‹ Etude De La Thyroxine Synthétique Et De Son Emploi ThérapeutiqueChapitre 27 sur 37 · LL OS · texte numérisé non relu

LL OS

Système pileux normal.

Les articulations des doigts, des mains et des poignets sont augmentées de volume, les doigts violacés. Les mouvements de flexion et d'extension de ces articulations sont très limités.

Les coudes, globuleux, surtout le gauche, sont diffcilement mobilisables. Le mouvement de flexion s'effectue péniblement mais en totalité. L'extension ne dépasse pas, à gauche 90°, à droite 1000 environ.

Les épaules ont un aspect normal mais les mouvements sont légèrement limités. En particulier il est impossible de mettre la main derrière la nuque.

La sterno-claviculaire droite est très augmentée de volume, À gauche, après avoir été aussi volumineuse que l’autre, elle a repris son état normal.

Les genoux sont globuleux, les méplats effacés. Les mouvements de flexion sont très limités.

Les tibio-tarsiennes sont très augmentées de volume.

Les jambes sont cylindriques, l’œdème gardant l'em preinte des doigts. On note des 2 côtés de l’érythrocyanose localisée à la région sous-malléolaire.

Deux orteils en marteau, douloureux.

Les douleurs, notables aux mains, coudes, genoux et pieds, après avoir été aiguës et lancinantes sont maintenant plus sourdes. Il s’agit plutôt d’un engourdissement, surtout marqué pendant le repos. Elles ne sont pas augmentées par les mouvements.

Tous les autres appareils sont normaux.

Urines normales. *

M. B. le 23 mars 1931. Appareil de Benedict.

4 courbes : 39-35-34-37.

M. B. moyen trouvé : 36. M. B. théorique : 35.

Pourcentage de variation : + 3 %.

Malgré ce M. B. normal, et bien que nous ayions posé le diagnostie de rhumatisme ovarien, en égard aux troubles menstruels, nous faisons 1/2 milligramme de thyroxine synthétique en injection hypodermique chaque jour. La malade supporte très bien l'injection qui n’est pas douloureuse. Au bout de 4 jours nous faisons r mgr. Le 9° jour, soit après » mgr. de thyroxine, la malade se plaint de céphalée, étourdissements puis diarrhée. Le pouls est à 95, la tension artérielle toujours à 13-9. On cesse le traitement au 10€ jour.

Le 3 avril 1931, pourcentage de variation du M.B. : + 20 %.

Il n’y a eu aucune amélioration.

Dans ces deux cas, le métabolisme basal normal les données de la clinique nous avaient fait poser le diagnostic de rhumatisme ovarien. Nous avons commencé un traitement thyroxinien. Nous n'avons pas pu le poursuivre, nos deux patientes ayant présenté rapidement des troubles d’hyperthyroxinisation.

OBSERVATION IX (personnelle).

Mme L..., 39 ans, mécanicienne.

Début dela maladie : 1924.

Entre le 11 juin 1930 parce qu’elle souffre de ses articu

lations.

ER

Antécédents. — Son père souffrait de rhumatismes.

Pas d'antécédents collatéraux,

Antécédents personnels. — Mariée à 31 ans. Mari bien portant. Un garçon de 6 ans et demi. Pas de fausses couches. Réglée à 179 ans, normalement,

Pas de maladies antérieures. je

En janvier 1924, 15 jours après son accouchement, elle

éprouve de la difficulté à marcher et souffre des jambes. Cependant cet état s'améliore assez vite jusqu'en janvier A ce moment elle éprouve de nouveau de la difficulté à marcher, On la soigne pour rhumatisme articulaire, Par la suite les épaules sont prises puis toutes les autres articulations et cette atteinte persiste jusqu’à ce jour,

Les règles qui étaient restées normales jusqu'en janvier 1929 apparaissent alors toujours en retard, de 15 jours à un mois.

Examen. — Il s'agit d’une personne grasse. Le tissu adi-

peux est également réparti sur tout le corps. Les articula:

tions, en particulier des doigts, poignets, genoux (gauche

surtout), pieäs, orteils sont déformées et volumineuses. La plupart des mouvements sont limités et provoquent de la douleur surtout aux mains et aux épaules. Il existe-de Ja douleur à la pression.

Rien aux différents appareils. |

On note des taches pigmentaires sur Île visage et sur les mains. Les cheveux sont gris, fins, le système pileux est peu développé.

On ne sent pas le corps thyroïde.

Poids : 91 kgr. 400.

te

Taille : r m. 59.

Pouls : 65.

T. A. : 12,5 - 9,5 (Vaquez).

On recherche le M. B. qui est abaissé de 20 %.

Il s’agit, vu les signes cliniques et le taux du M. B., d’un rhumatisme chronique hypothyroïdien. ;

Nous commençons un traitement par injections de 1/2 milligramme de thyroxine synthétique par jour, puis, au bout de 4 jours, nous portons la dose à 1 mgr. Cette médication est très bien supportée. Après 12 mgr. la douleur provoquée par les mouvements est beaucoup moins intense. La marche s'améliore.

Le pouls est à 80, la tension à 14,8.

A la 20€ injection, toutes les articulations ont diminué de volume ; en particulier les mouvements des doigts deviennent possibles. La malade se sent considérablement améliorée. Le métabolisme est redevenu normal. La malade

quitte le service.

OBSERVATION X (personnelle).

M.R..., 27 ans. Garçon de cuisine.

Entre le 19 décembre 1930 pour rhumatisme articulaire.

Antécédents. — On note dans ses antécédents collatéraux une sœur morte de péritonite bacillaire.

Antécédentis personnels. — Jamais malade jusqu’en décembre 1924.

A cette époque, blennorragie qui dure 3 mois. Il est soigné à Cochin (grands lavages, puis néo-Dmégon).

P. Martin 6

Histoire de la maladie. — Première poussée de rhuma-

tisme en juin 1925.

Seules les petites articulations des mains et des pieds

sont atteintes.

A la Pitié on lui fait des injections de vaccin antigonococcique.

Amélioration après 4 mois environ.

Deuxième poussée en avril 1927.

Cette fois ce sont le poignet gauche et les talons qui sont atteints.

On le iraite par différents vaccins antigono.

Guérison après 5 mois.

Troisième poussée en juillet 1929.

Mêmes localisations.

Même traitement.

Amélioration après 4 mois.

On le passe en chirurgie le 4 janvier 1930 pour l’opérer d’exostoses aux deux pieds.

Quatrième poussée le 10 décembre 1930.

Le poignet gauche, les articulations tarsiennes, les orteils sont atteints.

Le 19 décembre 1930 il entre à l'Hôtel-Dieu.

On lui fait 2 injections de gonacrine et on lui donne 3 gr. de salicylate de soude per os chaque jour.

Examen. — Le 20 janvier 1931, il n’y a aucune amélioration.

Aucune adiposité.

Légère scoliose dorsale.

Les différents appareils sont normaux. Cependant on notc

un assourdissement des bruits du cœur.

PACA

Audition diminuée à gauche

Erythrocyanose 1aarquée et refroidissement des extrémités.

Aux membres on remarque encore un affaissement total des voûtes plantaires et la suppression des saillies du calcanéum,

Les grosses articulations sont indemnes, mais les mouvements du poignet gauche, des métacarpo-phalangiennes gauches, des articulations tarsiennes bilatérales sont douloureux.

Le poignet gauche est augmenté de volume. La peau est tendue, brillante et de couleur violacée.

Les articulations des pieds sont également augmentées de volume, La peau n’y est ni luisante ni tendue.

La marche est extrêmement difficile.

Poids : 69 kgr.

Pouls : 62,

Le 23 janvier 1931, on mesure le métabolisme basal, Le chiffre trouvé est de 29, soit un pourcentage de variation de — 27 %. ns

On commence immédiatement un traitement thyroxinien à la dose de 1 mgr. par jour en injection bypodermique.

Il n'y a jamais aucun incident. Le pouls atteint rapidement 80 et s’y maintient. La T. A. reste à son chiffre primitif.

Le 13 février 1931 le malade se trouve amélioré.

11 ne souffre plus des pieds et la marche est beaucoup plus facile. Le poignet gauche est encore douloureux. On a

injecté 21 mgr. de thyroxine.

RES ee

| Le 19 février 1931 l'amélioration s’est accentnée.

Les douleurs ont complètement disparu Le poignet a nettement diminué de volume ; la peau y est redevenue normale. La dépression interstyloïdienne apparaît.

Le 23 février le métabolisme basal s'est élevé à + 11 %,

Le malade, se trouvant en excellent était, demande à

quitter l'hôpital,

Ces quatre observations montrent non seulement l'action de la thyroxine dans des rhumatismes chroniques de causes différentes mais elles nous permettent de constater déjà que, lorsque le métabolisme basal est normal ou — à fortiori —- au-dessus de la normale, le traitement thyroxinien n’est pas indiqué puisqu'il provoque rapidement des troubles d'intoxication thyroxinienne. Au contraire dans les deux dernières observations, qui rapportent des cas de rhumatisme chronique par insuffisance thyroïdienne, avec un métabolisme basal nettement abaissé, le traitement thyroxinien peut être mis en œuvre-sans provoquer la moindre intolérance.

L'observation X en particulier est extrêmement intéressante, puisque le malade ne présentait pas de signes cliniques d’hypothyroïdie autres que ce rhumatisme rebelle aux médications utilisées, médications qui visaient toutes la gonococcie, début de l’affection. Ce fut le taux très abaissé du métabolisme basal qui nous engagea à combattre l’insuffisance probable de sa thyroïde. Le résultat fut extrémement rapide et concluant.

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