‹ Étude démographique du divorce et de la séparation de corps dans lesChapitre 20 sur 112 · CHAPITRE m. — INFLUENCE DES TRAtrtTIONS HELTCTECSES · texte numérisé non relu

CHAPITRE m. — INFLUENCE DES TRAtrtTIONS HELTCTECSES

:iu point de vue psychologique, mais que je crois plus vraisemblable. C'est que très probablement (les documents suisses ne nous disent rien sur ce point) la plupart des mariages mixtes se font dans les villes. (Voir sur ce point le § lA.) C'est dans les villes en effet que les gens de religions différentes se trouvent le plus souvent porte à porte; dans les campagnes, il est relativement rare qu'un village n'appartienne pas exclusivement à une seule religion; c'est dans les villes enfin que Tesprit de tolérance religieuse est le plus répandu. Or nous verrons (chapitre v) que l'agglomération urbaine a sur la fréquence du divorce une influence considérable.

Il est donc naturel que les mariages mixtes étant contractés très souvent dans les villes soient soumis aux conséquences de la vie urbaine.

Il y a donc lieu de distinguer les divorces des mariages mixtes suivant qu'ils proviennent de la population urbaine ou de la population rurale.

Je ne serais pas surpris si une pareille enquête montrait que le divorce est plus fréquent chez ces ménages mixtes que chez les autres. En général, en effet, ils sont composés par des gens assez intelligents et détachés des préjugés courants. Or nous verrons que c'est dans les populations où Tintelligence est la plus active que les divorces sont (en règle générale) les plus fréquents.

§ 12. — Élude des Pays-Bas, — Non seulement le catholicisme diminue le nombre des divorces (ce qui pourrait s'expliquer — insuffisamment à mon avis — par le droit canon), mais encore les séparations de corps sont plus rares dans les pays catholiques que dans les protestants.

L'étude des Pays-Bas le démontre avec une netteté parfaite.

La loi des Pays-Bas en effet admet, comme le Code civil de 1804, le divorce ou la séparation de corps {van tafel en bed) à la volonté des intéressés.

Or nous voyons que, là comme ailleurs, les catholiques ne se séparent guère plus volontiers qu'ils ne divorcent (1). Les protestants

1. n est d'ailleurs très douteux que dans un pays catholique on recale souvent devant un divorce nécessaire lorsque la séparation n'est pas admise par la loi.

Voyez TAlsace, pays calholiqde pourtant ; elle a été soumise successivement à trois législations : i^ séparation seulement; 2<> divorce et séparation au choix des intéressés; 3^ divorce seulement. Si les catholiques, qui forment Timmense majorité de la population alsacienne, répugnaient au divorce plus qu'à la séparation, nous aurions dû voir

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bollaixlais ont crailieurs une tendance au divorce et à la séparation bien moindre que les Suisses. Nous avons déjà vu que les ménages flamands, quelle que soit leur nationalité, quelle que soit leur législation, ont peu de tendance à se brouiller judiciairement.

La religion caibolique ajoute encore à cette influence de race. C'est ce que démontrent les chiffres suivants, qui s'appuient sur quinze ans d'observation :

Tableau VII.

Fréquence des d^ivorces et des séparations de corps dans les différentes

provinces des Pays-Bas (1850-1864) (1).

Sur 400 habiUmts, Ponr 4,000 mariaçes cél ébréi

combien mi '^ — ■ ■■■ — '

de protesUnU Combien de Combien

(les aolres caiho- séparations de Total,

liqaes) (1850) ? de corps ? divorces ?

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