‹ Étude de quelques faits relatifs à la Morphologie générale du Système circulatoire: À propos du réseau branchial des poissonsChapitre 6 sur 23 · STRUCTURE · texte numérisé non relu

STRUCTURE

Définitions anatomiques. — Les parties essentielles de l'appareil branchial des Téléostéens, ses unités spécifiques, pourrait-on dire, sont des lamelles délicates à l’intérieur desquelles le sang, dans la portion de son trajet intermédiaire aux vaisseaux afférents et efférents, s'épanche en une nappe discontinue qu'une mince paroi isole de l’eau environnante : ce sont les lamelles branchiales', véritables organes de l’hématose. Elles ont une surface très réduite et une épaisseur de quelques p seulement. Ces lamelles sont attachées côte à côte par un de leurs bords, et cela en nombre toujours considérable, sur les deux faces d'une /ame branchiale (division de deuxième ordre). Organe surtout squelettique, celle-ci contient les branches vasculaires qui réunissent les artérioles et les veinules propres des lamelles correspondantes. Sur le bord convexe de chaque arc branchial se disposent enfin, en une ou, le plus souvent, deux séries parallèles, de nombreuses lames formant autant de

4. J'emploie ce terme comme l’a fait Maurer (22) dans sa descriplion de la pseudobranchie, c'est-à-dire pour désigner les divisions ultimes de l'appareil branchial, les divisions de troisième ordre ; souvent ceux qui s’en servent l’appliquent aux divisions de deuxième ordre. Il faut bien reconnaître d'ailleurs que la nomenclature des différentes régions de la - branchie n'est pas suffisamment arrêtée ; elle varie beaucoup suivant les auteurs, le même mot (lame, lamelle ou feuillet) servant à désigner tantôt

une partie, tantôt une autre.

branchies simples (divisions de premier ordre) qu'il y a d'arcs branchiaux proprement dits.

Chaque lamelle est en rapport avec deux petites branches vasculaires qui s'ouvrent dans son réseau en deux points diamétralement opposés, une artériole qui lui apporte le sang noir du cœur, et une veimule qui emporte vers l'aorte dorsale le sang hématosé. C’est du réseau sanguin compris entre ces deux vaisseaux que nous aurons à nous occuper ici. Nous étudierons d'abord la structure et l'agencement, puis le mode d’apparition de ses éléments.

Technique. — L'emploi de plusieurs méthodes m'a seul permis d’élucider les points de structure sur lesquels j'ai porté mon attention ; les résultats incomplets obtenus par mes devanciers s’expliquent certainement, dans une bonne mesure, par le fait des procédés trop restreints dont ils se sont servi.

Les injections de gélatine colorée (au bleu de Prusse soluble) m'ont fourni des images nettes de l’ensemble du réseau. Bien réglées dans leur technique, c'est-à-dire

exécutées sous une pression constante et facilement

mesurable *, elles ont pu utilement corroborer les faits obtenus par d’autres moyens. La masse était injectée par le bulbe aortique, très doucement, de manière à remplir le réseau des lamelles, sans déterminer, dans ces organes de texture très délicate, une distension extraphysiologique.

1. Les données anatomiques les plus récentes sur la branchie des Téléostéens, et spécialement sur la distribution de ses vaisseaux, se trouvent dans le mémoire de A. Riess (33). Celui de Drôscher (9), très complet aussi, ne se rapporte qu'aux Sélaciens. La bibliographie des travaux antérieurs est, pour la plus grande part, contenue dans les index de ces deux mémoires.

2. L'appareil décrit par M. Peltit (28) convient très bien dans les opérations de ce genre, et je m'empresse de signaler ici les réels services qu'il m'a rendus.

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Les préparations les plus instructives m'ont été données par les pièces soigneusement fixées aux liquides de Flemming et d'Hermann, et non pas seulement immergées pendant un certain temps dans le fixateur, mais rapidement et intimement pénétrées par l'injection de ce dernier dans les vaisseaux branchiaux ; comme dans le cas précédent, l'extension normale des éléments a été recherchée dans la mesure permise par les conditions expérimentales *.

Les pièces ainsi préparées ont servi soit à des coupes, soit à des dissociations. Pour les coupes j'ai employé à peu près exclusivement la méthode d’inclusion au collodion, après expérience faite, et réitérée, de la paraffine, qui m'a {oujours paru, dans le cas particulier, notoirement inférieure à l’autre matière. Pour l'étude des caractères physiques et chimiques de certaines parties constituantes, j'ai eu recours à la méthode des coupes par congélation *. Les coupes ainsi obtenues, n'ayant subi l’action préalable d'aucun agent chimique, sont plus aptes que les coupes fixées à réagir nettement dans les conditions diverses où on les examine.

Des dissociations obtenues par voie mécanique (raclage, dilacération) ou chimique (macération dans la potasse, le carbonate de potasse, l'acide acétique) m'ont procuré des lamelles plus ou moins entières, visibles suivant leurs faces, et des éléments isolés flottant dans les préparations.

Les imprégnations aux sels d'argent (nitrate et acétate

4. Pour estimer la pression convenable, j'ai tenu compte de chiffres approchés recueillis chez le Scyllium vivant (5); la tension maxima du sang dans le bulbe aortique de cet animal ne fait équilibre qu'à quelques millimètres de mercure.

2. En adoptant un ingénieux dispositif qu'a imaginé M. Berdal et

qui permet d'utiliser, pour ces coupes , le très pratique microtome de Cambridge.

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