CHAPITRE IL
Stérigmatocystis nigra Van Tieghem (pl. I, fig. 3).
En 1867, Van TreGnem [87] vit apparaitre sur des dissolutions de tannin abandonnées à l'air, et dans lesquelles il se formait de l’acide gallique, une moisissure qu'ilappela Aspergillus niger, mais qu'il reconnut dix ans plus tard pour un Sterigmatocystis [88]. Ce champignon, revu par Bainier [1] en 1880, est la Mucédinée dont l'étude biologique est la plus complète ; rappelons seulement que RaAuLiIN, en étudiant la nutrition de cette moisissure, fut amené à déterminer la composition de son célèbre milieu nutritif.
Ce Sterigmatocystis forme un mycélium feutré, d'aspect blanchâtre, d'où s'élèvent des hyphes continues, à membrane épaisse, parfois légèrement brunâtres à la partie supérieure (a). Ces conidiophores, hauts de 600 jusqu’à 1800 u, se renflent à leur extrémité en boule de 30 à 60x de diamètre, recouverte sur toute sa surface de basides rayonnantes, en forme de massue renversée (e). Ces basides extrêmement serrées, de 30 à 70 # de long sur 12 à 16 p de large, portent chacune d'ordinaire quatre stérigmates ovoides, de 8 à 10 », terminés par une file de conidies sphériques, verruqueuses, de 3,5 # de diamètre moyen (c). Celles-ci, d'abord d’un jaune-citron, passent rapidement au brun-chocolat de plus en plus foncé et quelquefois au
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Si on examine à un fort grossissement une jeune culture cellulaire fixée soit à l’alcool absolu, soit au sublimé acétique, soit au picroformol, soit au liquide de Perenyi ou de Flemming, et montée dans la glycérine, on voit le sominet du stérigmate s’étirer en un tube qui renferme une file de sphérules, pourvues d’une membrane lisse (k)." A mesure que le nombre et le diamètre de ces corpuscules augmentent, le tube s’allonge, s’étrangle de plus en plus entre les sphères successives, et bientôt s’accole sur cellesei en s’échinulant. De Sevxes, en 1886 [24}, a le premier signalé an phénomène analogue dans l’Aspergillus candidus etle Penicillium crustaceum. GUÉGUEN a confirmé ces observations pour le Penicillium, et a vu se former de semblables conidies endogènes dans son Gliomastix chartarum (1905) [39].
En montant simplement des conidies müres dans une goutte d’eau, et en pratiquant sur la lamelle placée sous un compresseur un mouvement de va-et-vient, on peut encore apercevoir la membrane lisse, à peu près incolore des conidies, dont quelques-unes ne sont pas complètement séparées de la paroi enveloppante, mince et brunâtre, qui a été déchirée par le frottement,
Nous n'avons pas rencontré de sclérotes. Lorsqu'ils existent, « ils sont globuleux, tuberculeux ou cylindri- « ques, de dimensions très variables (500 à 1500 x), jaunes- « bruns avec une teinte rougeûtre, entourés, quand ils « sont intacts, d’une enveloppe blanchâtre, formée d’un « lacis de filaments » (GEDOELST).
Aspect sur différents milieux de culture (étuve à 22°). — Pomme de terre. — Les conidies ont germé après 24 heures, et le deuxième jour on aperçoit un mycélium blanc, qui se recouvre de conidiophores. Ces derniers passent au jaune et finalement au brun-noirâtre (85 C. des C.). Le huitième jour, les appareils fructifères recouvrent toute la surface de La pomme de terre.
= 56 — Pomme de terre acide.— Même développement.
Carotte. — Le mycélium est après 48 heures plus étendu que sur le milieu précédent, mais l’évolution et la teinte en sont identiques. Après un mois, la carotte se trouve aplatie et ratatinée.
Albumine d'œuf cuite.— Le quatrième jour, on remarque une petite tache jaune-serin, d’où s'élèvent des conidiophores à tête noirâtre. La coloration s’étend en surface et en profondeur et les appareïis conidiens sont toujours limités à cette zone colorée. La teinte jaune, maxima le douzième jour, disparait ensuite progressivement.
Raulin neutre gélatiné. — Fructifications noires apparentes le quatrième jour. La liquéfaction, partielle le sixième jour, est totale au septième, Raulin d’abord incolore, jaune après un mois.
Bouillon gélatiné.— Sur la strie d’inoculation s’observe, le deuxième jour, une trainée jaune-verdâtre le long de laquelle prennent naissance les conidiophores. Début de liquéfaction le quatrième jour; bientôt tout est transformé en un liquide clair et'transparent.
Bouillon gélosé. — Même aspect que sur gélatine. Reflets verdätres aux endroits où se forment de jeunes conidiophores, disparaissant en même temps que le nombre de conidies augmente.
Raulin normal.
A la surface, après 24 heures, filaments blanchâtres formant ensuite par leur enchevêtrement une membrane continue très chagrinée. De tete noir foncé à sa face supérieure, le voile épais noircit en vieillissant sur la partie en contact avec le Raulin.
Raulin neutre. — Culture. moins vigoureuse et moins boursouflée que sur Raulin normal.
Bouillon. — Le deuxième jour, voile mince, lisse, à reflets jaunes verdâtres. La teinte disparait avec le développement des organes reproducteurs, mais le voile reste toujours légèrement feutré, à surface plane. Plus tard, de longs filaments cloisonnés et ramifiés, contenant de nombreux globules arrondis ou ovales, plongent profondément dans le milieu liquide.
Milieux sucrés.— Avec le glucose et le maltose, l'aspect est identique à celui décrit sur Raulin acide ; avec le lactose, mêmes caractères que sur bouillon.
Influence de la température.
, ASPECT MICROSCOPIQUE POIDS DU MYCÉLIUM TEMPÉRATURE : 3 : après 5 jours d'une culture de 1 jour sur Rau DE Su Toul
220 | Courts filaments unicellulaires ...... 370 milligr. 292 Filaments peu cloisonnés........... 466 —
320 Filaments cloisonnés et ramifiés.....| 474 —
37% Filaments légèrement plus allongés .| 482 —
420 Les conidies augmentent de volume ;
quelques-unes germent.......... Traces (ro 0e TORRES ane n pan Tete ne de 0
L'examen microscopique montre peu de différence entre les cultures à 32° et 37°, et les poids de mycélium sont les mêmes à quelques milligrammes près; nous avons done, comme vérification, effectué de nouvelles cultures, qui, pesées après 3 jours, nous donnent :
à 220 Poids du mycélium 102 milligrammes.
270 — = 230 320 — He DL2? — 370 — — 448 —
Nous voyons que loptimum de croissance du Sterirgmatocystis rigra est compris entre 32° et 37°; 1l se trouve d'après RAULIN à 34°.
Chlorhydrique
Azotique.
Pouvoir inhibitoire de l'acide chlorhydrique : 28,76 -- 19,11 28 x 0,001825
{ (témoin)
2 (IV gtt ) 13 (Vgtt.)|#4 (XH gtt )|5
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Pouvoir inhibitoire de l'acide azotique :
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8 (XVII gt£.) SET
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L'influence fâcheuse de l'acide azotique, même à l’état d’azotate d’ammoniaque, a été constatée en 1896 par TanReT [85]. Dans un milièeu contenant 0 gr. 75 de ce sel au lieu de O gr. 251/;, cet auteur a vu les conidies de l'Aspergillus produire à 30°-40° un mycélium qui ne fructifie pas ou à peine et reste blanchâtre, si toutes les 24 heures on a soin de remplacer par du liquide neuf celui qui vient de s’épuiser. Cette dose supplémentaire d’azotate représente 3,93 d'acide par litre ; l'expérience montre donc, qu'un acide saturé par un alcali, agit encore sur la croissance de la plante par la nature de sa molécule.
E TUBES D | — 2 Àb gt) (AX gtt) [7 NN ge.) 18 GX g ) [9 CRXXIEg.) 110 (NXXVID LE (XXAX gt) ete
CREME RENE EE MRESERRE. re ee
. Acide
sulfurique.