CONCLUSIONS
Résumons brièvement les faits principaux que nous croyons avoir mis en lumière dans ce travail.
1. Par létude des cultures cellulaires, qui a donné en d’autres mains des résultats si féconds, nous avons complété et précisé certains détails de la structure des espèces étudiées, dont plusieurs étaient insuffisamment décrites et figurées. Nous avons observé, en particulier, la formation endogène des conidies dans les Sterigmatocystis nigra, carbonaria et fusca; 11 est probable que le petit diamètre des éléments conidiens des autres Mucédinées ne nous a pas permis de l’observer aussi chez elles.
2. Nous avons toujours vu coïncider l’optimum de germination et l’optimum de croissance ; ces deux déterminations se contrôlent réciproquement, et la comparaison de l’état de germination aux diverses températures met à l'abri des erreurs qui pourraient être commises dans les pesées.
3. Dans l’extrême sensibilité de certaines moisissures à l’action des alcalis, nous trouvons l'explication des différences culturales entre le Raulin neutre et le bouillon toujours alcalin. Le Raulin neutre gélatiné est liquéfié par le St. carbonaria; dans les mêmes conditions, le bouillon gélatiné ne subit aucun changement, le champignon ne donnant ici que des cultures peu prospères.
4. Les enzymes que nous avons obtenus en solution aqueuse sont ceux que les cellules mycéliennes laissent
En goue
diffuser au travers de leur membrane. Ces liquides fermentaires intéressants pour le biologiste peuvent encore avoir des applieations industrielles. Le Pœcilomytes Varioti permet ainsi d'obtenir, en partant de l’amidon, de grandes quantités de glucose susceptible à son tour de fermenter sous l’influence de Mucorinées ou de Levüres.
5. Les Sterigmatocystis lutea et fusca ont un pouvoir pathogène bien marqué. Les S£. nigra et carbonarta à doses très élevées (200 millions de conidies environ) provoquent la mort des Lapins, sans que les conidies aient germé dans l'organisme. On ne saurait, toutefois, attribuer leur nocivité à une action purement mécanique, car le Pæœcilomyces Varioti, même à ces doses massives, ne produit aucun accident analogue.
Ces résultats ne confirment done pas l'hypothèse énoncée par GUÉGUEN, d’après laquelle cet auteur supposait que toute Mucédinée,dontl’optimum cultural était voisin de 37° avec conidies de 2 à 6x, pouvait être pathogène; mais en comparant les pouvoirs inhibitoires des alcalis et des acides vis-à-vis des espèces étudiées, nous avons trouvé des différences très nettes entre les champignons pathogènes et les non pathogènes. Le pouvoir inhibitoire de la soude est supérieur à 1.500 vis-à-vis des Sterigmatocystis nigra, carbonaria et Pæcilomyces, inférieur à 1.000 visà-vis des S£. lutea et fusca et au-dessous de 500 vis-à-vis de l’Asp. fumigatus et du St. nidulans. Pour la potasse, les différences sont de même ordre et de même sens. Les limites d’acidité sont inverses. Les pouvoirs imhibitoires des acides chlorhydrique, sulfurique, azotique et oxalique sont respectivement supérieurs à 330, 240, 190, 115 visà-vis des St. nidulans, lutea, fusca, Asp. fumigatus, et inférieurs à 270, 170, 155, 70 vis-à-vis des Pœcilomyces Varioti, St. nigra et carbonaria. De la comparaison de ces chiffres, obtenus avec sept Mucédinées assez voisines les unes des autres au point de vue de la dimension des
conidies et des caractères morphologiques, ressort avec évidence un fait important, c’est qu'il existe une relation entre le pouvoir pathogène des Mucédinées et les limites d’acidité et d’alcalinité entre lesquelles elles croissent ; les Mucédinées non pathogènes (Sterigmatocystis nigra, carbonaria, Pæcilomyces Varioti) sont inhibées par des doses d’alcalis qui permettent le développement d'espèces pathogènes ($S4. lutea et fusca) et surtout des espèces
très virulentes (Aspergillus fumigatus, Sterigmatocystis nidulans).
Tuëse Docr. Ux. Pu., Paris, 1908.— Planche I.
À. Jourpr, Moisissures thermophiles.
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