‹ Étude de quelques combinaisons halogénées basiques ou ammoniacales des métauxChapitre 14 sur 31 · ZINC · texte numérisé non relu

ZINC

Le zinc se distingue nettement des autres métaux étudiés dans ce Mémoire, par la multiplicité de ses combinaisons basiques. On a, en effet, décrit un grand nombre de composés basiques chlorés et bromés du zine. Je vais brièvement les signaler pour passer ensuite aux oxyiodures qui ont été plus spécialement l’objet de mes recherches.

Oxychlorures.

Schindler (!), en chauffant de l’oxyde de zinc avec une solution de chlorure de zinc, a obtenu un corps

Zn Cl2, 3Z2n0,2H20 ou, selon M. André, Zn CIE, 3Zn0O, 5H?20.

D'après cet auteur, séché sur du papier il retient en plus 3"°! d’eau.

Schindler a obtenu le même corps en précipitant une solution de chlorure de zinc par une quantité insuffisante d'ammoniaque.

Plus récemment Habermann (?), en employant une méthode analogue, a obtenu l’oxychlorure

2 Zn CI?, 92n0, 12H20.

(:) Mag. Pharm., 36, p, 45.

(2) Monatshefte, t. V, p. 432.

36 E. (TASSILLY.

En précipitant une solution de chlorure de zinc

par KOH, Kane (1) a obtenu

Zn CI, 9Zn0, 33H20.

L'action de l’eau sur une solution sirupeuse de chlorure de zinc donne un précipité auquel Schindler avait attribué

la formule Zn CI?, Zn 0.

M. André (?) lui assigne la formule Zn CP, 5Zn0, 8H20,

le corps étant séché sur du papier, puis dans le vide. Cet auteur a obtenu un autre oxychlorure, de formule

2Zn CI, 5Zn0O, 26H20,

en ajoutant de l’oxyde de zinc à une solution aqueuse bouillante de chlorure de zinc et en dissolvant l’excès d'oxyde au moyen d’une solution saturée à froid de chlorure d’ammonium. Cet oxychlorure, lavé à l’eau froide, se transforme en un corps de formule

Zn CL, 4Zn0, 11 H20.

Ce dernier ne renferme pas d’ammoniaque comme le précédent, qui peut en relenir environ 1 pour 100.

Enfin, en chauffant en tube scellé à 200°, pendant cinq heures, une petite quantité d’eau avec de l’oxyde de zinc et un excès de chlorure de zinc fondu, M. André a obtenu, sur les parois du tube, de petits cristaux répondant à la

formule Zn CI, 2Zn0, 4 H°0.

Le même savant a déterminé les constantes thermiques

(1) Annales, 2° série, t. LXXII, p. 296.

(?) Annales, 6° série, t. III.

d’un certain nombre d’oxychlorures. Les voici réunies dans le Tableau suivant, extrait de l’'Ouvrage de M. Berthelot (1):

Les chaleurs de formation sont calculées à parur de ZnO hydraté et H20 liquide, Zn CI pouvant être dissous ou anhydre.

Chaleur Chaleur de formation.

de dissolution ——m— - —— dans Zn CP Zn CI Corps étudiés. H CI étendu. dissous. anhydre. Cal Cal Cal Zn Cl,3Zn0,5H20..... + 60,7 +0,6 <+16,2 ZnCP,4Zn0,11H20.... + 76,6 +2,2 <+17,8 Zn Cl2,5Zn0,8H20..... + 95,6 +2,9 <+18,5 ZnCP,8ZnO,10H20.... —+145,6 +1,6 <+17,2

Ces nombres seront plus loin l’objet de comparaisons intéressantes.

Je rappellerai que les oxychlorures de zinc ont été l’objet d'applications industrielles de la part de divers savants, notamment Zahnkitt (2), Sorel (3) et Persoz (‘).

Oxybromures.

Les oxybromures de zinc ont été découverts et étudiés par M. André (5).

L'action de l’oxyde de zinc sur le bromure en solution aqueuse à l’ébullition fournit un corps cristallisé en lamelles nacrées répondant à la formule

Zn Br?,4Zn0,13H20

et décomposable par l’eau. Si l’on opère en tube scellé

(:) Thermochimie, t. II, p. 306.

(2?) Polyt. Centrbl., 1858, 1292.

(#) Ding. Polyt. Journ., 139, 130.

(“) Ding. Polyt. Journ., 167, 299.

(5) Annales, 6° série, t. III.

38 E. TASSILLY.

vers 200° on obtient le corps Zn Br?, 5Zn 0, 6120.

En traitant une solution aqueuse de bromure de zinc par une quantité insuffisante d’ammoniaque il se forme un dépôt amorphe de formule

Zn Br?, 4Zn 0, 19H20.

Enfin, en traitant une solution bouillante contenant 100$" de bromure de zinc et 30% d'oxyde de zinc par une solution concentrée de bromure d’ammonium jusqu’à dissolution totale de l’oxyde, il se fait, par refroidissement la de liqueur filtrée, un précipité blanc, amorphe très doux au toucher, qui, séché, sur papier, correspond à la formule

Zn Br?,4Zn0,10H20.

Ce corps contient un peu d’ammoniaque.

Lavé à l’eau jusqu’à ce que le liquide filtré ne trouble plus le nitrate d'argent, il donne un produit représenté par

la formule Zn Br?, 6Zn0, 35 H°?0.

Il renferme encore des traces d’ammoniaque.

D’après M. André, tous ces oxybromures se dissolvent dans la potasse et dans l’ammoniaque, mais plus difficilement que les oxychlorures et surtout à l’ébullition.

M. André à fait l'étude thermochimique de ces corps. Voici réunies les chaleurs de dissolution dans H Br étendu et les chaleurs de formation que j’ai calculées à partir des éléments (bromure anhydre ou dissous, oxyde hydraté, eau liquide) :

Chaleur de formation.

Chaleur Bromure Bromure

Corps. de dissolution. anhydre. dissous.

Cal Cal Cal ZnBr?,4Zn0,13H20... + 97,6 +16,2 +1,2 ZnBr?,4ZnO,19H20... + 78 19,8 +0,8

ZnBr?,62n0,35H20... +108,34 +24,86 +9,86

Ces nombres seront comparés plus tard avec ceux fournis par l’oxyiodure.

Oxyiodures.

Müller (1) a signalé un oxyiodure de zinc obtenu en dissolvant à chaud de l’oxyde de zinc dans une solution d'iodure de zinc. Par refroidissement, il se dépose un oxyiodure dont l’auteur n'a d’ailleurs pas indiqué la composition.

En répétant ces expériences (?), j'ai constaté qu’on obtenait, en réalité, un mélange d’une petite quantité d’un corps cristallisé avec de l’oxyde de zinc.

En opérant en tube scellé, les résultats sont meilleurs. On chauffe à 150°, pendant douze heures, 20% d’iodure de zinc, 20° d’eau et of", 2 d'oxyde de zinc.

Les parois du tube se tapissent de petits cristaux blancs qui, vus au microscope, se présentent sous la forme de lamelles hexagonales agissant sur la lumière polarisée.

On peut les séparer facilement de l’oxyde de zinc en excès formant un magma au fond du tube.

Douze tubes scellés fournissent environ 1£' d’oxyiodure absolument exempt d'oxyde de zinc. On obtient, en outre, une assez forte proportion de ce corps mélangé à de l’oxyde de zinc, dont il est difficile de le séparer. L'eau mère, traitée par l’eau, donne uniquement de l’oxyde de zinc.

Les cristaux, séchés entre des feuilles de papier, puis soumis à l’analyse, ont fourni les chiffres suivants :

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