INTRODUCTION
Les combinaisons halogénées basiques ont été l'objet d’un grand nombre de travaux, mais de peu de Mémoires d’une certaine étendue et présentant un ensemble de faits exposés d’une façon méthodique. Je crois cependant devoir citer dans cet ordre d’idées le Mémoire de M. André sur les oxychlorures. Mais ce savant s’étant borné à l’étude des oxychlorures et de quelques oxybromures, 2 question ne se trouvait pas complètement résolue.
J'ai repris l'étude des sels basiques dans le but de compléter les séries en cherchant à obtenir les oxybromures et les oxyiodures non encore signalés ou en achevant l’histoire de ceux qui avaient fait l’objet de communications antérieures et incomplètes.
Tous ces corps présentent un intérêt théorique et même pratique.
C’est ainsi que, dans le domaine de la Chimie appliquée,
af L
> E. TASSILLY.
on peut citer les procédés Péchiney et Deacon, le ciment magnésien de Sorel, etc.
Dans l’ordre théorique, on sait que la formation ou la décomposition de ces corps, amenant dans les réactions une variation d'énergie, peut changer le sens définiuf du phénomène et entraîner souvent une confirmation du principe du travail maximum (1), alors que ce principe paraissait tout d’abord en échec. Le raisonnement, portant sur les quantités de chaleur rapportées à l'état solide, conduit aux faits les plus imprévus et les plus caractéristiques.
L'action de l’oxygène à chaud sur le chlorure de magnésium en est un des exemples les plus frappants. En effet : « Le chlorure de magnésium anhydre, chauffé fortement dans l’oxygène au fond d’un matras de verre, donne quelques traces de chlore : ce qui s'explique, l’oxyde et le chlorure étant formés avec des quantités de chaleur presque identiques, et la production d’un oxychlorure déterminant une substitution partielle, en vertu de l’énergie supplémentaire qui détermine la formation de l’oxychlorure (?). »
Le rôle important joué par les quantités de chaleur mises en jeu dans ces diverses mélamorphoses, m’a engagé à déterminer, chaque fois que je l’ai pu, les chaleurs de formation des principaux corps que j'ai étudiés.
Je me suis plus spécialement occupé des dérivés fournis par les métaux alcalino-terreux et de ceux de la série magnésienne.
Les difficultés que j'ai rencontrées dans l’étude des corps de la première série, corps fort altérables par l’anhydride carbonique, m'ont conduit à imaginer un appareil dont J'ai ré un excellent parti dans un grand nombre de cas et que Je décrirai ici une fois pour toutes.
(') BerrueLor, Thermochimie, t. 1, p. ro.
(*) Benrneror, Mécanique chimique, t. IX, p. 483.
ÉTUDE DE QUELQUES COMBINAISONS HALOGÉNÉES. o
Ce dispositif consiste en deux cloches coniques ou cylindriques en verre présentant chacune une portion plane, rodée, pouvant s'appliquer l’une sur l’autre et formant, à laide d’un peu de suif, un jointhermétique. Chaque cloche est Lerminée à l’autre extrémité par un tube dont l’un sert à l’écoulement du liquide, tandis que l’autre est mis en relation avec une série de laveurs et de tubes destinés à absorber la vapeur d’eau et l'acide carbonique; on peut également effectuer l'opération dans un courant d’hydrogène, d'azote, d’acide carbonique où tout autre gaz suivant les besoins.
Pour éviter les obstructions et faciliter le fonclionnement de l'appareil quand on opère avec une trompe, j'ai toujours eu soin de placer le coton sur un fil de platine enroulé en spirale et présentant une tige perpendiculaire au plan de la spirale : en un mot, le petit système en platine adopté pour les boules des colonnes à fractionner.
En résumé, l’ensemble constitue un entonnoir clos permettant de filtrer, dans un courant gazeux approprié, un corps solide ou liquide altérable dans les conditions ordinaires de filtration.
En ce qui concerne les corps de la deuxième série (zinc, cadmium), j'ai étudié non seulement l’action de l’oxyde sur les sels haloïdes, mais encore l’action de l’'ammoniaque sur ces mêmes sels en faisant varier les conditions de l'expérience et en employant ce réactif sous les formes les plus diverses. |
J'ai également examiné si, sous l’influence de l'eau, les composés ammoniacaux étaient susceptibles de fournir des composés basiques dans le but de grouper les résultats obtenus pour les composés chlorés, bromés et iodés.
J'ai aussi pensé qu'il était intéressant de comparer, à l'action de l’ammoniaque sur les sels neutres dissous, l'action de l’oxyde métallique correspondant sur les sels
haloïdes d’ammonium dissous.
n E. TASSILLY.
Enfin, j'ai été amené, dans le cours de mes expériences à déterminer les constantes thermiques de quelques iodures neutres.
Tels sont les principaux points formant l'objet de ce Mémoire que j'ai divisé en trois parties :
1° Combinaisons halogénées basiques.
2° Combinaisons ammoniacales.
3° Données thermochimiques.
Ce travail a été fait en grande partie au laboratoire de M. Troost, à la Faculté des Sciences, et c’est dans le laboratoire de M. Berthelot, au Collège de France, que j'ai été initié aux méthodes calorimétriques qui m'ont permis de compléter cette étude.
Je suis heureux d’apporter ici à mes Maîtres l’expression de ma vive reconnaissance et de mon profond respect.