‹ Étude de teratologie: De l'EctodactylieChapitre 6 sur 30 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

C’est une jeune fille de 21 ans, Sidonie C..., cousine germaine du jeune homme de l'observation précédente; elle est aussi affectée d’une anomalie analogue des quatre extrémités.

Le sujet, de santé assez bonne, est irrégulièrement conformé : il présente une asymétrie croisée. Asymétrie faciale : œil gauche plus petit. Asymétrie du tronc et des membres latéraux droits. (PI. I, fig. rbis.)

Mai prRoITE, — La main droite (fig. 11) est une petite main à quatre doigts : le pouce, l'index, l’'annulaire et le petit doigt.

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Mais nous sentons sous la peau cinq métacarpiens, seulement celui du médius, plus petit que normalement, se coude brusquement à son tiers inférieur, et vient s'appuyer, sans y adhérer, sur la face radiale de la tête du métacarpien de l’annulaire, au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne.

Il résulte de cette disposition de la main :

1° Une encoche qui remonte sur le dos de la main, à la place qu'occuperait le médius, à deux centimètres environ audessus de la tête des métacarpiens;

2° Un écartement en éventail de la main, troisième et quatrième têtes des métacarpiens n'étant plus tenues.

Le pouce et l'index sont palmés jusqu'à la base de la deuxième phalange.

Il en résulte la limitation de tous les mouvements propres au pouce. L'index est solidaire.

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Les mouvements propres à l’annulaire et au petit doigt sont normaux et s’exécutent facilement.

Les mouvements en totalité, de flexion et d'extension, tout en s’exécutant normalement, donnent à la main des formes particulières.

Dans le mouvement d'extension, le pouce et l'index, d'une part, s’écartent en éventail de l’annulaire et du petit doigt, d'autre part, formant ainsi un angle obtus.

Dans le mouvement de flexion, les métacarpiens se rapprochent, l’encoche s’efface, les têtes métacarpiennes (II, IT, IV) prennent contact (fig. 14).

La préhension se fait à pleine main, sans l’aide du pouce.

Main GAUCHE. — La main gauche (fig. 12) ressemble à la précédente.

Fig. 13 Fig. 14

Les cinq métacarpiens existent, mais la main n’a que quatre doigts : pouce, index, annulaire, petit doigt.

ie Le métacarpien du médius absent s'incline sur la face radiale de la tête du métacarpien de l’auriculaire et s'y articule. Il résulte de cette disposition une bifidité de la main gauche, semblable à celle de la main droite.

La main gauche est plus volumineuse que la main droite.

Les mouvements des doigts et de la main s'exécutent facilement : l’encoche s'’ouvrant avec l'extension, se fermant avec la flexion.

Pien prorT. — Le pied droit (fig. 15), bifide comme les mains, possède trois orteils : le premier, le troisième et le cinquième.

Il y a, très perceptibles au palper, cinq mélalarsiens. Le métatarsien premier fait partie du squelette complet du gros

Ftg. 15

orteil. Le métatarsien deuxième se dirige obliquement en dedans et se termine au côté externe de la première phalange du gros orteil, avec laquelle il s'articule, un peu en avant de

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son articulation métatarso-phalangienne. Le métatarsien troisième appartient au squelette normal du troisième orteil, lequel s'incline en dehors, et vient s'appuyer sur le cinquième orteil, avec lequel il prend la même enveloppe cutanée jusqu’à la base des phalangettes. Le métatarsien quatrième vient entre ces deux derniers et s'articule avec le côté interne de la première phalange du cinquième orteil, au milieu de l'articulation métatarso-phalangienne.

Ainsi donc, le gros orteil possède ses pièces squelettiques habituelles plus le métatarsien du deuxième orteil; et le cinquième orteil, soudé au troisième, possède, en outre, le métatarsien quatrième.

Il résulte de cette disposition une bifidité du pied, une encoche entre le pouce en dedans, les troisième et cinquième orteils en dehors, encoche dont l’extrémité supérieure remonte à. deux centimètres de l’articulation tarso-métatarsienne.

Pre GAUCHE. — Cinq orteils, cinq métatarsiens (fig. 16).

Le premier et le deuxième sont réunis dans la même enveloppe cutanée.

Le troisième et le quatrième sont aussi syndactylisés.

Il en résulte une encoche entre les deuxième et troisième orteils, encoche dont l'extrémité supérieure remonte au niveau de l'articulation métatarso-phalangienne du gros orteil.

Comme son cousin, et pour la même raison, Sidonie C... marche facilement.

Ajoutons qu'en plus de ces anomalies, le sujet présente une asymétrie croisée.

Cette jeune ectrodactylienne des quatre extrémités est la seconde de quatre enfants tous régulièrement conformés. Sa mère, Sidonie B..., ne présente aucune anomalie.

Il n’en est pas de même chez ses oncles et chez sa tante, oncles et mère de son cousin germain, Just C..., sujet de la première observation.

Just C..…., le jeune ectrodactylien symétrique parfait des quatre extrémités, est le neuvième de onze enfants. Trois de

ses frères et quatre de ses sœurs sont régulièrement conformés; cinq sont mariés et leurs enfants ne présentent rien de spécial.

Mais les troisième, quatrième et dixième sont atteints d’anomalie, et voici leurs observations.

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