‹ Etude de quelques Accidents consécutifs à l'ingestion du ChocolatChapitre 5 sur 17 · V. — CHARGES DE COURS · texte numérisé non relu

V. — CHARGES DE COURS

MM. MAUCLAIRE, agrégé............. Chargé du cours de chirurgie orthopédique chez l'adulte pour les accidentés du travail les mutilés de guerre et les infirmes adultes.

DAT DR CRE ST NE td PES SN CRE UE Ex Stomatologie.

CHAIDLAYAÆBER TE ERA RIRES Education physique.

LEDOUX-LEBARD ...... +........ Radiologie clinique, Rene ne

Par délibération en date du 9 décembre 1798, l'Ecole a arrêté que les opinions émises dans les dissertations qui lui seront présentées, doivent être considérées Comme propres à leurs auteurs et qu'elle n'entend, leur donner aucune approbation ni improbation.

À MoNSIEUR LE PROFESSEUR MARCEL LABBÉ

Qui a bien voulu me faire l’honneur de présider cete thèse.

À MONSIEUR LE DOCTEUR PAGNIEZ Médecin de l'Hôpital Saint-Antoine

A qui je dois l'inspiration de cette étude.

Aux Maîtres qui ont guidé mes études et m'ont enseigné l’art et science de la médecine

Stage :

Docteurs AUVRAY ET LARDENNOIS (Hôpital Laënnec)

PROFESSEUR ALBERT ROBIN, ET DocTEUR BITH (Hôpital Beaujon)

Externat :

Docteur RICHE (Hôpital Tenon) Docreurs RIST £T AMEUILLE (Hôpital Laënnec) DocTEUR PAGNIEZ (Hôpital Saint-Antoine) Ho ete LEGUEU (Hôpital Necker)

DocTEurR DARRÉ, (Hôpital Necker) PROFESSEUR AGRÉGÉ MOCQUOT (Hôpital Cochin) Internat provisoire :

PROFESSEUR AGRÉGÉ DEBRÉ (Hôpital des Enfants-Malades

DocTeur ROBERT MONOD (Hôpital Beaujon)

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APERÇU TRES BREF SUR L'HISTOIRE DU CHOCOLAT ET SUR LES FORTUNES DIVERSES QU'IL GONNUT

Sans vouloir rapporter ici une histoire détaillée du chocolat, ce qui nous écarterait du but de ce travail, il n’est pas déplaisant de rappeler rapidement les diverses tribulations queut à subir ce produit alimentaire, aujourd’hui d’un usage si courant.

Ces quelques renseignements sont tirés surtout d’une brochure de Raoul Lecoq, « L'Histoire du Chocolat », parue en 1924, et à laquelle nous faisons les plus larges emprunts. L'histoire du chocolat, est-il besoin de le dire, est liée intimement, et davantage encore à son début, à celle du cacao, dont il dérive.

Il semble que les premiers Européens qui entendirent parler du cacao furent les six cents Espagnols partis, sous la conduite de Hernando Cortez, à la conquête du Mexique, en 1519. Et les premiers échantillons envoyés en Europe, le furent par ce même Hernando Cortez à l’empereur Charles-Quint, quelques années plus tard.

Au Mexique, les graines de cacao étaient couramment

employées comme monnaie d'échange ; d’autre part, les

ro

Aztèques les utilisaient aussi pour préparer une boisson très réputée, le chocollatl. Depuis longtemps, le cacaoyer était chez les Mexicains l'objet d’un véritable culte. La fête des planteurs de cacao n’était pas une des moindres de ce pays, et la mythologie rapporte l’histoire de Quetzalcoatl « jardinier prophète envoyé du ciel pour porter à l'homme les semences du cacaoyer, arbre créé pour la délectation des dieux et des premiers fils du soleil » : ce Quetzalcoatl, qui se nourrissait des fruits du cacaoyer, paraissait doué de la science universelle, et fut choisi pour chef par le peuple. Plus tard, ayant enfreint les lois des dieux et provoqué leur colère, il dut s'enfuir, et « le cacao lui manquant, il perdit jusqu’au souvenir du bonheur ». L'empereur Montézuma II, qui régnait au Mexique lors de l’expédition de Hernando Cortez, ne prenait d’autre boisson que du chocolat préparé spécialement pour son usage ; il en faisait, dit Bernal Diaz de Castille, une particulière consommation avant de visiter son harem, et Torquemada évaluait la consommation annuelle de son palais à une quantité vraiment formidable, près de cent mille

tonnes (!).

Le chocolat dont se servait le peuple mexicain était fait en ajoutant au fruit du cacao de Lean de la bouillie de mais, et des aromates diverses. Les premiers Européens qui le goûtèrent le considérèrent comme une drogue af-

freuse.

Mais le chocolat des Mexicains de la haute classe était bien supérieur à celui du peuple : ils n'y mettaient pas de

maïs, et le sucraient avec du miel. Plus tard, les Espa-

CL ee gnols le sucrèrent avec du sucre de canne, qui est celui qu’on ajoute encore aujourd'hui.

Introduit en Europe en 1524, le chocolat vit le secret de sa fabrication jalousement gardé par les Espagnols pendant près d’un siècle, et ce n’est qu’en 1615, année du mariage de Louis XIII et d'Anne d'Autriche, fille de Philippe III d'Espagne, qu'il fut introduit pour la première fois en France. La reine en faisant grande consommation, quelques grandes dames de la cour l’imitèrent ; mais comme c'était alors un breuvage d’un prix très élevé, et que peu de personnes savaient bien préparer, l'usage s’en répandit assez lentement tout d’abord.

Pourtant, le cardinal de Rüchelieu, et son frère en usaient très Éréement, et, les courtisans suivant bientôt d’aussi nobles exemples, la consommation du chocolat entra peu à peu dans les habitudes de la noblesse française. Les grands seigneurs faisaient venir de l’étranger des personnes expertes à le préparer.

L'usage se répandant de plus en plus, David Chalion, officier de la reine, obtint à Toulouse, en 1659, des lettres de patente du roi, lui accordant pour quinze ans le privilège exclusif de la fabrication du chocolat. Deux ans après, la Faculté de Médecine se prononçait publiquement en faveur du chocolat.

Seul, parmi les plus grands personnages. Louis XIV dédaignait cet aliment, et lui préféra toujours les plats pantagruéliques de sa table royale, arrosés des meilleurs vins de Champagne et de Bourgogne, et il mourut, si l’on en croit Saint-Simon, sans en avoir jamais usé. Il eut voulu

sans doute faire partager son aversion par la reine, car

DETE 1, pas

Marie-Thérèse était obligée de se cacher pour prendre son chocolat.

Dès le début du XVII: siècle, le chocolat avait fait le sujet de violentes controverses : à Vienne, en 1624, Franciscus Rausch rendit le cacao responsable, en grande partie, des excès qui se commettaient dans les couvents. Plus tard, on discuta ferme sur le point de savoir si le chocolat rompait le jeûne ecclésiastique. Ces polémiques redoublèrent pendant la seconde moitié du XVII: siècle.

C'est à cette époque que furent écrites les lettres de Madame de Sévigné. Rien, mieux que ces lettres, ne saurait refléter les fluctuations que subissait la réputation du chocolat. Tantôt elle en dit le plus grand mal « On le maudit, on l’accuse de tous les maux qu'on a ;ilest la source de vapeurs et de palpitations ; il vous flatte pour un temps, et puis vous allume tout d'un coup une fièvre conti nue qui vous conduit à la mort ». Ailleurs, elle le déconseille fortement à Madame de Grignan, enceinte : € En l'état où vous êtes, il vous serait mortel... La marquise de Coëtlogon prit tant de chocolat, étant grosse l’année passée, qu’elle accoucha d’un petit garçon noir comme le diable, qui mourut ». Ne va-t-elle pas jusqu’à rendre le chocolat responsable de la petite vérole dont est atteint son petit-fils ? Mais d’autres fois, —— et à plusieurs reprises, — elle s’en trouve très bien : « J'ai voulu me raccommoder avec le chocolat, j'en Pris avant-hier pour digérer mon diner, afin de bien souper ; et j'en pris hier pour me nourrir, afin de jeûner jusqu’au soir ; il m'a fait tous les effets que je voulais, voilà de quoi Je le trouve plaisant : c'est

qu'il agit selon l'intention »,

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