‹ Étude démographique du divorce et de la séparation de corps dans lesChapitre 21 sur 112 · Provinces protestantes · texte numérisé non relu

Provinces protestantes

Gueldre 62 0.85 1,20 2.05

Hollande méridionale iA^î'^ 74 1.56 4.82 6.38

Hollande septentrionale (.W& 66 2.22 8.06 10.28

Zélande 73 0.76 2.60 3.36

Utrecht 61 1.94 2.25 4.19

Frise 91 1.30 1.90 3.30

Overyssel 67 0.55 1.22 1.77

Groningue 91 0.84 2.98 3.82

Drenlhe 92 0^27 iM 1.0(

Royaume 61 1.24 3.29 4.53

Un simple regard jeté sur notre dernière colonne montre que les deux provinces catholiques divorcent et se séparent moins encore que les autres. Lorsque deux époux veulent néanmoins se séparer, ils choisissent plus souvent la séparation que le divorce (contrairement à

baisser le nombre des divorces après 1873. Or il a été en 1875 ce qu'il avait été en 1874. (Voy. § 49.) La vérité est que les catholiques, lorsqu'ils ont besoin de recourir aux lois qui relâchent le lien conjugal, savent les prendre telles qu*iis les trouvent. Ils se préoccupent peu du droit canon.

Ce qui me parait ressortir de tous ces faits, c'est que les catholiques éprouvent moins souvent que les autres le besoin de se séparer de leur conjoint. Ils savent se résigner. Reste à savoir si cette résignation est intelligente, si elle est utile, si même elle est toujours honorable. (Voy. § 43.)

1. D'après les chiitres rassemblés dans un volume récapitulatif publié en 1872 par la direction de statistique des Pays-Bas sous ce titre : Algemeene statistick van Nederlandf 2* partie. \

t:nAPltRE m. — influence des 'tRABttlONS RELlTilÈÙSEà 33

te qui arrive en Belgique). En somme, il est rare qu'ils aient recours à ces extrémités.

Dans les provinces protestantes, au contraire, les époux mallieureux préfèrent le divorce à la séparation. L'un et Tautre y sont d'ailleurs très rares, car il convient de mettre à pari les deux provinces propres de Hollande. Leurs chiffres, relativement élevés, sont dus & la présence des trois grandes villes du royaume : Amsterdam, la Haye et

RoUerdam.

§ 13. — Elude de la Bavière. — La même étude est possible en Bavière, où les trois quarts des habitants sontcatholiques, mais où trois cercles comptent une proportion élevée de protestants.

Naturellement les différences qui séparent les divers cercles bavarois sont moindres que celles qui séparent les cantons suisses. Il y a pour cela deux bonnes raisons : c'est que chaque canton suisse forme une petite patrie différente, conservant ses usages, traditions et habitudes locales, tandis que les cercles bavarois ne sont que des divisions administratives. Puis il n'y a pas en Bavière de province exclusivement protestante; toutes sont plus ou moins exclusivement catholiques. Ainsi Taclion de la religion sur la fréquence du divorce ne peut se montrer que plus ou moins voilée.

Mais si les différences entre les cercles bavarois sont faibles (les divorces étant rares dans toute l'étendue de ce royaume), il faut remarquer qu'elles se font dans le sens que nous avons indiqué.

En 1870-75, la Moyenne-Franconie, où les quatre cinquièmes des habitants sont protestants, a compté 5.4 divorces pour 1,000 mariages. Pendant ce temps, la Ilaule-Franconie et le Palatinat, où les trois cinquièmes seulement des habitants sont prolestants, comptaient déjà des chiffres plus faibles : 4.1 et 4.2.

Enfm la Basse Franconie, le Haut-Palalinat et la Souabe, qui sont • presque exclusiveineat catholiques, comptent moins de divorces encore : leurs chiffres respectifs sont 2.1, 3.8 et 1.9.

Restent les deux provinces de Bavière propre, qui, quoique catholiques, comptent une proporlion relativement élevée de divorces; mais si la Haute-Bavière en a tant, c'est uniquement parce qu'elle contient la grande ville de Munich (230,000 habitants) : nous verrons en effet (chapitre v) que les divorces sont toujours et en tout état de choses très nombreux dans les grandes agglomérations urbaines. Or je trouve que pendant la période 1862-70, sur 88 di-

36 ÉTUDE DÉMOGRATPHIQDE DtJ DIVORCE

vorces prononcés en moyenne par an dans la province de la Haute- Bavière, 31 étaient prononces dans la seule ville de Munich. De même en 1870-75, sur 70 divorces annuels prononcés dans cette province, 34, c'est-à-dire près de la moitié, appartenaient à la seule ville de Munich.

Tableau VIII.

Bavière (i). — Pour 1,000 mariages, combien de divorces?

Sor 100 habitants, Poar 1,000 mariages,

combiea de catholiques combien de divorces Y

(les autres prolestanis)? ■ — '- " —

Haute-Bavière 96 11.6 8.1

Basse-Bavière 99 12.3 8.1

Palatinat 43 3.8 4.2

Haut-Palatinat et Ratisbonne . . 92 3.9 3.8

Uaute-Franconie 42 3.6 4.1

Moyenne-Franconie 22 7.5 5.4

Basse-Franconie et Âschaffenburg 80 2.l2 2.1

Souabe et Neubourg 85 3.4 1.9

Royaume de Bavière ... 71 6.4 5

§ 14. — Elude de la Bavière {suile). Ménages calholiqiies, proteslanls, dUaulres cultes chréliens, israélites, mixleSj étudiés par cercles. — En Bavière, comme en Suisse, on peut étudier Tinfluence de la religion sur la fréquence des divorces par une méthode plus directe et plus probante que la précédente.

On peut calculer le rapport suivant : Pour 1,000 mariages de

1. Remarquons en passant que la Bavière, par une exceplion unique, a vu baisser en 1870-75 la proportion de ses divorces. Ce résultat ne parait pas dû, comme on pourrait le croire, à la guerre de 187U-71, car voici le nombre absolu des divorces observés année par année depuis 1862; on verra par eux que les années 1870, 1871, 1872, 1873 et 1875 comptent toutes très peu de divorces :

Du 1*' octobre 18C2 au 30 septemb. 1863 262

— lS(i9 295

Du 1*' octobre au 31 décembre. 1870 • . . 49

Année. . . 1871 211

— Ih74 288

Cescbiffres, comme tous ceux qui précèdent, sont empruntés au volume ofliciel trës^commode publié par M. Georges Mayr sous le titre suivant : Die Bcwegung der bayiritchen Bevolkerung, 1862-75.

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