INTRODUCTION
Il est peu d’affections qui ait suscité autant de labeur et d'efforts que le croup ; une magnifique bibliographie en conserve le souvenir et permet d’étudier pas à pas les progrès accomplis dans la connaissance et la thérapeutique d’un mal qui fit tant de victimes. |
Grâce à l'association du tubage et de la sérothérapie antidiphtérique, le croup est devenu d’un pronostic bien plus favorable.
Cependant certaines formes est surtout certaines complications fournissent encore une statistique de
mortalité bien sombre : telle la trachéo-bronchite pseudo-membraneuse.
La trachéo-bronchite pseudo-membraneuse diphtérique semble avoir été. une des complications les plus fréquentes et les plus redoutées, et si, aujourd’hui, grâce à la vulgarisation de l'emploi du sérum de Roux elle n’atteint plus la proportion de 50 o/o que lui assignait Peter en 1858, de 25 0/0, de la statistique Bretonneau-Hussenot ou de 28 0/0, de Jacques, de Marseille, en 1896, il n’en est pas moins vrai qu’on la retrouve encore assez fréquemment : de nos recherches qui portent sur un ensemble de 167 cas de croup, nous avons trouvé 9 cas de bronchite pseudo-membraneuse confirmée.
Nous devons cependant noter que cette statistique nous est fournie par l’hôpital de contagieux d’El- Kettar (Alger), c’est-à-dire sous un climat où les complications bronchiques et pulmonaires semblent moins fréquentes, en général, qu’en Europe.
Marie Shultz, dans sa thèse (Paris, 1897) sur 170 cas de croup, ne relève que 7 cas de bronchite membraneuse ; mais un assez grand nombre d’enfants, morts avec le diagnostic de broncho-pneumonie, n’ont pu être autopsiés ; ce chiffre est donc probablement inférieur à la réalité, car nombre de cas ont été trouvés seulement à l’autopsie.
Au cours de notre internat au service de la Diphtérie nous eûmes l’occasion d'observer cinq cas de trachéo-bronchite pseudo-membraneuse ; ces cinq observations heureusement groupées forcèrent notre
attention sur ce qu’aurait pu donner un traitement spécial à ces cas particuliers ; nous avons alors consigné le résultat de nos recherches dans notre travail de concours pour l’internat de 1° classe, et nous disions que nous avions été conduit à douter de l’efficacité du tubage dans le cas de croup avec bronchite diphtérique :
« La nécessité nous a obligé dans deux cas à recourir à la trachéotomie à une période peu avancée de affection ; c’est à cette circonstance que nous devons d’avoir pu analyser les effets de cette intervention ; lautopsie des deux autres enfants nous a fourni de précieuses indications sur les causes mécaniques et directes de leur mort, et nous a induit à penser qu'une trachéotomie précoce aurait eu plus de chance de succès. De l’ensemble de ces observations, il nous a semblé qu'une indication assez précise d’intervention pouvait être tirée pour ces cas particuliers. »
Le tubage a été cependant notre intervention habituélle, heureuse même, en songeant que fréquemment les enfants ne sont conduits à l'hôpital que très tard, quelquefois même à toute extrémité: en effet, dans notre statistique de 1907:
Chez 58 enfants une intervention a été nécessaire. Le tubage a été pratiqué seul chez 50 enfants : 9 décès ; 4 enfants tubés ont dû subir la trachéotomie comme ressource suprême : 3 décès, 1 guérison. & enfants ont été trachéotomisés d'emblée : 2 décès 2 guérisOns.
Les observations que nous avons pu étudier
depuis ont confirmé les conclusions failes à ce moment et nous ont décidé à compléter ce travail.
Mais avant d'aborder l’étude des observations qui nous intéressent pour le traitement de trachéo-bronchite diphtérique, il nous faut résoudre une première question, encore discutée, et qui cependant prime tout notre sujet : La bronchite pseudo-membraneuse a-t-elle des symptômes bien particuliers qui permettent de la diagnostiquer ?.
Ou mieux : Cliniquement, est-il possible de faire à l'examen d'un enfant le plus souvent atteint de croup pharyngé ou laryngé le diagnostic de bronchite à fausses membranes ?
Ensuite, nous diviserons l'étude de nos observations en deux parties : d’abord celles qui nous ont permis d’étudier iles effets de la trachéotomie faite précocement ; ensuite celles qui nous ont fourni des explications sur les insuccès du tubage dans la bronchite pseudo-membraneuse.
La trachéo-bronchite pseudo-membraneuse