CHAPITRE III. — INFLUENCE DES TRADITIONS RELIGIEUSES
grie, ce n'est pas possible. Lorsque les époux catholiques ne s'entendent pas, ils se séparent probablement comme ailleurs, mais la loi ne règle pas les droits de ckaque époux ; ils s'arrangent comme ils Tentendent, au grand détriment de Toffensé très vraisemblablement : c'est une séparation < amiable ».
Le chiffre qui concerne les comilats catholiques romains est donc artificiel.
Les orthodoxes grecs, au contraire, ont un chiffre peu élevé, qui doit être considéré comme sérieux. Nous verrons même plus loin que ce sont les orthodoxes de nationalité slave qui abaissent ce chiffre si bas. Les Roumains tendent à Télever. (Voy. § 18.)
Quant aux protestants, ils présentent, en Hongrie comme ailleurs, des proportions assez élevées.
Sar 1.000 mariages,
combien de divorces
Comitats comptant plus de 80 catholiques sur 100 habitants . • 1.2
— de 80 orthodoxes (1) — . , 2.1
— de 80 éoangéliques — . . 28.3
Plus un comilat contient de protestants, plus les divorces y sont nombreux ; plus il contient de catholiques, plus les divorces y sont rares ; contient-il enfin des catholiques et des orthodoxes, la proportion des divorces sera faible, mais plus forte que s*il ne contenait que des catholiques seulement.
Il y a une progression constante lorsque l'on passe par degré d'une de ces religions à chacune des autres.
C'est ce que nous avons essayé de figurer par le tableau suivant :
Tableau XIL
Pour 1,000 mariages dans les comitats des religions indigt^éeSy combien
de divorces (1878-1879) /
Comitats ayant : Comitats ayant .-
80 pour 100 protest 28.3
1/3 cath.; 2/3 prolest 12.0 »
2/3cath.; i/3 protest. . . 6.3 23.9 . . . 1 /3 prolest.; 2/3 orthod.
80 pour 100 calhol. . 1.2 3.1 5.4 2.1. .80 pour 100 orlhod.
2/3 cath. 1/3nalh.
l/2orth. 2/3orth.
1. Reniarquons-le bien pour éviter tout mécompte : derrière ces différences religieuses se masquent des diÀférenced de race. Ainsi les comitats purement orthodoxes sont slaves. Les Roumains de Hongrie, qui sont aussi orthodoxes, ont une propension au divorce beaucoup plus élevée. (Voy. plus loin.)
Au soramel de ce triangle, nous avons marqué le chiffre qui représente la fréquence du divorce dans les comitats presque entièrement prolestants. Plus nous nous portons vers l'angle gauche du triangle et plus la proportion des catholiques augmente et plus la proportion des divorces diminue.
Arrivé à Tangle gauche, où nous marquons une population presque purement catholique, la proportion du divorce est à son minimum. Mais, delà, portons-nous à droite où sont notés les orthodoxes, nous verrons la proportion des divorces augmenter (elle augmente même plus que le chiQre concernant les seuls orthodoxes ne le faisait supposer). De même, la proportion des divorces dans une population composée de protestants et d'orthodoxes est très considérable.
Ajoutons enfin un chiffre que nous aurions placé au centre du triangle ci-contre si les commodités typographiques s'y étaient prêtées: c'est que dans les comitats composés par parties égales de protestants, de catholiques et d'orthodoxes, la proportion des divorces est de 9.6 pour 1,000 mariages.
Quoique ces chiffres offrent une progression extrêmement remarquable, ils n'obéissent pas à la loi des mélanges que leur imposerait l'arithmétique élémentaire. Ce résultat ne doit évidemment pas nous surprendre, car les chiffres que nous venons de présenter sont extrêmement complexes, n)algré leur simplicité apparente.