‹ Étude de quelques moisissures thermophiles: (Aspergillus Micheli, Sterigmatocystis Cramer, Pœcilomyces Bainier)Chapitre 9 sur 40 · CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IT

Technique pour l'étude biologique.

Connaissant la morphologie générale d’une Mucédinée, nous considérerons maintenant l’action produite sur ledéveloppement du champignon par les agents physiques (température), ou chimiques (acides et alcalis), et réciproquement les changements apportés par la culture de la plante dans la composition des milieux où elle végète (milieux sucrés ou milieux azotés).

Influence de la température. — Toute moisissure vit dans des limites de température variables pour une même espèce, mais dans l'échelle thermique il est un point où sa croissance est maxima, Ce point marquant l’optimum de température de l’espèce considérée. GUÉGUEN [37], pour “son Steriomatocystis auricoma, distingue par définition l’optimum de germination de l’optimum de croissance.

L’optimum de germination est la température où Pallongement des filaments mycéliens est le plus considérable au bout d’un temps donné. Pour le déterminer, nous ensemençons six tubes de Raulin que nous mettons dans des étuves réglées à 222, 27°, 32°, 37°, 42° et 50°. Apres 24 heures, un prélèvement opéré dans chaque tube permet de mesurer au microscope la longueur des hyphes émises par les conidies. Au début, nous avons employé les cultures cellulaires dont l'examen est facile aux basses tempérabures, mais à 42° ou 50° la préparation se trouve rapide-

re A0

ment desséchée. Pour éviter l’évaporation, nous avons bien luté à la parafline, mais alors la gouttelette d’eau ajoutée pour maintenir l’humidité se condense sur la lamelle et dilue le milieu nutritif. Nous avons donc, par la suite, abandonné ce procédé.

L’optimum de croissance est indiqué parle poids maxima de la récolte obtenue, au bout d’un même nombre de jours, dans des matras identiques. À l’aide d'une boucle de platine on ensemence superficiellement des ballons de 50 ®% contenant 25 « de Raulin normal que l’on place à 22°, 27, 32°, 37°, 42 et 50°. Cinq jours après, le contenu de chacun d’eux est tué par la chaleur et jeté sur un filtre taré. Après plusieurs lavages pour éliminer toute trace de sels minéraux, on dessèche le filtre à l’étuve et on le pèse. La différence obtenue donne le poids du mycélium. Pour des températures voisines, il est souvent diflicile d'établir des * chiffres exacts ; les voiles, qui se sont formés à la surface du Raulin, s’épaississent, se feutrent, diminuent, par leur action respiratoire, les proportions d'oxygène contenu dans l’atmosphère du matras et appauvrissent en éléments nutritifs le liquide sous-jacent. Dans ces conditions de végétation exubérante et étouflée, les voiles présentent après cinq jours le même aspect et sensiblement le même poids. Pour avoir des différences bien marquées, dans une semblable expérience, nous effectuons les pesées dès le troisième jour. C’est dans ces conditions que furent obtenus les résultats que nous donnerons plus loin pour chaque Mucédinée et qui nous permettront de déterminer avec une suflisante précision l’optimum de température.

Influence des acides et des alcalis. — « Tandis que le « Sterigmatocystis nigra ne se développe bien que dans « un milieu acide, l’acidité est au contraire une très mau- « vaise condition d'existence pour le Sterigmatocystis « versicolor, qui en est morphologiquement très voisin.

Loop

« Dans le liquide de Raulin intégral, par exemple, la pré- « sence d'acide tartrique le fait pousser avec une extrême « lenteur et de plus l'empêche de sporuler, alors que dans « le liquide de Raulin sans acide tartrique il se développe « normalement.» (Coupin et FRiEpeL [20]) Cette différence considérable entre les appétences chimiques de plantes très voisines conduit à établir pour chacune d’elles les quantités d’acide ou d’alcali susceptibles d'arrêter toute culture. Nous avons choisi pour ces essais : les acides chlorhydrique, azotique, sulfurique, la potasse, la soude et l’acide oxalique parmi les composés organiques. Les solutions titrées d'acide tartrique ne peuvent être conservées, car elles se remplissent de filaments de moisissures, qui végètent aux dépens du corps dissous. Pour nous rendre compte si l'acide tartrique n'aurait pas à haute dose quelque influence retardatrice, nous avons effectué cependant des cultures de toutes nos Mucédinées sur. milieux renfermant en acide tartrique les doses-limites obtenues avec les autres acides. L'action favorable en fut manifeste et le développement plus rapide que sur Raulin neutre ; parmi nos Champignons, aucun ne se rapprochait à ce point de vue du Sterigmatocystis versicolor. RAULIN a trouvé que le poids des récoltes du Sterigmatocystis nigra diminue quand la proportion d’acide tartrique arrive à 63 gr. par litre et devient à peu près nul pour une dose de 250 gr. Ce maximum ne serait certainement pas atteint par nos autres Séerigmatocystis dont les limites d'acidité sont inférieures à celles du S£. nigra; mais, quand un organisme végète dans un milieu renfermant une quantité aussi élevée d'acide tartrique, peut-on considérer ce corps comme nuisible, alors que ce même Sterigmatocystis ne cultive plus dans du Raulin renfermant : |

5 gr. 29 d'acide chlorhydrique par litre où

6 gr. 50 — azotique — — 9 gr. 25 — sulfurique — —

21 gr. 43 — oxalique —

Page 1