‹ Étude de quelques moisissures thermophiles: (Aspergillus Micheli, Sterigmatocystis Cramer, Pœcilomyces Bainier)Chapitre 6 sur 40 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Technique pour l'étude morphologique.

La composition des milieux de culture ayant, comme on l’a vu, une influence marquée sur l’organisation générale de la moisissure, 1l est nécessaire de connaître la préparation des plus usités d’entre eux.

Raulin normal. — RauLin [70] après des expériences remarquables a établi en 1870 la composition d’un liquide artificiel où la plupart des Mucédinées et même beaucoup d’autres champignons microscopiques peuvent emprunter les éléments nécessaires à leur développement.

SILGÉE CAN reed 70gr. Sulfated'ammoniaque. 0,25

Acide tartrique......... 4 — —deZInc se 0,07

Azotate d'ammoniaque.. 4 — ne [ete 0,07

Phosphate — 0,6 Silicate de potasse... 0,07

Carbonate de potasse ... 0,6 Eau distillée......... 1500 ce. — magnésie.. 0,4

On ne peut de cette formule retrancher un sel le plus inutilisable en apparence pour l’organisme, sans que la plante ne ressente. les effets de cette soustraction. Pour des cultures de Sterigmatocystis nigra placées à 35° et pesées après trois jours, les récoltes tombent :

de 14 gr. 1 à 10 gr. 2, après soustraction de silicate de potasse. — 9gr. à 3gr.s5, — — sulfate de fer.

— pr. à 2 97.6, — — sulfate de zine.

0 gr

— 14 gr. #à JE = Fe carbonate de potasse:

DRE NAT es

Ces résultats, donnés par RAULIN, ont été parfois contestés.

Mozzrarp et Coupin [59] reconnaissent l'influence manifeste de l'absence de potassium, surtout marquée dans la constitution des appareils conidiens ; mais Coupin [19], après une série d” expériences, conclut que : « 1° Le fer, « le silicium et le zinc ne sont d’aucune utilité dans la « nutrition du Sterigmatocystis nigra ; 2° Le zinc même « retarde le développement du mycélium quand la nourri- « ture est abondante, et le tue quand il est mal nourri. » En 1907-1908, Javizzier [45-46] confirme au contraire les résultats de RAULIN, quant à l’influence favorable du zine sur l’accroissement de la Mucédinée. Le minéral est fixé en totalité par la plante, lorsque sa dilution est égale ou supérieure à 1/250.000 : une proportion de 1/50.000.000 de zine dans le milieu de culture possède une action favorisante manifeste ; la dose ne devient toxique qu'au-dessus de 1/25.000.

Sur ce liquide de Raulin, milieu de choix pour les +. pignons inférieurs, une première transplantation est parfois insuffisante pour observer des formes mycéliennes et reproductrices toujours comparables à elles-mêmes. J. Ray [71;, ErRerA [29] et tout récemment Sarrory [75]ont montré qu'un organisme transplanté dans un milieu différent de celui où il a coutume de végéter, arrive après quelques générations à s’y adapter; de telle sorte que si on le repique dans le milieu primitif, il repasse par la phase inverse et ne redonne qu'après plusieurs repiquages le type d’où l’on est parti. En rappelant ce fait, nous supposons que bien des formes d’Aspergillus pathogènes, décrites comme espèces voisines du fumigatus, auraient pu, après une série’ de cultures sur même milieu, être identifiées à l’Aspergillus fumigatus de Fresenius.

Raulin neutre. — Si l'acidité du liquide de Raulin est en général favorable au développement du champignon, elle

devient un obstacle dans certain cas ; on remplace alors | l’acide tartrique par une quantité équivalente de tartrate neutre de potasse dans la solution précédente. Ce Raulin neutre nous donnera des milieux solides par addition de 10 à 121), de gélatine ou 2 1/, de gélose.

Pomme de terre et Carotte. — On les prépare suivant les méthodes usuelles usitées en bactériologie.

Pomme de terre acide. — On fait macérer pendant 24 heures les fragments de pomme de terre dans une solution d'acide lactique à 1°/, et on les introduit dans les tubes de Roux avec une petite quantité de la même solution.

Bouillon.— La préparation se fait soit avec de la viande hachée, comme l'indique Grimserr [34], soit plus rapidement en ajoutant à 1500 grammes d’eau, 30 grammes peptone, 7 gr. 5 glucose et 75 grammes glycérine. On neutralise avec de la soude au 1/10 jusqu’à légère alcalinité et, comme avec le Raulin, on solidifie par la gélatine ou la gélose. |

Tous ces liquides ou solides sont placés dans des vases de culture, bouchés au coton et recouverts d’une capsule d’étain. Une stérilisation à 110° pendant un quart d'heure est toujours suffisante et on évite ainsi d'obtenir des pommes de terre pâteuses et des liqueurs troubles. Ces milieux, avant d’être portés à l’étuve, sont ensemencés, à laide d’un fil de platine flambé, de conidies provenant de cultures récentes. :

Examen microscopique.— Il a lieu avec ou sans colora-, tion. Dans ce dernier cas, on peut monter simplement à l’eau la préparation ou recourir à la méthode de CRoOKSHANK [21]. On dépose une goutte de glycérine sur une lame et une goutte d’alcool sur une lamelle, on immerge les filaments mycéliens dans l’alcool, on renverse

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