‹ Étude de quelques faits relatifs à la Morphologie générale du Système circulatoire: À propos du réseau branchial des poissonsChapitre 13 sur 23 · CONSIDERATIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

CONSIDERATIONS GÉNÉRALES

De tout ce qui précède il résulte de la manière la plus évidente que le sang occupe, dans le réseau branchial, non des capillaires anastomosés, séparés par des intervalles conjonctifs, mais de simples vides intercellulaires, sans paroi propre, uniquement délimités par la surface des cellules en pilastre. Ce sont là, en réalité, des lacunes comparables à celles du tissu réticulé ' et surtout à celles que l’on trouve interposées, chez de nombreux Invertébrés, sur certains points du système circulatoire. A titre d'exemple particulier, 1l n’est pas sans intérêt de signaler la très grande similitude que présentent, dans leur structure histologique, les appendices branchiaux des Crustacés et ceux des Poissons. Chez l'Écrevisse, des observations déjà anciennes d’Häckel (12), de Leydig (21), d’'Eberth (10) ont fait connaître dans ces organes l’existence d’un réseau comparable à celui dont j'ai donné la description dans les pages précédentes”. En outre, ces

1. Envisagé, bien entendu, comme il l’est par un certain nombre d’histologistes, c’est-à-dire comme un ensemble de cellules ramifiées, anastomosées par leurs prolongements, abstraction faite des éléments inclus.

2. En dedans de la mince lame chitineuse limitant les digitations branchiales, Leydig remarque des « cellules piriformes, placées de distance en distance, leur extrémité pédiculée tournée du côté de la cuticule qui présente alors toujours une légère dépression. Dans la portion renflée de la cellule se trouve un noyau arrondi bien visible... les capillaires bran-

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auteurs ont cru devoir insister sur les caractères généraux propres aux cavités d’un tel réseau; d’après Häckel, «le sang circule à l'intérieur des branchies dans les espaces intercellulaires d'un tissu caverneux formé de cellules »; ces cavités sont de véritables lacunes pour Leydig et Eberth. Ce dernier, passant en revue l'anatomie générale des voies circulatoires, place dans un groupe à part, distinct des systèmes artériel, veineux et capillaire, ces formations qu'il nomme « conduits lacunaires » où « capillaires caverneux ». Des faits suffisamment nombreux rendent légitime la division d'Eberth,etilme sera permis d'exprimer le regret qu'elle ne soit pas entrée dans le domaine classique.

Il semble logique, en effet, de marquer par une désignation spéciale la grande différence de structure qui sépare les réseaux semblables à celui de la branchie de ceux qu'on nomme communément, dans le langage histologique, « réseaux capillaires ». Le réseau branchial ne peut être décomposé qu'en éléments simples, ses parties composantes sont des cellules directement unies entre elles ; les conduits parcourus par le sang n'existent que virtuellement, comme vides laissés entre ces cellules, à la forme et au groupement desquelles ils doivent leur aspect particulier. Le réseau capillaire est complexe : ses unités sont des vaisseaux, des conduits autonomes, isolables les uns des autres el d'avec les tissus voisins (théoriquement du moins), individualisés par un tube endothélial propre à chacun d'eux ', séparés enfin par des portions variables d'un tissu étranger. Le même

chiaux dont on parle n'existent pas... Entre les deux lamelles du feuillet branchial sont (endus des tubercules simples ou ramifiés qui donnent à la cavité sanguine une disposition alvéolaire. » Les noyaux sont plongés dans une substance fondamentale striée, (Traduction, p. 435, note 1.)

1. Que celui-ci soit renforcé où non par la présence, à sa périphérie, d’une membrane vitrée.

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