‹ Étude de langue internationale: RomanalChapitre 7 sur 21 · Æ TE · texte numérisé non relu

Æ TE

Considérons le radical primitif lepor : latin lepore, italien lepre, portugais et provençal lebre, espagnol liebre, français lièvre, roumain levre.

Tous ces mots se valent comme matériaux d'une langue nouvelle, mais constatons que la forme primitive s'est modifiée sans aucun accord conscient. Pour refaire cet accord nous adopterons le radical lepor, qui subsiste dans les dérivés nationaux, car les anglais ont l'adjectif leporine, alors qu'ils ont un substantif germain hase devenu hare. Le désordre est encore plus apparent en français, car nous adoptons hase pour la femelle du lièvre tout en conservant des dérivés comme léporin, léporide, léporaire.

Nous avons même emprunté à cette étymologie le mot lapin. au lieu de laisser à cet animal, différent de l’autre, le nom primitif que nous reprendrons dans la langue internationale (cuniculo).

On se préoccupera plutôt des racines que des mots complels, et cela se conçoit q le latin comprend des déclinaisons et des conjugaisons variées el irrégulières comme celle des langues modernes, mais le latin a l'avantage de ne faire varier habituellement que les désinences. Le mot latin se divise en deux parties ; une partie fixe el une partie mobile qui change d'aspect selon les cas, les personnes, les genres, etc.

On appelle radical la partie fixe qui est conservée dans toute la dérivation. C'est la portion fondamentale que nous adoptons.. La partie mobile a trop de formes pour une langue auxiliaire qui ne veut que le nécessaire.

Nous choisissons dans ces formes, celles qui sont indispensables et que nous étudierons plus tard, mais,pour le moment, 1etenons Ceci :

1°. — Nous adoptons les radicaux latins qui survivent dans nos langues, en leur donnant le sens le plus général.

Ils seront extraits, de préférence, du dictionnaire anglais qui est le plus respectueux de l'étymologie latine et qui nous procure les meilleurs dérivés. C'est ainsi que, des adjectifs anglais, on peut extraire des substantifs internationaux : exemples : de annual, mensual, ungual on obtient les substantifs: annue, mensue, ungue ; de hepatic on construit hepate au lieu du substantif français foie, et anglais liver. Les deux tiers des mots anglais appartiennent aux langues classiques.

2 — Au radical nous donnons les terminaisons réduites à une seule forme pour chaque rôle grammatical. Ces finales révèleront à première vue les parties du discours : le substantif, l'adjectif, le verbe, etc. ; elles montreront le nombre et le genre. Contrairement à l'exemple de nos langues, le genre

sera toujours naturel et un objet n'aura jamais de sexe artificiel.

3”. — On copicra dans là grammaire latine les, pelits mots invariables (prépos, conj., adv.}, puisqu'il n'y a ailleurs aucune internalionalité.

4°. On laissera intacts les mots scientifiques et les mots techniques devenus internationaux ; on ne changera donc rien à l'orthographe habituelle des mots comme : boa, borax, Java, jockey, Touring-Glub,. tennis, etc.

GE A défaut, des mots ci-dessus, sı on ne peut iraauire une expression nouvelle par un mot commun à deux langues de type différent (par ex. allemand et italien, anglais el français, russe et espagnol), on procède par analogie avec les mots savants. On prend une racine dans les langues mortes et on crée un dérivé assez expressif pour rappeler l'idée prin: cipale appliquée à un cas particulier. On y arrive facilement avec le secours des suffixes. On peut encore accoler plusieurs racines et on obtient des mots comme en français : bateau à vapeur que nous traduisons vapor-nave, chemin de fer se dira ferri-vie, etc.

La création des mots par accolement (composition) ou par affixes (dérivation) ne nécessitera jamais de loucher aux radicaux qui resteront toujours les mêmes. On n'imitera pas le français, quand il emprunte, par exemple, le mot bois a: germain et Je mot ligneux au latin, alors que le latin disait pour le substantif : lignum et pour l'adjectif lignosum. On n'imitera pas les discordances comme : sel, salière ; papier, paperasse ; main, menotte.

Ce serait perdre le bénéfice de la parenté que d'en rendre les liens mystérieux. Les mots primitifs sont peu nombreux, mais gardons-les intacts, pour mettre bien en évidence Vancêtre commun qui justifie toute la généalogie.

"Le mot lalin carrus a produit une nombreuse famille : char, chariot, charrette, charrelée, chsrrelier, charron charronnage charrue, charrier, charriage, charroi, charroyer, carrière, carrosse, carrosserie ,carrossier et même caricaturer. La parenté est ukile nour la mémoire, mais combien ces mols seraient plus faciles à retenir si Je radical était toujours car ou carr, char ou charr, si charrette donnait charrettée au lieu de charretée, ou si charretée venait de charrète.

Tous ces mots seront régularisés artificiellement, c'est-àdire que l'art remplacera la nature vicieuse..

Ne nous laissons done plus arrêter par des objections comme celle de Daudet : « Une langue artificielle ne peut s'adapter à des humains » ou celle de Gaubert : « La langue artifi-

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