‹ Etude De La Thyroxine Synthétique Et De Son Emploi ThérapeutiqueChapitre 29 sur 37 · OBSERVATION XI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XI

(Sainton et Doumer).

* Une femme de 43 ans présente depuis plusieurs années un syndrome de néphrite chronique hydropigène et azotémique. Malgré divers traitements, son état reste le même et ses œdèmes en particulier persistent.

Sans demander l'avis de son médecin, elle prend en cachette de l'extrait thyroïdien, qui l’améliore d’une façon très sensible: Elle est alors soumise à un traitement systématique. L’effet est tellement surprenant qu’elle continue à absorber pendant cinq ans o gr. 4o d'extrait thyroïdien par jour. Au bout de ce temps elle est devenue véritablement thyroïdomane.

On substitue alors à l'extrait de la thyroxine synthétique par voie sous-cutanée à raison de 1 milligramme par jour pendant 10 jours, puis par voie buccale à raison de 2 milligrammes par jour.

La malade manifesta le même bien-être que sous l'in-

fluence de l'extrait thyroïdien.

On n’observa aucun phénomène d’intolérance, tout au

plus une légère tachycardie et de rares bouffées de chaleur

pendant les premiers jours.

E. — Affections Cutanées. Sclérodermie.

Les? observations empruntées à Sainton et Mamou montrent l'efficacité de la thyroxine dans le traite-

ment de la sclérodermie.

OBSERVATION XII (Résumé).

Mme D..., malade suivie depuis 10 ans, atteinte de sclérodermie en bandes unilatérales de la cuisse et de la jambe. Traitée par l’extrait thyroïdien à doses progressives de o gr. 20 à o gr. 60, cette malade, dont l'observation a été citée à diverses reprises, présente du thyroïdisme alimentaire, tachycardie, tremblement, éclat du regard. La malade perdue de vue revient à l’Hôtel-Dieu en 1930, après avoir suivi des traitements très intermittents ; elle revient aggravée.

La plaque sclérodermique s’est étendue, s’est indurée et parcheminée à nouveau. Un traitement par injection de thyroxine à la dose de 1/2 milligramme 5 jours par semaine, avec une interruption de 8 jours par mois a amélioré immédiatement la lésion cutanée ; aucun accident d'hyperthyroï-

disme n’a été observé cette fois.

OBSERVATION XIII (Résumé).

(Sainton et Mamou),

Un sujet de 25 ans atteint de selérodermie, avec insuffi-

sance thyro-testiculaire et cataracte fut soumis au trai-

SE

tement thyroxinien en injections sous-cutanées, tous les 2 jours ; il reçut 6 milligrammes de thyroxine. Le malade présenta des accidents d’hyerthyroïdisme net, tachycardie, tremblement, troubles du caractère: ceux-ci forcèrent à suspendre le traitement thyroxinien, quoique la lésion

sclérodermique fut très notablement améliorée.

Dans ces observations comme dans les épreuves expérimentales on a pu constater que la thyroxine était qualitativement équivalente à l'extrait thyroïdien. Nous l'avons même vu agir là où l'extrait thyroïdien n'avait pas donné de résultats. Son action sur le métabolisme basal, facile à contrôler, a toujours été très nette et très régulière. Mais nous ne trouvons pas le même chiffre que les auteurs américains en ce qui concerne la relation quantitative entre la dose administrée et l’élévation du métabolisme.

Boothby et Plummer concluent de leurs expériences que 1 mgr. de thyroxine intraveineuse fait monter le M. B. de 2,8 %. D'autres expériences faites par Boothby, il résulte que l’augmentation moyenne, portant sur 4 cas suivis pendant des

périodes suffisantes n’est que de 2,2 %.

Il est à noter que ces chiffres ont été obtenus

par l'administration intraveineuse massive de la thyroxine. suivant la méthode habituelle de cès auteurs. Dans ros expériences personnelles, portant sur des cas suivis d’une façon attentive et pendant

des périodes suffisantes, nous trouvons une augmen-

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tation moyenne du MB de 1,6 % pour 1 ere de thyroxine,

À quoi tient cette différence ? : :

Toutes nos expérimentations nous cnt donné des résultats suffisamment voisins de 1,6 pour que nous puissions. considérer ce chiffre comme exact. Cependant le mode d'administration que nous employons diffère de celui des auteurs américains et c'est sans doute là qu'il faut rechercher la cause d’une différence aussi notable. Il est avéré que l’administration par voie digestive donne des résultats moindres que par les autres voies d'absorption (voir obs. III). La preuve en est que pour maintenir un métabolisme basal voisin de la normale chez un myxœdémateux la dose nécessaire per os est d’environ 1,5 mgr. par jour. Par voie intraveineuse il suffit de 0,8 mgr.de thyroxine, D’autre part lors de l'administration de thyroxine per os une partie de cette dernière s'élimine par la bile, les selles et les urines. Il est fort possible que la voie sous-cutanée soit responsable d’une certaine déperdition de la substance. En outre, l’administration par voie intraveineuse détermine des réactions d'ordre sympathique suffisamment violentes et durables pour que le métabolisme basal soit, lui aussi, influencé dans le sens de l'augmentation.

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