OBSERVATION
Etch... (Salpêtrière). La maladie débute à trente-quatre ans, par une attaque convulsive épileptiforme ; les crises se succèdent à partir de ce moment.
À A0 ans, apparition des phénomènes permanents (ovarie et rétention d'urine). En octobre 1868, hémiplégie : en 1869, la contracture se déclare au membre inférieur et envahit quelque temps aäprès le membre supérieur.
Le 21 mai 1879, elle avait toujours une contracture du membre inférieur droit et des membres du côté gauche, datant de six ans. Depuis près d'un an, s’y était jointe une contracture des machoires (trismus hystérique) qui nécessitait l'emploi de la sonde œsophagienne. Il y avait en même temps d'autres phénomènes hystériques.
Le 2? mai, à 7 heures et quart du soir, survient une attaque
avec contracture des muscles du cou à gauche, qui porte le menton derrière l'épaule de ce côté. La malade crie ; la contracture des machoires avait disparu: en même temps qu'apparaissait le torticolis hystérique.Elle s’agite, on cherche à la contenir. Avec son bras devenu libre subitement, elle repousse ceux qui la tiennent. Elle veut aller à la fenêtre pour avoir de Vair. Comme on s'y oppose, sa colère augmente et sous cette influence, on voit cesser successivement la contracture de la jambe droite, puis celle de Ex jambe gauche, enfin celle du bras gauche. On laisse Etch... se lever ; elle marche. A huit heures la guérison était complète.
C'est parfois sans cause apparente, ou sous l'influence d’une excitation mentale, d'une colère, ou après un accès hystérique que le torticolis apparait. D'autres fois, c’est sous l'influence d’une hallucination, ou d’un rêve avec sensation douloureuse, que la contracture s'établit, comme dans l'observation suivante que nous avons eu la bonne fortune de recueillir dans le service de Monsieur le docteur Jules Voisin à la Salpêtrière.
OgBservarTioN I[. — (Personnelle.) X... 15 ans. — Salpêtrière, section Esquirol. Service de
Monsieur Jules Voisin (1892).
Cette malade a une hérédité nerveuse très chargée. Personnellement, elleest peu intelligente. Son état de santé est très bon ; elle n'a jamais présenté deconvulsions hystériques qu'une
fois, il ya plus d’un an, mais elle a des stigmates hystériques indéniables.
Dans le courant de l’année 1892, elle a été atteinte, à plusieurs reprises, de torticolis hystérique gauche, survenant toujours dans les mêmes conditions qui sont les suivantes.
Pendant son sommeil, la nuit, elle rêve qu’elle a une vive douleur dans le cou, et que cette douleur l'empêche de pouvoir remuer la tête. Au réveil, elle se rappelle parfaitement cette circonstance, à chaque fois. Elle se trouve alors, la tête inclinée sur l'épaule gauche, sans souffrir lorsqu'on n’essaie pas de la redresser. La face est légèrement tournée à droite, les muscles sont contracturés avec une force qui défie toute tentative de redressement ; la tête n’a conservé aucune mobilité, même la plus lègère, et pour regarder en divers points de la salle, qu’on lui indique, la malade essaie un mouvement de torsion du tronc et finit par se tourner tout à fait vers le point indiqué.
À chaque fois, M. Jules Voisin a obtenu la guérison instantanée et immédiate par la suggestion en état hypnotique. La malade est endormie par pression légère sur les globes oculaires, etil suffit de lui suggérer qu’elle ne souffre plus du cou, sans même lui parler de sa contracture ni lui dire que la mobilisation de sa tête lui est redevenue possible pour que, l’idée de Ia douleur disparaissant, les muscles se mettent de suite enrelàchement complet.
Il devient dès lors possible de lui mobiliser la tête dans tous les sens, etau réveil, la douleur et le torticolis ont complètement disparu : la malade ne se ressent de rien jusqu'à ce que, dans un nouveau rêve, elle éprouve encore de la douleur, suivie au réveil de la même contracture que nous venons de décrire.
Le lorticolis hystérique doit done être rangé par-
rage
mi les contractures hystériques localisées, au même tre que celles que nous avons passées en revue jusqu'ici, au même litre aussi que celles qui nous restent à voir.
CG. scoliose et cyphose hystériques. Contractures bilatérales des masses sacrolombaires.
Ces variétés de contracture sont excessivement rares, mais n’en présentent pas moins un réel intérêt, à cause des affections qu'elles peuvent simuler. Les déformations, déviations, où immobilisations de la colonne vertébrale sont dues à la contracture spasmodique des muscles de la masse commune. Landois, dans sa thèse (Paris 1889-1890), a bien attiré l'attention sur ces formes morbides exceptionnelles. Quelques cas soat dûs aux publications de Landry (Moniteur des hôpitaux, 2 juillet 1855), de Duret (nouvelle Iconographie de la Salpêtrière 1888) ete. Vic, dans une excellente thèse inspirée par Monsieur le professeur Lannelonguc (thèse de Paris 1893) sur la scoliose hystérique, en rapporte deux observations personnelles très intéressantes, et une troisième communiquée par M. le Professeur Grancher.
Au total, cela fait done sept observations publiées, de ces contractures hystériques spéciales ; nous y ajouterons une huitième observation que nous avons
Se
pu recueillir à la consultation de la Salpétrière, grâce à la bienveillance et à l’affabilité de Monsieur le docteur Jules Voisin. Cettedernière observation montrera mieux que toutes les descriptions que nous pourrions tracer, la tenacité de ces contractures, ét la difficulté parfois considérable du diagnostic de leur nature. Enfin notre observation présente encore un intérêt spécial, car elle a trait à un Jeune garçon ; outre qu'elle est une preuve de plus de l'existence de Fhyslérie mâle, qui n'a pas d’ailleurs besoin d'être démontrée aujourd'hui, c'est la seule que nous avons pu rencontrer de contracture des muscles vertébraux dans le sexe masculin. Mais rapportons d’abord les diverses
observations dont nous venons de parler,
Opservarion [ (in fhèse de Vic, 1893).
Berthe R.., 11 ans. Entrée le 31 mai 1890, salle Giraldès, lit n°38. |
Antécédents héréditaires. — La mère a 49 ans, elle a toujours été bien portante. Elle a eu 8 enfants. Cinq sont encore vivants, bien portants, mais ayant eu des signes de scrofule.” Un des huit est mort de la cholérine en nourrice; un autre d'inflammation d'intestin (?) à 6 mois (la mère avait dù cesser de le nourrir à cause d’abcès aux deux seins).
Le troisième est mort de méningite à 33 mois. La mère a eu son premier enfant à l’âge de 20 ans 112, le dernier à 39 ans. Elle avait 37 ans quand elle a accouché de la malade qui
nous occupe.
Der RASE
Le père est âgé de 59 ans: il souffre de gastralgie.
Il est très maigre, tousse beaucoup et crache. Il est cordonnier, mais ne travaille plus depuis longtemps. Il à eu des hémoptysies abondantes en 1872.
Antécédents personnels. — L'enfant est arrivée à terme par un accouchement normal. Elle à été nourrie par la mère jusqu’à 9 mois. Commencement de croup à 6 mois. Rougeole à 2 ans 112; l’enfant a été 6 semaines malade, depuis elle a été sujette à tousser l'hiver. À 5 ans 112, fièvre muqueuse, elle reste deux mois malade. Jamais d’autres maladies.
Gourmes dans l’enfance, glandes au cou, jamais mal aux yeux ni aux oreilles. L'enfant est très étourdie. Elle se plaint souvent d’avoir mal dans les jambes. Elle est sujette à tomber. I y à quinze jours, elle à fait une chute dans un escalier. Elle est tombée sur le côté droit. Elle a joué toute l’après-midi, comme si rien n’était.
Rien de particulier pendant ja nuit suivante. Le lendemain elle se tient un peu penchée, mais va à l’école comme d'hahitude. Le soir, elle se plaint de douleurs et se tient de plus en plus courbée. La mère la fait déshabiller.. Klle remarqué que tout le côté sur lequel l’enfant est tombée dans l'escalier, est gonflé. Le lendemain elle conduit sa fille au dispensaire Furtado-Heine, à Montrouge, puis à la consultation de M. de Saint- Crermain. On porte le diagnostic de scoliose.
M. de Saint-Germain prétend que cette déformation doit dater de naissance, son interne l'écrit à M. Dupré. La mère affirme que l’enfant n'avait rien avant son accident. Elle avait bien, dit-elle, les épaules un peu portées en avant, mais à la même hauteur. C'était une beile enfant, grande pour son âge. très vive, et d’instinct assez pervers, me dit la surveillante.
Elle est examinée par le professeur Lannelongue. Les symptômes qu’elle présente au point de vue de l’ensemble macros-