Année de guerre et d*invasion
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tandis qu'en Belgique et en Hollande elle leur permet de constituer une nouvelle famille.
8° Examen d'un même pays où la loi vient à changer (1). — Je vous ai prouvé ma proposition par Tépreuve et par la conlre-épreuve ; la démonstration pourrait donc sembler complète. Laissez-moi pourtant revenir à Tétude de la Suisse. Je tiens à citer l'opinion de l'homme éminent qui dirige la statistique suisse après Tavoir créée. Le témoignage de M. Kummer est d'autant plus précieux qu'il ne parait pas avoir toujours été très partisan de la loi de 1874. Depuis, Tobservation impartiale des faits statistiques semble l'avoir converti.
Voici ce qu'il écrit dans Y Inlrodiiction des Mouvements de la population suisse en 1880 :
« Les différences qui existent entre les divers cantons, dit-il, montrent que le nombre des divorces ne dépend pas seulement de la loi.
c La loi ne peut pas supprimer la cause première du divorce qui est le dissentiment conjugal.
€ Peut-être la fréquence des divorces serait-elle modifiée par le rétablissement de certaines dispositions surannées et peu pratiques ; nous ne croyons pas qu'on veuille retourner à ces anciens procédés.
« Si l'opinion publique désapprouve le divorce, elle trouvera d'autres moyens, surtout dans un pays libre, de mettre un frein aux divorces futiles.
< Et si cette désapprobation n'existait pas, qui pourrait songer à lui donner une sanction légale ? *
Voilà le langage d'un homme sensé, et j'ajouterai d*uh véritable Suisse, élevé dès l'enfance à comprendre la liberté, c'est-à-dire à compter sur l'opinion publique de son pays et à la respecter.
— « Mais, s'écrient quelques statisticiens improvisés, la Suisse est devenue^ sous l'influence de cette loi abominable, le pays de- la terre où les divorces sont les plus Eombreux !»
Non, la Suisse n'est pas devenue le pays que vous dites. Elle Ta toujours été. Je rends la parole à M. Kummer, le savant directeur de la statistique suisse.
Il va, par quelques exemples bien choisis, achever notre démonstration, et prouver combien l'influence des lois sur le nombre des divorces est insignifiante, puisque, dans un môme lieu, quand la loi change, le nombre des divorces ne change que très peu.
Voici comment s'exprime M. Kummer :