DÉVELOPPEMENT
Je ne m'oceuperai ici que du mode de formation de la lamelle. Le développement des autres parties constituantes des branchies n'a été suivi que d'une manière incomplète et mériterait d'être repris; mais cette étude n'intéresse pas directement le présent travail ; je la laisserai de côté, pour rechercher en particulier comment apparaissent et évoluent les éléments du réseau.
Dans la littérature, je n’ai trouvé que des indications générales, relatives au développement des arcs branchiaux et des lames. Au sujet de l’histogénèse de la lamelle, il n’y a réellement à consulter que le mémoire de Maurer (22) sur la pseudobranchie, Dans cet organe et dans la branchie vraie {Brochet), l’auteur a vu la disposition des cellules propres, qu’il désigne comme « des cellules transversalement placées », laissant en certains points des vides entre elles; mais il n'insiste pas sur cette disposition et n'indique pas comment elle apparaît.
Mes observations ont porté sur la Truite, seule espèce qu'il m’ait été possible d’avoir en quantité suffisante à l'état embryonnaire et post-embryonnaire.
Toute l’évolution des lamelles a lieu après l’éclosion ; sur la série de truites que J'ai eue à ma disposition, Je l'ai vue débuter à ce moment même. Mais les préparations réellement intéressantes sont fournies par des ale-
vins de trois à six semaines’. Les papilles allongées qui garnissent, sur deux rangs parallèles, le bord convexe de l'arc branchial, et qui correspondent aux /ames de la branchie adulte, sont surtout développées dans la région moyenne. Elles sont soutenues par un cordon axile de cartilage embryonnaire et pareourues par des vaisseaux en anse émanés de l'arc aortique. A la face supérieure el inférieure de ces digitations, qui commencent à s’aplaur, font saillie des tubercules; à peine marqués aux extrémités, ceux-ci affectent déjà, dans la partie moyenne des lames, l'aspect de crêtes minces, disposées dans des plans perpendiculaires à l’axe cartilagineux. Pour être facilement interprétées, les coupes doivent rencontrer ces petites crêtes perpendiculairement à leur surface el passer en même temps par l'axe de la lame ; il est nécessaire, pour que ces conditions soient remplies, de détacher les arcs, puis de les orienter et de les débiter isolément en coupes fines sériées”.
On peut observer au niveau de tous les bourgeons des lamelles une disposition analogue, plus ou moins accusée suivant leur âge, et dont un exemple est offert dans la coupe représentée ci-contre (fig. 9).
Le bourgeon est creux. [Il repose sur les grandes cellules de l'axe cartilagineux, bien reconnaissables à leur forme cuboïde, à leur apparence homogène, à leur gros noyau pâle, à leur disposition régulière. D'autre part, il est limité, en dehors, par les cellules de la couche tégumentaire : celles-ci, placées sur un seul rang, sont volu-
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mineuses et cuboïdes en dehors des limites du bourgeon,
1. D'après Lereboullet (20) c'est alors seulement qu'apparaïssent les premiers bourgeons des « plis » (qui sont nos lamelles).
2. Technique habituelle de cet ordre de recherches : fixation (je me suis servi du liquide de Flemming), inclusion dans la paraffine, coupes sériées, coloration sur lame (ou in foto, avant inclusion), montage dans le baume.