‹ Étude de quelques transformations observées au cours de la calcination des sesquioxydes de fer, de chrome et d'aluminiumChapitre 10 sur 16 · LE VERT GUIGNET (OXYDE DE CHROME VERT ÉMERAUDE · texte numérisé non relu

LE VERT GUIGNET (OXYDE DE CHROME VERT ÉMERAUDE

Historique. — Lorsqu'on chauffe à sa température de fusion un mélange de bichromate de potasse avec quatre fois son poids d’acide borique, on obtient une masse pâteuse et on observe un dégagement d'oxygène ; après refroidissement, si on reprend par l’eau, il se dissout un borate de potasse et il se précipite un oxyde de chrome très brillant, connu dans l'industrie sous le nom de « Vert Guignet (1).

Les travaux de Scheurer-Kestner (?) ont montré que l’acide borique n'entrait pas dans la composition de ce produit et que sa formule était Cr?05. Wühler (*) a préparé le même produit en utilisant le bichromate d’ammoniaque, on récupère alors de cette façon directement l'acide borique qui peut être à nouveau utilisé ; il a supposé que le corps ainsi obtenu et le sesquioxyde précipité était deux hydrates isomères ; le vert Guignet serait le résultat de l'hydrolyse d’un tétraborate de chrome, il nous a semblé que rien dans la suite des expériences ne peut mener à de telles hypothèses.

On sait que le Vert Guignet est un produit insoluble dans les acides étendus, et dans les alcalis même bouillants, il est soluble dans les acides concentrés chauds en particulier l’acide sulfurique et dans le bisulfate de potasse fondu comme le sesquioxyde ordinaire. Il ne donne pas de dégagement de chaleur au cours de sa calcination ; chauffé modérément il s'oxyde.

)ÈB: Soc. ch., 1, 198, 1858-59.

() (?) B. Soc, ch., [2], 3, 26, 413, 1865.

() Zeit. angewandte-chemie, 24, 484, 1911 ; 21, 1600, 1909.

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chaleur à 5oo°, en b, correspondant à sa décomposition. ‘ Etant donné que nos analyses thermiques se sont toujours effectuées en présence de l'oxygène de l'air, ce phénomène endothermique se retrouve sur la courbe (XXIIT) du Vert Guignet. Après cette décomposition le corps obtenu est le sesquioxyde vert olive. Ceci identifie ce dernier chromate avec celui obtenu par recuit du Cr'O,°.

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Ferre XXIIL Vert Guignet, XXIV. Cr°O? résultant de l'oxydation du en Guignet à l’air à 4oo°. XXV. Cr$0? résultant de l’action de CrO* sur le vert Guignet : a) eau. d’adsorption, b) décomposition en sesquioxyde.

De même que l’oxyde précipité, le Vert Guignet réagit avec les solutions d'acide chromique, pour donner un nouveau produit noir, légèrement soluble dans l’acide hong et lui faisant prendre une teinte très foncée.

Pour isoler le chromate qui se forme dans cette réaction nous avons fait réagir une solution très concentrée d’acide chromique (environ 75 0/0) avec des quantités croissantes de Vert Guignet, on évaporait à sec vers 1000-1500, Dans une pie expérience où il y avait moins de 1 molécule

d'acide chromique pour 2 molécules de Vert Guignet nous avons obtenu une masse noire salie par quelques particules vertés, ce produit n’abandonnait pas d’acide chromique au lavage à l’eau, il était inattaquable par la solution de potasse à 10 0/0. Dans une autre expérience nous avons fait réagir plus d’une molécule d'acide chromique sur deux molécules de Vert Guignet, il restait de l'acide libre que nous avons éliminé par lavage à l’eau.

(L'analyse du produit ainsi préparé nous a donné les résultats suivants : pour un résidu de 0,373 nous avons recueilli un volume d'oxygène de 1j cm calculé pour la formule Cr'O® le volume dégagé serait de 16,5).

L'analyse thermique, courbe (XXV), de ces produits est identique à celle du corps obtenu par oxydation du Vert Guignet. |

Un échantillon de Vert Guignet chauffé à l’air dans un four réglé à la température de 650° s’est successivement oxydé et désoxydé, le résultat de ce recuit au bout d’une vingtaine de: minutes a été de l’oxyde vert olive. Dans une autre expérience faite dans un long tube de Pyrex fermé, dont l’atmosphère avait été débarrassée d’eau et d'oxygène avec de l’anhydride phosphorique et un tortillon de cuivre rouge, on a chauffé, à la même température et pendant un même temps, un deuxième échantillon de Vert Guignet, dans ce cas nous n’avons observé aucune transformation.

Conclusion. — A l'analyse thermique, le Vert Guignet ne présente pas l'absorption caractéristique des hydrates, nous avons d’ailleurs vu qu’il se forme en l’absence d’eau et d’alcali à la température de 5509-6oo°.

(‘) Le Vert Guignet réagit difficilement avec les acides forts, comme les acides chlorhydrique et sulfurique, et au contraire avec grande facilité avec l’acide chromique ; nous avons supposé que les sels solubles doivent être des dérivés de la forme instable &; dans le cas où on essaye de dissoudre la forme f, la réaction doit être faiblement exothermique, il est alors nécessaire de chauffer pour faciliter l’attaque.

Comme le sesquioxyde vert olive, il résiste aux acides et aux bases, mais il est oxydable et réagit facilement avec l'acide chromique, pour donner directement le chromate de chrome Cr°O® sous ce que nous avons déjà appelé la forme stable ou dérivée de Cr'Oiÿ.

Cet ensemble de propriétés nous fait supposer que ce produit serait le sesquioxyde vert olive sous un état de division particulier, l'acide borique ne jouant au cours de la préparation que le rôle de dissolvant de l’acide chromique. Dans le cas du vert olive il semble que ce sont les résistances passives, entrant toujours en ligne de compte pour les produits préparés à haute température, qui its les réactions d’oxydation verss 4ooû.

Nous avons isolé ici un chromate de chrome comparable à celui déjà obtenu mélangé de Cr?0 par recuit de Cr°O,? ce

qui confirme l’hypothèse faite alors. Nos etforts se sont portés sans résultats, à préparer à partir du Vert Guignet un

CrOs?.

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