CONCLUSION GÉNÉRALE
Notre but était de donner une place à ces crânes fossiles au point de vue ethnique ; pour certains, il ne peut y avoir de doute, pour d’autres on pourrait peut-être trouver des crânes actuels encore plus semblables.
La collection que nous avions en main, quoique très complète, ne pouvait contenir les crânes de chiens de toutes les races, et surtout les crânes de races sauvages vivant aux antipodes, donc difficiles à se procurer.
Il nous est possible de tirer de notre travail les conclusions suivantes. Sur les neuf crânes examinés,
huit peuvent se repartir ainsi :
19 Les numéros I, IE, V, VIII se rattachent au type du chien pointu à face fine, représenté encore actuellement par les chiens esquimaux. Ce type présente une tête large au niveau du crâne, effilée en région antérieure, à oreilles droites et mobiles, l’angle frontonasal est peu marqué, les yeux sont petits et obliques. C'est le type de chien qui se rapproche le plus des espèces sauvages qui ont contribué à la formation de
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l'espèce canine. Dans ce type, nous trouvons également les chiens lapons, samoyèdes, finlandais.
20 Le crâne IT se rapproche de celui du chien annamite, qui est d’ailleurs une race voisine de la précédente et, comme elle, très proche du type primitif. C'est donc aussi un type pointu à lèvres minces, à face fine, à oreilles pointues et dressées, à pelits yeux obliques. Tous ces caractères leur donnent comme
aux précédents un facies sauvage caractéristique.
3° Le crâne IV, très intéressant, appartient à un chien à face courte, qui semble préparer l’apparition des si nombreux types de chiens à face courte actuels. Le crâne se rapproche de la forme globuleuse, les yeux sont gros et saillants hors des orbites. Tous ces caractères s’accompagnent d’une diminution de la taille et du poids, que l’on devrait trouver chez ce chien de Vertault.
4° Le crâne VI se classe auprès des lévriers, dont les origines anciennes sont bien connues, et qu'on trouvait déjà sur les monuments égyptiens de l’époque des pharaons. Ce crâne devait appartenir à une petite race, et à ce point de vue, le crâne de Vertault est nettement plus petit que ceux des lévriers actuels. Il faut remarquer toutefois que la race des lévriers est une des races canines les plus modifiées par la domeslication, aussi ne faut-il pas attacher trop d'impor-
tance à cette différence de taille.
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5° Le crâne VII rattaché au type braque confirme l'origine ancienne de celui-ci, bien connu déjà au temps de la fauconnerie. Notre crâne de Vertault pourrait être un lointain ancêtre de ces chiens d’arrêt dressés par les fauconniers, l’une des plus vieilles races de chiens de chasse français. En résumé nous pourrons conclure de notre étude qu’à l'époque galloromaine le polymorphisme de l’espèce canine était déjà très net, et que si des chiens avaient encore conservé le facies primitif, d’autres étaient déjà nettement orientés vers les variations qui ont donné les races actuelles.
Vu : le Président de la thèse,