‹ Étude de quelques formes rares de contractures hystériquesChapitre 9 sur 18 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Femme de 55 ans ; ayant depuis 18 ans, une parapléoie avec contracture, survenue brusquement à la suite d’une attaque hystérique. La contracture, à l’origine, s’amendait de temps à autre, temporairement. Mais depuis plus de 16 ans, elle n’a Jamais subi 11 moindre modification ; il s’agit ici d’une véri table rigidité des muscles avec prédominance de l’action desS Extenseurs et adducteurs. Même après seize ans d'immobilité des membres inférieurs, les parties ligamenteuses n’y sont pour rien, du moins aux genoux, ainsi qu'une exploration fait®

pendant l’anesthésie chloroformique, a permis de le constater, seule la déformation des pieds, qui rappelle celle du varus équin, ne s'est pas modifiée pendant le sommeil chloroformique.

Dans lemême ordre de faits, nous pourrions rapporter une partie de l'observation de Etch..., observation que Îes lecons de Charcot ont rendue célèbre.

Ogservarion IE (tirée des lecons de Caancor sur les maladies nerveuses;- pr 9302).

Berthe C..., âgée de dix-huit ans et demi (juillet 1873) a été sujette depuis son enfance jusqu'à douze ans, à des épistaxis survenant toujours par la narine droite, et dedouze ans jusqu’à uinzeans, à des céphalalgies à peu près mensuelles. À quinze ans, sans cause connue, en dehors de toute influence héréditaire appréciable, elle a eu tout à coup une attaque convulsive avec perte de connaissance. Ces attaques se sont multipliées, les unesnettement hystériques, les autres hystéro-épileptiques. L'apparition des règles (janvier 1873) n’a pas modifié d’une facon appréciable la fréquence et le caractère des convulsions.

Au moment de son entrée à la Salpêtrière (sept. 1872), cette jeune fille présentait à droite : 1° une hémianesthésie complète; 2 de l’hyÿpéresthésie de l'ovaire.

8 octobre. A la suite d’une attaque accompagnée de délire pendant douze heures environ, contracture du membre inférieur droit,avec pied bot varus équin ; la contracture se complique d’un tremblement presque constant.

30 octobre. Crises convulsives dans lesquelles l’hystérie prédomine. Durant la deuxième crise, les personnes qui mainte-

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naient la malade, de peur qu'elle ne se blessät, ont senti la jambe droite qui, jusqu'alors avait toujours été dans l'extension, se fléchir brusquement sur la cuisse, et lorsque la malade est revenue à elle, la contracture avait cessé. C... a conservé pendant quelques jours un certain degré de faiblesse dans le pied qui se renversait en dedans.

Novembre. Berthe marche sans boîter ; le pied droit se renverse encore quelquefois en dedans, et la pointe du pied bute par instants contre le pied gauche. Parfois aussi, la jambe droite est prise d’un tremblement qui dure 5 à 6 minutes, et auquel succède un engourdissement quise prolonge en général pendant toute la journée : « Alors je ne sens plus ma jambe » dit la malade. |

1873. — La faiblesse musculaire a diminué progressivement.

Aujourd’hui, 8 juillet, C..., est aussi forte d’un côté du corps que de l’autre. L’hémianesthésie et la douleur ovarienne droite n'ont pas changé. |

Ce fait nous montre, une fois de plus, que la contracture hystérique peut disparaître subitement, sans le secours d'aucune intervention.

Nous pourrions multiplier les observations de ce genre, mais nous avons hâte d'en arriver à la contracture plus localisée, limitée à une partieseulement du membre inférieur, et déterminant le vrai pied-bot hystérique.

T. Layeock a décrit, l'un des premiers, cette déformation sous le nom de « Talipedal Distorsions » ; R. Boddæert (1) en a communiqué un cas tout à fait

(1) R. Bonnorr. Annales de la Soc. deméd. de Gard, 1859, p. 93.

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caractéristique à la Société de médecine de Gand en 1559 ; 1l s'agissait dela production d'un pied-bot varus-équin. Depuis, d’autres auteurs ont recueilli et publié quelques faits analogues, Little (1), C Bell (2, NÉE; Sker, etc (3).

Charcot, dans ses Lecons, dit aussi qu'il est des cas où la rigidité spasmodique reste limitée à quelque par- Ue d’un membre, au pied par exemple, et produit une sorte de pied-bothystérique. Ilen rapporte une obser-

ation caractéristique.

OBservarion IIT. Cnarcor, Lecons sur les maladies du système nerveux, tome L., p. 365.)

Une jeune fille âgée de 22 ans, très nerveuse ‘et appartenant àune famille où les affections nerveuses prédominent, fut prise, il y a trois ans, tout à coup, sans cause connue et sans avoir offert jusque-là de symptômes caractérisés de l'hystérie, d'une contracture douloureuse des muscles de la jambe gauche. Cette contracture qui imprime au pied l'attitude du varus equin le plus accentué, avait cédé d’abord pendant la première année à plusieurs reprises ; mais depuis deux ans, elle paraît être définitive (Juin 1870).

(1) Lurrce A. Trætis où thenature and tretaement of elub Foot and analog. Distorsions. London 1839, case 25.

(2). Bzecz. The nervous system of the human Body.,8 édit, 1856 case 177.

(3) Skev. Hysiéria, etc. Six lectures dilivered to the students of Saint Bartholomew’s Hospital 1866, 3° édit., London 1870. p. 102.

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Plusieurs muscles de lajambeontsubi une atrophie profonde. Es présentent, en outre, des contractions fibrillaires très accusées et répondent mal aux excitations électriques. ya. par con-" séquent, peu de chance de voir la contracture se résoudre, d'autant moins qu’elle ne s’amende que très imparfaitement du rant le sommeil produit par le chloroforme.

Chez cette malade, les attaques hystériques se sont manifestées pendant les derniers mois seulement.

OBservarion IV. Personnelle).

Adolphine Laber... âgée de 16 ans, est entrée à l'Hôpital Necker, dans le service de clinique chirurgicale de M. le Professeur Le Dentu, salle Lenoir, n° 30, le 2 novembre 1896.

Les antécédents de cette jeune fille sont assez chargés. Dans sa famille nous relevons plusieurs affections nerveuses et en outre, plusieurs malformations congénitales.

Elle jouit d’une bonne santè générale, mais elle est nerveuse et impressionnable. Toutefois elle n’a jamais présenté d’atta- ‘ques convulsives, hystériformes ou autres.

Actuellement, elle est entrée à l'Hôpital, pour un double piedbot talus-valgus, tout à fait caractéristique. Ces déformations sontsurvenues d'une façon assez insidieuse et peu à peu, dans l'espace d’une dizaine de jours environ. Cependant, elle n'eut vers ce moment aucun trouble de la santé générale, aucune élévation de température ; il y avait seulement un peu de douleur modérée disséminée dans toute la jambe sans localisation nette. Au fur et à mesure que la déformation s’accentuait, Ia marche devint de plus en plus difficile et enfin impossible.

En examinant ces attitudes vicieuses du pied, qui datent de plusieurs mois, on constate que le talus est moins accusé que

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le valgus et que le pied gauche est plus fortement atteint que le droit. |

Les muscles de la région antéro-externe de la jambe sont, à droite comme à gauche, le siège d’une contracture spasmodique très vive, immobilisant Le pied dans la position à laquelle il a été amené.

Si l’on essaie de redresser le pied, la contracture s’exagère encore et il est impossible d'arriver à le mobiliser le moindrement. D'ailleurs, dès qu’on approche la malade pour l’examiner, elle se raiditet exagère sa contracture.

Il y à de la contracture clonique spasmodique des orbiculaires des paupières, peu accentuée, mais cependant bien nette.

Les renseionements sont en outre difficiles à obtenir, car la malade forge à volonté et avec une singulière facilité, des histoires diverses et non concordantes sur sa maladie.

Localement, on ne constate pas de zônes d’anesthésie, nisur le membre inférieur, ni sur le reste du corps.

À un moment, bn a vu l'un des pieds contracturé en varus avec un peu d'équinisme, puis il a repris sa situation en talusvalgus et il a été impossible de l'en faire bouger depuis.

Les tentatives d'hypnotisme sur lesquelles du reste, on n’a pas insisté, n'ont pas amené le sommeil complet, mais ont révélé, d’une façon bien certaine, l’hystérie chez la malade.

On endort la malade au chloroforme, et pendant l’anesthésie la contracture disparait complètement et les deux pieds-bots sont réductibles sans aucune difficulté.

Appareil plâtré, immobilisant chaque pied en varus équin. Au boutde sept semaines, on retire ces appareils et la malade commence à marcher. Depuis elle a quitté l'Hôpital et nous ne l'avons pas revue. Au moment de la sortie, la marche était encore pénible (5 janvier.)

ROUX

La plupartdes auteurs qui parlent du pied-bot hystérique le décrivent comme un pied-bot varus-équin. Souques, dans son article, s'exprime ainsi à ce. sujet : « La contracture crurale est souvent localisée aux pieds «(pied-bot hystérique). Le pied se met d'ordinaire en « varus-équin, avec où sans flexion excessive des or- « teils, plus rarement en valg ts, ou en tout autre atti- «tude. »

Ceci semble déjà bien montrer que la contracture hystérique peut fixer le pied dans n'importe quelle position vicieuse. c Pourtant, nous ferons remarquer en passant que

toutes les observations que nous avons pu relever de pied-bot hystérique, comportaient la forme varuséquin. Notre observation précédente est la seule que nous connaissions de talus-valgus decette nature. S'il en existe quelque autre qui nous ait échappé, cela prouve en tous cas que, le varus-équin n'est pas la seule forme observée, bien qu'elle soit réellement la plus fréquente, de beaucoup.

Ainsi donc, il reste désormais bien acquis que le pied-bot hystérique constitue une manifestation spéciale de Ta névrose qui, peut survenir brusquement ou progressivement, et qui, chose beaucoup plus importante au point de vue du diagnostic, peut être l'un des premiers symptômes, précédant de très loin les attaques convulsives.

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B. — Tortlcolis hystérique.

La connaissance du lorticolis hystérique n'est pas de date très ancienne ; à mesure que l'on connait mieux la grande névrose el qu'on l’étudie davantage, on y rattache chaque jour quelque manifestation nouvelle jusqu'alors inexpliquée, et le champ de l'hystérie s’élargit de plus en plus.

C'est à Charcot surtout que nous devons la connaissance du torlicolis hystérique.

Ce torticolis peut relever de deux états différents et très voisins bien qu'opposés, la paralysie et la contracture. Mais c’est de beaucoup cette dernière qui est la plus fréquente. |

Dans la forme paralytique, la tête se trouve inchnée du côté opposé au musele atteint qui la plupart du temps est le sterno-mastoidien, parfois pourtant le trapèze, ou même les deux museles à la fois. Dans la contracture, au contraire, la tête est inclinée vers l'épaule du côté atteint, la face est en rotation du côté opposé ; mais c’est l’inclinaison latérale qui domine. L'extrémité céphalique est fortement inclinée, elle vient au contact de l'épaule, et la contracture, visible et tangible puisque les muscles contractés sont comme de véritables cordes dures et rigides, la fixent puissamment dañs celte position.

Vient-on à tenter de mobiliser la tête, on éprouve

une résistance invincible, et la contracture s’exagère encore à chaque tentative. Souvent, mais non toujours, il existe une zone d’anesthésie ou d'hyperesthésie cutanées au niveau des muscles atteints. Les tentatives toujours infructueuses de redressementsont souvent fort douloureuses, el arrachent des cris À la malade.

Un des caractères importants de cette contracture, c’est son intensité considérable qui dépasse de beaucoup celle que l'on observe dans le torticolis vrai

Nous empruntons à Charcot, comme exemple, un

passage de l'observation célèbre de Etch.......

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