la thÿroxine placée dans solution tampon de phosphate d'une concentration en ion H approximativement semblable à celle du corps humain se décomposefacilement, et par la couleur de la

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solution il est évident que des changements chimi ques, peut-être des oxydations, ont lieu, Pour déterminer quantitativement l'influence des colorants oxydants sur la thyroxine, ce composé fut dissous dans de la lessive de soude diluée et ajouté à une solution tampon de phosphate à Ph égal à 7,4. 11 demeura entièrement stable en présence de disulfonate de soude, bleu de méthylène et dibromophénol indolphénol ce qui permet de penser qu’avant que la thyroxine puisse déclancher son action physiologique il faut qu’elle soit modifiée par l’addition d’un groupe, peut être un hydroxyl. C’est aussi ce qui explique que l’action de la thyroxine ne se produise pas immédiatement et que cette action ne commence qu'au bout d’un certain nombre de Jours. Il doit se produire, avant que la thyroxine puisse être incorporée au protoplasma, un certain nombre de réactions profondes, La plus grande partie de la thyroxine semble utilisée dans ce processus car, lorsqu'on l’administre à petites doses, la quantité retrouvée dans la bile et dans l'urine est négligeable. /n vivo, la réponse quantitative de la thyroxine ne dépend pas seulement du régime mais aussi de la présence d’autres composés physiologiquement actifs dans le corps. Abderhalden montre que l’action de la thyroxine est altérée considérablement par la présence de l’ergotamine. IL démontre aussi que le M. B. après administration de thyroxine augmente peu et pendant peu de temps si le régime est : composé principalement d’hydrates de carbone. Le

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