‹ Étude de quelques faits relatifs à la Morphologie générale du Système circulatoire: À propos du réseau branchial des poissonsChapitre 14 sur 23 · NUE · texte numérisé non relu

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Lerme ne saurait convenir dans les deux cas. Le réseau

branchial, de même que toutes les formations analogues, mérite le nom de réseau lacunaire, el on peut appeler, avec £berth, canaux lacunaires les cavités de ce réseau :

assimilables, dans une certaine mesure, aux vaisseaux

capillaires, elles en diffèrent par lPagencement spéeial des éléments entre lesquels elles sont situées”. L'expression de « capillaires caverneux », dont s'est aussi servi £berlh, ne me paraît pas devoir être conservée dans le sens qu'il lui donne. Il y a lieu, en effet, de distinguer plus rigoureusement que ne l’a fait cet auteur les formations caverneuses et les formations lacunaires, si on assigne à celles-ci les caractères et les limites que je

traçais plus haut. Quels que soient le diamètre des eavi-

tés du tissu caverneux el la finesse de ses travées, ces dernières sont toujours des parties complexes, constituées par des éléments différents et non par les expansions d’un élément unique; il y a une charpente et un revêtement endothélial; ces formations peuvent d’ailleurs être interposées sur le trajet d’artères ou de veines, ou tenir la place d’un réseau capillaire : c’est dans ce dernier cas que s’appliquerait, au besoin, l'expression de « capillaires caverneux ».

H. Milne Edwards à le premier formulé, à propos du système circulatoire des Invertébrés, une conception reposant sur l'existence de lacunes interorganiques. S'il a eu raison d'en défendre Ja légitimité (25), 1l faut recon-

1. Dans un passage de Dohrn (8, p. 137) il est parlé de la «cu'culalion lacunaire » qui s'établit dans Fintérieur des plis branchiaux naissants (auch die secundäre Faltenbildung tritt auf, und damit die lakunäre Blutlauf innerhalb dieser Falten) ; comme cette expression n’est accompagnée d’aucun commentaire, je ne sais si elle correspond, dans Pesprit de l’auteur, à une conception du réseau branchial analogue à celle que j'ai exposée; je n'ai pu éclaireir ce doute dans Ja lecture de ses différents mémoires.

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naitre aujourd'hui que celte conception englobe des parties histologiquement différentes, auxquelles convient, dans chaque cas, une définition particulière et conforme aux données nouvelles de l'anatomie générale. Notre tissu lacunaire n’est pas partout superposable aux lacunes de AH. Milne Edwards ; dans certains cas, comme nous l'avons vu, par exemple, pour la branchie des Crustacés, il y a identité complète entre les deux notions; dans d’autres, les lacunes circulatoires des Invertébrés sont de véritables sinus veineux, caractérisés seulement par leur irrégularité, la paroi propre pouvant se réduire à une simple couche cellulaire ”.

Je ne vois pas là seulement une question de nomenclature anatomique. Il me semble qu’il y aurait un réel intérêt, pour l’étude générale du système circulatoire, à développer des considérations de cet ordre, qu’elles peuvent être utiles pour grouper et enchaïîner logiquement des formes histologiques très répandues chez les Vertébrés et les Invertébrés, et qu’elles permettent de mieux saisir les relations qui existent entre certaines parties très dissemblables au premier abord, telles qu'un capillaire et une maille du issu réticulé.

Les faits observés sur les lamelles branchiales conduisent à d’autres remarques.

De quelque manière que l’on doive considérer etelasser les canaux du réseau branchial, la signification vraie de ses éléments n’en est pas moins celle de cellules endothéliales. Cette homologation s'impose comme la plus rationnelle, mais elle est aussi pleinement justifiée par un fait d'observation. De même que Laguesse (19) a fort bien montré, dans la rate des Poissons, les éléments du réseau (nettement cellulaire, d'après son origine), se substi-

4. Dans une note antérieure {6), je me suis occupé déjà de ces divérs points.

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tuant à l’endothélium des veines, au niveau de l’abouchement de celles-ci dans les mailles du tissu splénique”, représentant, en réalité, cette couche endothéliale sous la forme différente de tissu réticulé, de même on trouve, dans la lamelle branchiale, le point de passage de la cellule endothéliale ordinaire, facilement reconnaissable comme telle, à la cellule en pilastre si complexe d'aspect et de structure. Entre l’une et l’autre, l’homologie est complète.

Les cellules en pilastre forment seules le réseau dans toute son étendue. Mais cette partie réticulaire est bordée, au pourtour de la lamelle, par deux canaux qui parcourent d’une extrémité à l’autre, et sans interrupion, Pun le bord interne, adhérent, l’autre, le bord externe, libre, et offrent une disposition différente de celle des autres conduits lacunaires. A leurs extrémités ces conduits marginaux s'unissent l’un à l’autre pour constituer deux petits troncs vasculaires, l’un en rapport avec la branche artérielle, l’autre avec la branche veineuse de la lame; au niveau de ces deux points leur diamètre est sensiblement supérieur au calibre moyen des lacunes du réseau. Les différentes méthodes de préparation dont il a été question précédemment, mais surtout les imprégnations d'argent, montrent dans ces canaux la structure suivante. Les cellules en pilastre, dispersées sans ordre défini dans le champ du réseau, se disposent à sa limite en une file assez régulière, parallèle au bord de la lamelle, laissant ainsi en dehors un espace vide de quelques y de diamètre, qui est la lacune marvinale déjà signalée. Ce canal n’est pas segmenté dans sa longueur; il s'étend directement du tronc artériel au tronc veineux, communiquant sur tout son trajet,

1. Ces vaisseaux eux-mêmes n'étant « que des files irrégulières de mailles du réseau primitif ».

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du côté du réseau, par les intervalles laissés entre les cellules propres de la zone de bordure. Sa coupe transversale est plus généralement arrondie qu'elliptique. Limité, vers le réseau, par la rangée des cellules en pilastre, il l’est, du côté opposé. par une couche de cellules aplaties, qui tapissent la face interne de la gouttière formée à ce niveau par le reploiement de la limitante’. Ces dernières cellules, qui se présentent sur un, deux ou trois rangs, suivant le diamètre du canal, ont l’aspeet connu des cellules endothéliales des capillaires sanguins ordinaires; ce sont des plaques très minces, hyalines, présentant seulement autour du noyau un cumulus de protoplasma granuleux qui leur donne, sur une coupe passant en ce point, l'aspect d’un croissant (fig. 2); allongées suivant l'axe du conduit, elles présentent des bords sinueux, souvent engrenés. Qu'il y ait un ou plusieurs rangs de ces cellules dans la gouttière externe, les bords de la lame endothéliale qu’elles constituent s'unissent directement, sur les faces supérieure et inférieure de la lamelle, aux bords des plateaux (également soudés en une partie continue) des cellules propres opposées. Cette disposition s’observe de la façon la plus claire sur les lamelles imprégnées (fig. 5), el aussi sur les coupes. Non seulement elle permet d'attribuer aux cellules en pilastre leur véritable valeur, puisqu'il v a continuité absolue et suppléance fonctionnelle manileste entre elles et des cellules endothéliales typiques, mais elle démontre encore comment s'établit la continuité entre le réseau et le revêtement endothélial des

1. La description s'applique aussi bien au bord interne qu'au bord externe, avec celte seule différence que le dernier est libre, tandis qu'au niveau du premier la basale, non tapissée d'épithélium, est en contact immédiat avec la couche de tissu conjonctit làche qui la sépare des couches squelettiques plus profondes,

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